

Le Nouvel Esprit Public
Philippe Meyer
Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr
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Nov 29, 2020 • 1h 7min
Les nouveaux nouveaux pauvres / La loi plutôt que la confiance / n°169 (29 novembre 2020)
LES NOUVEAUX NOUVEAUX PAUVRESAvant la crise du Covid, fin 2019, quelque 9,3 millions de personnes vivaient sous le seuil de pauvreté en France, selon l'Insee, et près de 5 millions avaient recours à l'aide alimentaire. Pour certaines associations, la crise sanitaire et économique va plonger un million de personnes supplémentaires dans la pauvreté, tandis que l'Unedic prévoit 900 000 chômeurs supplémentaires en 2020. La crise a déjà mis sous tension les associations d'aide alimentaire quiaccompagnent 5 millions de personnes en France : elles connaissent des records de fréquentation, avec de nouveaux profils de bénéficiaires. Plus 10 % d'inscrits pour la campagne d'hiver des Restos du cœur, de 10 à 15 % d'ayants droit en plus à la Croix-Rouge, entre 20 et 25 % de nouveaux bénéficiaires pour la Fédération des Banques alimentaires... Le Président des Restos du cœur, Patrice Blanc note une explosion de la demande en Seine-Saint-Denis (+45 %) et à Paris (30 %) et presque autant dans les grandes métropoles. Il alerte en particulier sur la situation des jeunes, de plus en plus nombreux à frapper aux portes de l’association : les moins de 25 ans représentent déjà près de la moitié des bénéficiaires, les mineurs, 40 %. Alors que le nombre d'allocataires du RSA devrait croître de près de 9% cette année, le gouvernement demeure opposé à une revalorisation des minima sociaux, et préfère privilégier les mesures ciblées. Le 24 octobre, le Premier ministre, Jean Castex a présenté son plan à l'intention des plus précaires, doté de 1,8 milliard d'euros qui s'ajoute aux mesures prises durant la crise (1,5 milliard d'euros) et à celles du plan de relance (6 milliards d'euros). Ainsi, les bénéficiaires du Revenu de solidarité active (RSA) et les chômeurs en fin de droits perçoivent depuis le 27 novembre une aide exceptionnelle de 150 euros, plus 100 euros par enfant à charge - cette dernière aide étant également versée aux familles touchant les aides aux logements. En outre, les jeunes de moins de 25 ans et les étudiants boursiers, soit 1,3 million de jeunes au total, percevront également 150 euros, fin novembre ou début décembre. Pour Christophe Devys, qui préside le collectif Alerte qui regroupe 35 fédérations et associations nationales de solidarité, ces mesures sont certes « bienvenues », mais le gouvernement reste, selon lui, campé sur une « position idéologique » lorsqu'il refuse d'augmenter les minima sociaux pour préférer des aides à l'insertion par l'emploi. Cette revalorisation, a-t-il souligné, est d'autant plus nécessaire que le RSA n'atteint plus aujourd'hui que 39 % du SMIC contre 50 % en 1988, au moment de la création du RMI (l'ancêtre du RSA).***LA LOI PLUTÔT QUE LA CONFIANCE Londres et Bruxelles doivent trouver au plus vite un accord qui puisse entrer en vigueur le 1er janvier prochain car, si le Royaume-Uni a officiellement quitté l'Union européenne le 31 janvier dernier, il reste soumis aux règles communautaires pendant une période de transition qui prend fin le 31 décembre 2020. Les discussions butent toujours sur la pêche, les règles de libre concurrence et les questions de gouvernance, notamment les mécanismes de règlement des litiges. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a prévenu mercredi 25 novembre qu'un éventuel accord commercial post-Brexit entre l'Union européenne et le Royaume-Uni ne devra pas affecter « l'intégrité du marché unique » en particulier le respect de ses normes environnementales, sociales, fiscales ou sur les aides d'État. Mme von der Leyen a insisté sur la nécessité de mettre en place dans le futur accord des « recours » au cas où l'Union européenne ou le Royaume-Uni s'écarteraient dans le temps des normes communes convenues. « La confiance est bonne, mais la loi est meilleure », a-t-elle observé. Sans traité commercial pour régir leur relation, Londres et Bruxelles courent le risque d'un nouveau choc économique, qui viendrait s'ajouter à celui provoqué par l'épidémie du coronavirus : selon une étude de KPMG publié le 18 novembre, l’économie britannique sera amputée de près de six points de croissance en cas de "no deal" (+4,4% en 2021 contre +10,1% sans Brexit). Ultime contrainte : les négociateurs doivent théoriquement laisser suffisamment de temps à leurs parlements pour qu'ils puissent ratifier un accord avant le 1er janvier. Curieusement, selon une étude du Pew Research Center publiée le18 novembre, quatre ans après avoir pris la décision de quitter l’Union européenne, 60 % des Britanniques ont une opinion favorable de l'Union européenne. Alors qu’elle négocie laborieusement le Brexit, Bruxelles est égalementdéfiée à l’Est par la Hongrie et la Pologne qui ont opposé le 16 novembre leur veto à la proposition de budget de l'Union européenne pour un montant de près de 1.100 milliards d'euros sur sept ans, ainsi qu'au fonds de relance européen de 750 milliards d'euros. Bien que ces deux pays soient les plus grands bénéficiaires de ce budget (4,3 milliards d'euros pour la Hongrie, 19 milliards pour la Pologne), leurs gouvernements refusent catégoriquement que l'accès aux fonds soit conditionné par le respect de l'État de droit, exigence imposée par l'Union européenne à la demande du Parlement européen. Selon un sondage commandé par le Parlement européen, début octobre, 77 % des citoyens européens soutiennent l'idée de lier les fonds européens au respect de l'État de droit et aux valeurs qui fondent l'Union.
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Nov 25, 2020 • 58min
Bada # 62 : Si c’est pour la Culture, on a déjà donné (3) ... avec Yves Riesel (25 novembre 2020)
Comment est diffusée la musique classique, hors concerts ? Que s’est-il passé lors du passage du microsillon au CD, puis du CD au numérique ? Les amateurs y ont-ils gagné ? Perdu ? Et quoi ? Avec Yves Riesel, fondateur de la plateforme numérique Qobuz et producteur ou créateur de nombreux labels de CD classiques.
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Nov 22, 2020 • 1h 5min
Mesure pour mesure(s) / ASEAN, l’encerclement par la Chine / n°168 (22 novembre 2020)
Le reconfinement du 30 octobre et ses mesures de toutes sortes a provoqué de nombreuses polémiques. Alors que les librairies, les boutiques de vêtements et les commerces de jouets sont qualifiés de non-essentiels et fermés,les grandes surfaces demeurent ouvertes à condition d’empêcher l’accès à leurs rayons de livres, de vêtements et de jouets. Les plateformes en ligne regorgent de commandes et les polémiques se concentrent sur Amazon dont les profitsconnaissent une très forte croissance alors qu’elle échappe à la condition fiscale commune. Le ministre de l’Économie s’est flatté d’avoir obtenu que la plupart des plateformes repoussent d’une semaine les ventes promotionnelles dites duBlack Friday. La Fédération du commerce et de la distribution a accepté cet arrangement auquel Amazon France a souscrit. Plusieurs maires ont signé des arrêtés autorisant l’ouverture de commerces fermés par le gouvernement. Les groupes de la grande distribution, contraints de mettre sous le boisseau leurs rayonnages de produits non essentiels connaissent une baisse d’activité. Ilsrecourent désormais massivement au chômage partiel : les services territoriaux du ministère du Travail ont reçu 208.600 demandes en deux semaines, avec quelque 15 000 requêtes quotidiennes contre 3.000 les semaines précédant le reconfinement. Dans ce contexte, l’opposition juge le plan de relance de 100 milliards d’euros « mal calibré », « trop tardif » et « insuffisant pour protéger les plus fragiles ». Le Medef estime les mesures destinées aux entreprises souvent trop compliquées et selon le Cédétiste Laurent Berger « il manque des mesures qui aident la demande des foyers les plus modestes ». La grogne a également sévi leweek-end dernier chez les catholiques qui se sont mobilisés devant les parvis des églises d'une vingtaine de villes en France pour réclamer le retour des messes publiques, quand certains évêques et d'autres fidèles appelaient à la patience. Le Premier ministre a annoncé qu’il ne réautoriserait pas les messes en public avant le 1er décembre, par crainte de contaminations en masse. Enfin la discussion du projet de loi sur la Sécurité globale à l’Assemblée nationale a débuté le 17 novembre dans un climat tendu. Si le renforcement des polices municipales et l'encadrement de la sécurité privée font plutôt consensus, plusieurs failles ont été ouvertes par le volet sur la protection des forces de l'ordre. L'article 24, qui rend passible d'un an d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende le fait de diffuser « dans le but qu'il soit porté atteinte à son intégrité physique ou psychique, l'image du visage ou tout autre élément d'identification d'un agent de la police nationale ou de la gendarmerie nationale » a suscité depuis son examen en commission des lois, il y a trois semaines, les blâmes de la Défenseure des droits Claire Hédon, puis ceux des sociétés de journalistes, avant la semonce, le 16 novembre, du Conseil des droits l'homme des Nations unies et, in fine, le ministre de l’Intérieur a dû annoncer qu’il reverrait sa copie.***ASEAN L’Encerclement par la Chine Quinze pays d'Asie et du Pacifique ont signé le15 novembre un important accord commercial, promu par la Chine, à l'occasion de la clôture d'un sommet virtuel de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (Asean).Il vise à créer une gigantesque zone de libre-échange entre les dix Etats de l'Asean – Indonésie, Thaïlande, Singapour, Malaisie, Philippines, Vietnam, Birmanie, Cambodge, Laos et Brunei – avec la Chine, le Japon, la Corée du Sud, l'Australie et la Nouvelle-Zélande. Ce Partenariat régional économique global (RCEP) devient l'accord commercial le plus important au monde. Ilreprésente 30 % du Produit intérieur brut (PIB) mondial et un marché de 2 milliards d'habitants. Il se classe devant les États-Unis (24,2 % du PIB mondial, 327 millions d'habitants) et devant l'Union européenne (22,1 %, 512,3 millions d'habitants). L'accord prévoit une élimination de 90 % des tarifs douaniers entre pays membres et des règles communes pour la propriété intellectuelle, mais exclut tout ce qui touche à la protection des travailleurs et à l'environnement. Il « consolide les ambitions géopolitiques régionales plus larges de la Chine autour des « nouvelles routes de la soie » », analyse Alexander Capri, professeur à la Business School de l'Université Nationale de Singapour. L'Inde, qui compte 1,4 milliard d’habitants devait également rejoindre ce pacte commercial sans précédent mais a décidé l'an dernier de s'en retirer par crainte de voir des produits chinois à bas prix envahir son marché. New Delhi a toutefois la possibilité de rejoindre l’accord plus tard. Cet accord commercial, dont l'idée remonte à 2012, est considéré comme la réponse chinoise à une initiative américaine : Barack Obama qui redoutait la montée en puissance de cette influence chinoise, avait poussé, avec Tokyo, à la création, sans Pékin, d'un autre accord de libre-échange baptisé « le Partenariat transpacifique », dont l'administration Trump a décidé de se retirer en 2017. Ce Partenariat régional économique global est un pas de plus vers le déplacement de l’économie mondiale vers l’Asie, qui en 1950 représentait (Inde comprise) 25% de la production mondiale et en 2050 en représentera 60%. La signature de cet accord intervient dans un contexte de forte crise économique en raison de l'épidémie de Covid-19 pour les dix membres de l'Association des nations du sud-est asiatique (ASEAN). Selon les calculs de Bloomberg les économies non libérales (largement administrées par l’Etat) qui représentaient 12% du PIB mondial en 2000 en représenteront 43% en 2050 (tandis que la part de l’Occident passera de 57% à 33%). Des économies insensibles aux aspects sociaux et environnementaux (tous deux exclus de l’accord signé le 15 novembre à Hanoï)et non démocratique. Bloomberg prévoit que la part des pays démocratiques dans le PIB mondial qui était de 86% en 2000, attendra 60% en 2050.
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Nov 18, 2020 • 22min
Bada # 61 : Si c’est pour la Culture, on a déjà donné ... (2) avec Françoise Martin (18 novembre 2020)
SI C’EST POUR LA CULTURE, ON A DÉJÀ DONNÉ (2) Avec Françoise Martin qui propose un film chaque jour que Dieu fait (et même quelquefois davantage) dans un village qui n’est pas seulement loin...
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Nov 15, 2020 • 1h 12min
Politique française / Politique étrangère de Biden / n°167 (15 novembre 2020)
POLITIQUE FRANÇAISEDans un contexte de crise sanitaire, économique et sociale, après une série d’actes terroristes, alors que les Français étaient confinés depuis huit jours, le 8 novembre au « 20 Heures » de TF1, Jean-Luc Mélenchon a annoncé qu’il allait se présenter pour la troisième fois à une élection présidentielle. Le Premier Secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure a déploré « l'ambition égoïste » de Mélenchon et observé que « la gauche et les écologistes, s’ils veulent gagner, ont besoin de se rassembler. » Le secrétaire national d’Europe Ecologie Les verts, Julien Bayou, a pris acte de cette candidature, sans bouger de sa stratégie nationale en remarquant : « Jean-Luc Mélenchon nous explique qu’il a un projet ; nous, nous avons le nôtre. Nous pensons que c’est un ou une écologiste qui pourra offrir l’alternative en 2022. » Arnaud Montebourg, qui s’interroge sur sa propre candidature, s’est contenté de trouver « que ce n’est pas le moment ». Pour François Hollande, son ex-ministre ne représente « pas une ligne différente » de celle de Jean-Luc Mélenchon. Au Parti Communiste, lesecrétaire national Fabien Roussel a rdéclaré : « Jean-Luc Mélenchon a fait son choix. Je le respecte. Les communistes feront le leur en temps voulu ». A droite, les Républicains avancent en rangs dispersés face à l’exécutif. Après Christian Estrosi, le maire Les Républicains de Toulon, Hubert Falco, a prôné fin octobre le « rassemblement » derrière Emmanuel Macron. Un appel qui tombe très mal pour la droite, occupée à pilonner le chef de l'Etat sur les questions de sécurité ainsi qu’à critiquer son plan de relance de l’économie. Parmi les sujets de débat qui marquent cette fin de quinquennat, outre les questions sanitaires, sécuritaires ou économiques, figure désormais également de nouveau la question migratoire. Pour faire face, le Premier ministre Jean Castex est à la peine et chute sévèrement dans les sondages En attendant, le calendrier parlementaire promet d'être serré : loi autonomie, sur le séparatisme, mesures de la convention citoyenne pour le climat, retour de la loi bioéthique, et réforme des retraites à l'automne 2021. L'exécutif ne veut pas renoncer à sa réforme-phare, et veut mener ce chantier avant 2022. Dans ce climat anxiogène, à dix-huit mois des présidentielles, le directeur général de la Fondation pour l'innovation politique Dominique Reynié publie une étude selon laquelle 59 % seulement de nos concitoyens disent leur préférence pour la démocratie représentative, contre 64 % en janvier.***POLITIQUE ÉTRANGÈRE DE BIDENJoe Biden n’a pas eu beaucoup d’occasions de développer ses intentions en matière de politique étrangère. Toutefois, certaines de ses prises de positions récentes et surtout ses initiatives comme sénateur, puis président de la commission des affaires étrangères du Sénat ou vice-président de Barack Obama, éclairent sur ses orientations diplomatiques. Dans un article de Foreign Affairs, Joe Biden a annoncé qu'il prendra, une fois élu, « des mesures immédiates pour renouveler la démocratie et les alliances » des Etats-Unis. Il reviendra dans l'accord de Paris sur le climat, ainsi qu’au sein de l’Organisation mondiale de la santé quittée par Donald Trump au début de l’année. Le démocrate rejoindra les Européens sur le nucléaire iranien. « Si l'Iran revient à une application stricte de l'accord nucléaire, les États-Unis retourneront à cet accord, comme point de départ à des négociations » avec Téhéran. Sur Israël, il ne reviendra pas sur le déménagement de l'ambassade de Tel-Aviv à Jérusalem. Tout en répétant sa volonté d'œuvrer pour une solution à deux États. Il a également estimé que les États-Unis devaient faire davantage pression sur la Turquie pour réduire les tensions avec la Grèce. Dans les années 1990, alors sénateur, Joe Biden a soutenu l’intervention militaire des États-Unis en ex-Yougoslavie, et il a voté en 2003 en faveur de l'intervention en Irak. Alors qu’il était vice-président de Barack Obama, il a appuyé en 2011 l'intervention occidentale en Libye, de même qu’il a soutenu la non-intervention en Syrie après les bombardements chimiques de Bachar al-Assad qui constituaient pourtant officiellement une ligne rouge à ne pas franchir. Aux côtés d’Obama, il a participé activement à la politique dite du « pivot », ce basculement stratégique du déploiement de la puissance américaine, en se détournant de l’Europe et du Moyen-Orient pour se porter vers l'Extrême-Orient, visant explicitement à « contenir » la puissance chinoise ascendante.
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Nov 11, 2020 • 40min
Bada # 59 : Si c’est pour la Culture, on a déjà donné ...
Pierre Desproges avait imaginé ce titre parodique pour une émission de radio. Nous commençons notre nouvelle série de suppléments sous son invocation et, pour le premier de nos badas sur le monde de la culture, Olivier Mantei, directeur de l’Opéra Comique. Il va être question de cette maison en pleine renaissance, du théâtre des Bouffes du Nord, de la mise en scène, du répertoire, de Peter Brook…et du public.
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Nov 10, 2020 • 28min
Bada # 60 : les échanges avec le public du 8 novembre 2020
Les questions du public de l’émission du 8 novembre 2020, consacrée à l’élection présidentielle des Etats-Unis.
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Nov 8, 2020 • 1h 2min
Tempête à Washington /n°166 (8 novembre 2020)
TEMPÊTE A WASHINGTON Samedi, l’ensemble des médias américains a annoncé la victoire ducandidat démocrate Joe Biden après 4 jours d’un dépouillement intensif des quelques 100 millions de bulletins envoyés par la poste. Des scènes de liesse ont éclaté dans plusieurs métropoles notamment à Washington et New York. Le président élu a promis de « guérir » son pays, appelé républicains et démocrates à « coopérer » et déclaré s’engager « à être un président qui ne cherche pas à diviser mais à unifier ». L’annonce par la presse de la victoire du candidat démocrate n’a cependant aucune valeur officielle. Il appartiendra au Collège Électoral de l’élire le 14 décembre. Donald Trump n’a pas concédé sa défaite en téléphonant à son adversaire comme le veut la coutume. Il multiplie les recours juridiques. Il affirmait déjà, avant le scrutin, que cette élection allait lui être « volée ». Il le répète haut et fort depuis le début du dépouillement. Son avocat Rudy Giuliani va diriger les poursuites, notamment en Pennsylvanie. Le président américain sortant doit apporter la preuve de la « fraude » dont il prétend être victime. Difficile, alors que l'écart de voix entre les deux candidats est très élevé (4 millions pour Biden) ainsi que le nombre de grands électeurs (279 pour Biden, 214 pour Trump). « Aujourd’hui, a twitté hier l’ancien ambassadeur de France à Washington, Gérard Araud aucun recours ne semble en mesure de remettre en cause la victoire de Joe Biden ». Dans l'ensemble, rien n'est venu contredire la crédibilité de ce scrutin, ni ne justifie de distinguer, comme le fait Donald Trump, les bulletins « légaux » - ceux déposés dans les urnes le 3 novembre par des personnes physiques - et « illégaux » (par correspondance), comme l’a constaté l’OSCE (l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) à l’issue de sa mission d'observation de l’électionaméricaine, qui a salué le « bon management » de ce scrutin. La participation a battu un record avec 159 millions d’électeurs, selon US Élections Project, 20 millions de voix en plus qu’en 2016, soit un taux de participation de 66,5% ce qui fait de Joe Biden le candidat qui a réuni le plus de votes de l’histoire américaine. Il a rassemblé 279 grand électeurs – 9 de plus que nécessaire. Avec 279 grands électeurs, Joe Biden a largement dépassé la majorité de 270 grands électeurs nécessaire pour gagner. Les 538 grands électeurs se prononceront le 14 décembre. Le 6 janvier, le Congrès proclamerale vainqueur, qui prendra ses fonctions le 20 janvier. Au Sénat, où 35 sièges étaient à renouveler, Démocrates et Républicains sont à égalité avec au total 48 sièges chacun. Selon les sondages de sortie des urnes, Trump a gagné 18% des votes auprès des Noirs, 36% des Latinos et 58% des Blancs. Sur BBC World, un sondage de sortie des urnes concluait que 34 % des votants s'étaient déterminés à partir de critères économiques, 22 % à partir des questions raciales et 18 % seulement à partir des questions sanitaires. Enfin, d’après le think tank indépendant Pew Research Center, 76% des Démocrates et 81% des Républicains disent à présent qu’ils ne sont d’accord sur rien avec l’autre camp, y compris sur les faits.
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Nov 7, 2020 • 14min
Bada # 58 : Et après l’annonce de la victoire ?
Depuis Philadelphie, Richard Werly analyse la bataille juridique qui s’annonce et le brouillard juridique que Donald Trump s’efforce de mettre devant les yeux des Américains.
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Nov 1, 2020 • 1h 9min
L’économie française à l’épreuve du reconfinement ?/ Où Erdogan emmène-t-il la Turquie ? / n°165 (1er novembre 2020)
L’ÉCONOMIE FRANÇAISE À L’EPREUVE DU RECONFINEMENT ? Le gouvernement espère que les mesures sanitaires de confinement annoncées le 28 octobre pèseront moins qu’au printemps sur l’économie. Selon la dernière note de l'Insee du 6 octobre, l'économie française devrait plonger d'environ 9% en 2020. « Après le vif rebond associé au déconfinement (+16% prévu au troisième trimestre, après -13,8% au deuxième et -5,9% au premier), l'activité économique pourrait ainsi marquer le pas en fin d'année sous l'effet de la résurgence de l'épidémie » indiquent les statisticiens. La consommation des ménages devrait refluer de 7% cette année après avoir augmenté de 1,5% en 2019. Les dépenses de consommation des administrations publiques devraient connaître en 2020 un recul de 6%. Selon les projections de l'Insee, « les exportations françaises ont fortement diminué (-6% au premier trimestre 2020, puis -25% au deuxième) ; de même pour les importations, quoique dans une moindre mesure (-5,6% puis -16,4%) ». Ce sont principalement des activités de services qui ont été touchées : transport de voyageurs (ferroviaire et aérien), hébergement-restauration, activités sportives et culturelles. Sur le front industriel, ce sont principalement la construction aéronautique et ferroviaire qui ont connu un recul massif d'activité. Au total, ces secteurs représentent environ 9% de la valeur ajoutée française. A l'opposé, d'autres secteurs ont réussi à tirer leur épingle du jeu : l'industrie pharmaceutique, les services d'information, les télécoms et le commerce de détail. Des secteurs qui représentent environ 8 % de la valeur ajoutée totale. Sur le front de l’emploi l'Unédic prévoit un chômage à 10,5% pour 2020.L'organisme qui gère le régime d'assurance-chômage prévoit l'indemnisation de 420.000 demandeurs d'emplois supplémentaires fin 2020 par rapport à fin 2019 du fait de la destruction de 670.000 emplois salariés. En mai dernier, 23% des ménages ont déclaré que leur situation financière s'était détériorée pendant le confinement. A l'opposé, 2% des ménages avaient vu leur situation s'améliorer, tandis que deux tiers signalaient une stabilité. L'exécutif a déjà mobilisé 468 milliards d'euros pour aider les secteurs en difficulté. Tout l'argent n'a pas été utilisé. L’arsenal de mesures enclenchées au printemps est réactivé, amplifié ou prolongé qu’il s’agisse du chômage partiel, du recours au fonds de garantie, ou des prêts garantis par l’Etat. De nouvelles mesures seront prises dans les prochaines semaines. Le ministre de l’Economie, lors de la conférence de presse du Premier ministre du 29 octobre a estimé à 15 milliards d’€ par mois les aides publiques nécessaires pour soutenir lesentreprises. Face à cette situation très tendue pour les finances de la France, la question se pose de la soutenabilité de la dette publique qui devrait atteindre cette année plus de 115 %.*** OÙ ERDOGAN EMMÈNE-T-IL LA TURQUIE ? Après l’hommage à Samuel Paty, et le « nous ne renoncerons pas aux caricatures », d’Emmanuel Macron, Recep Tayyib Erdogan a invité le présidentfrançais à « faire examiner sa santé mentale ». L’ambassadeur de France à Ankara a été rappelé en consultation. Erdogan reproche à son homologue français le projet de loi en préparation à Paris contre le « séparatisme » islamistequi prévoit notamment de « structurer l'islam » en France. Selon lui, ce projet discriminerait la population musulmane française. Les réseaux pro-turcs au Qatar et au Koweït ont encouragé les appels au boycott des produits français en représailles contre la republication par divers titres de la presse française des dessins de Charlie Hebdo. Pour Paris, la synchronisation de ces manifestations d’hostilité a pour véritable cause la décision française de contrôler les ressources engagées en France par la Turquie pour conserver la haute main sur sa diaspora (forte de 700 000 personnes) via des associations culturelles, cultuelles et politiques. La Turquie contrôle en France la moitié des 300 imams détachés par des pays étrangers et cherche à implanter des écoles turques. Ces nouvelles tensions auxquelles s’ajoutent les affrontements entre Arméniens et Turcs près de Lyon, le 29 octobre, interviennent au moment où les contentieux géopolitiques entre la France et la Turquie ne cessent de se multiplier, que ce soit en Syrie où Ankara reproche à Paris son soutien aux milices kurdes, en Libye, en Méditerranée, ou plus récemment dans le Caucase. A un moment également où en Turquie, les piètres performances de l'économie, la répression accrue envers les Kurdes, les purges de la société civile, l'emballement de la pandémie de Covid-19 ont terni l’image du président turc. Selon Avrasya, un institut d'études de l'opinion, si les élections, présidentielle et législatives, prévues pour juin 2023, étaient anticipées, Erdogan n'en sortirait pas vainqueur : son score serait de 38,7 % contre 41,9 % pour Ekrem Imamoglu, le maire d'Istanbul, son principal rival. En cause notamment l’économie : les promesses de prospérité se sont évanouies, le chômage est en hausse (13 % en moyenne, 26 % chez les jeunes), la devise locale ne cesse de se déprécier (- 25 % par rapport au dollar depuis le début de 2020), tandis que les investissements étrangers se sont taris. En Europe, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, le président du Conseil européen, Charles Michel, et le haut représentant de l'Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Josep Borrell, ont tous dénoncé des « propos intolérables » et appelé la Turquie à cesser « cette spirale dangereuse de confrontation », sous peine de se retrouver elle-même « isolée », tandis qu’Angela Merkel est sortie de sa réserve pour fustiger « des déclarations diffamatoires » et « inacceptables ».
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