

Le Nouvel Esprit Public
Philippe Meyer
Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr
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Episodes
Mentioned books

Mar 10, 2021 • 30min
Bada # 77 : Les échanges avec le public de l’émission du 7 mars (10 mars 2021)
Les échanges avec le public de l’émission du 7 mars.
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Mar 7, 2021 • 1h 4min
Climat : la convention déchante / Moyen-Orient : une nouvelle politique américaine / n°183 (7 mars 2021)
CLIMAT : LA CONVENTION DÉCHANTELe projet de loi « Climat et résilience », a été présenté le 10 février en Conseil des ministres. Selon le gouvernement, ce texte reprend près de la moitié des 149 propositions de la Convention citoyenne pour le climat, destinées à réduire de 40 % les émissions de gaz à effet de serre de la France d'ici à 2030 par rapport à 1990. La Convention citoyenne pour le climat, composée de 150 citoyens tirés au sort parmi les Français a été constituée en octobre 2019 par le Conseil économique, social et environnemental sur demande du gouvernement. Elle est censée représenter « une France en miniature ». Parmi les diverses mesures prévues par le projet de loi, figure notamment pour les produits et services commercialisés en France, une obligation d'affichage de leurs caractéristiques environnementales ; l'objectif de consacrer 20% de la surface de vente des commerces de plus de 400 mètres carrés au vrac à partir de 2030 ; l'extension en 2025 à la restauration collective privée de l'obligation d'utiliser 50% de produits durables et 20% bio ; une « trajectoire » de réduction des émissions dues aux engrais agricoles azotés. Le texte interdit en outre la publicité en faveur des énergies fossiles, et attribue au Conseil supérieur de l'audiovisuel la mission de promouvoir des « codes de bonne conduite visant à réduire efficacement les communications commerciales audiovisuelles relatives à des produits ayant un impact négatif sur l'environnement ». Il crée également un délit général de pollution de l'eau et de l'air, qualifié « d'écocide » lorsque les faits sont commis de manière intentionnelle. Réunie pour la dernière fois en visioconférence du 26 au 28 février 2021, la Convention citoyenne sur le climat a été appelée à voter, sur une échelle de 0 à 10, sur la prise en compte de 47 « objectifs » et des six grands thèmes sur lesquels ils ont travaillé puis à répondre - toujours par vote - à quatre questions plus générales, tirant le bilan de l'exercice. La thématique « se loger » a obtenu une moyenne de 3,4 sur 10, « produire et travailler », « se nourrir » et « se déplacer » 3,7 chacune, consommer 4 et les propositions sur la gouvernance 4,1. S'agissant de leur appréciation de la prise en compte par le gouvernement de leurs propositions, la note est rude : 3,3 sur 10. A l'interrogation « dans quelle mesure les décisions du gouvernement relatives aux propositions de la Convention citoyenne sur le climat permettent-elles de s'approcher de l'objectif fixé » par le président de la République, les conventionnels ont accordé un 2,5.Le projet de loi « Climat et résilience sera débattu à l'Assemblée à partir du 29 mars pendant trois semaines. De nombreux amendements sont attendus ; le gouvernement souhaite l’adoption définitive de ce texte fin septembre.***MOYEN-ORIENT : UNE NOUVELLE POLITIQUE AMERICAINE Pour « recalibrer » la relation de son pays avec l'Arabie saoudite, le président américain dialoguera avec le roi Salmane, et non avec le prince héritier Mohammed. La campagne militaire saoudienne au Yémen, n’est plus soutenue par les États-Unis car elle a créé « une catastrophe humanitaire et stratégique ». Les rebelles yéménites houthistes, alliés de l'Iran, ont été retirés de la liste des organisations terroristes, où les avait placés la précédente administration. Washington a, publié le 26 février un rapport sur l'assassinat de Jamal Khashoggi, le journaliste saoudien tué et démembré au consulat saoudien à Istanbul en 2018. Des sanctions contre plusieurs hauts dignitaires du royaume ont été annoncées, mais rien contre le prince héritier. Fin janvier, le nouveau gouvernement américain a suspendu des ventes d'armes à l'Arabie saoudite et des F-35 aux Émirats arabes unis afin de « réexaminer » la décision prise sous la présidence Trump. Toutefois, Joe Biden ne remet pas en cause la volonté d'installer trois nouvelles bases américaines dans l’ouest de l’Arabie saoudite en prévision d'un potentiel conflit avec l'Iran.Avec l’Iran, les États-Unis se disent prêts à entamer des discussions informelles en liaison avec l'Union européenne. Joe Biden a levé le 18 février les restrictions aux déplacements à New York des diplomates iraniens auprès de l'ONU imposées par Donald Trump. Le démocrate compte se concerter avec ses alliés occidentaux, à rebours de son prédécesseur. Soutenu en cela par Paris et Londres, Washington exige que les discussions avec Téhéran portent sur son programme de missiles balistiques et son ingérence régionale au Liban, en Syrie, au Yémen et en Irak). L’Iran s'y refuse absolument, estimant qu'il s'agit de dossiers clés pour sa sécurité.Au sujet du conflit israélo-palestinien, si l'ambassade américaine va rester à Jérusalem, la réouverture du bureau de l'OLP à Washington et celle d'un consulat américain à Jérusalem-Est laisse présager une différence d'attitude vis-à-vis des Palestiniens.En Syrie, « l'administration Biden cherche à promouvoir un "règlement politique" multilatéral pour mettre un terme à la guerre», qui entre dans sa dixième année, indiquant dans le même temps que Washington « continuera à utiliser les sanctions comme outil de pression ».A propos de la Turquie, le président Biden a dénoncé la politique répressive en matière de droits de l'homme menée par Recep Tayyip Erdogan, tandis que son administration a laissé entendre à plusieurs reprises que la possession par Ankara du système de défense antiaérienne russe S-400 était incompatible avec son rôle de membre de l'Otan.En Afghanistan, l’administration américaine ne s'est pas encore prononcée sur un possible maintien de ses troupes. Joe Biden doit décider s'il souhaite continuer sur le chemin d'un accord signé par l'équipe de Donald Trump avec les talibans en 2020 après vingt ans de guerre.
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Mar 3, 2021 • 37min
Bada # 76 : Si c’est pour la Culture, on a déjà donné (14)… Avec Noé Debré / 3 mars 2021
SI C’EST POUR LA CULTURE, ON A DÉJÀ DONNÉ (14)… Avec Noé Debré, principal scénariste de la série « Parlement » de France Télévisions et scénariste pour Jacques Audiard, Michel Hazanavicius, Yvan Attal, Eric Judor, Fred Grivois ou Thomas Bidegain. Comment a-t-il appris le métier de scénariste ? Comment travaille-t-il avec des cinéastes aussi différents ? Le scénariste d’une Palme d'or déroge-t-il en écrivant pour le petit écran ? Comment est née l’idée de « Parlement"? Comment et avec qui a-t-elle été développée ? Pourquoi Canal Plus y a-t-il renoncé après deux ans de développement du projet ? Comment la série a-t-elle été reçue au Parlement ? Dans les pays où elle a été diffusée ? Que peut-on déjà savoir de la deuxième saison rendue possible et même nécessaire par le succès de la première ?
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Feb 28, 2021 • 1h 8min
Joseph R. Biden et le leadership américain / L’islamo-gauchisme est-il un néo-conformisme ? / n°182 (28 février 2021)
JOSEPH R. BIDEN ET LE LEADERSHIP AMÉRICAIN « L'Amérique est de retour », a lancé Joe Biden lors de son premier discours de politique étrangère, mais un retour non pas comme leader planétaire, mais à la tête d'une « alliance des démocraties » priée de regagner « du muscle » face aux offensives de « l'autoritarisme ». Le 19 février, face à ses alliés européens, lors de la visioconférence de Munich sur la sécurité, le président des États-Unis, a décrit le monde comme un champ de rivalité entre le modèle des démocraties et les ambitions croissantes de la Chine et la volonté de la Russie d'affaiblir notre démocratie ». La Chine constitue le défi le plus important pourWashington, celui d'une compétition non seulement sur les valeurs, mais aussi en matière d'innovation, d'intelligence artificielle ou de cyberespace. Le président américain entend embarquer dans cette confrontation les alliés traditionnels de son pays, à commencer par les Européens, et il réuniraprochainement un sommet des démocraties. Si la Russie n’occupe que laseconde place des préoccupations de Joe Biden, elle représente selon lui l'épreuve la plus immédiate : « Poutine veut miner le lien transatlantique car il sait qu'il est plus facile d'intimider un État seul qu'une communauté ». Au Moyen-Orient, fin du soutien à la coalition saoudienne au Yémen, retour à l'accord de 2015 pour limiter la capacité de l'Iran à développer une arme nucléaire, si Téhéran accepte de renoncer à ses activités d'enrichissement d'uranium, sanctions contre les militaires birmans, Joe Biden croit au « leadership moral » des États-Unis sur la scène internationale, et annoncel'accueil dès l'an prochain de 125.000 réfugiés huit fois plus que cette année. Le 46e président des États-Unis voudrait que l'Amérique regagne auprès de l'Europe « sa position de leadership fiable ». Il souhaite que les États-Unis renouent avec un rôle plus traditionnel à l’intérieur de l'Otan, même si les demandes de contributions accrues à l'effort commun adressées par sonprédécesseur aux partenaires européens restent à l’ordre du jour. Joe Biden a confirmé qu'il allait « suspendre » le retrait partiel des troupes américaines d'Allemagne, le temps d'un « réexamen global du déploiement » des forces armées à l'étranger.*** L’ISLAMO-GAUCHISME EST-IL UN NÉO-CONFORMISME ? Le 14 février, la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Frédérique Vidal a déclaré qu’elle allait demander une enquête au CNRS sur l'imprégnation de l'université par l'« islamo-gauchisme », afin de distinguer « ce qui relève de la recherche académique et ce qui relève du militantisme et de l'opinion ». Le 16 février, devant l’Assemblée nationale, elle a confirmé son intention, déclenchant la « stupeur » de la Conférence des Présidents d'Universités qui a réclamé « des clarifications urgentes ». Le 17 février, le CNRS a publié un communiqué précisant que « l'islamo-gauchisme » « ne correspond à aucune réalité scientifique ». Fin octobre, dans une tribune dans Libération, le philosophe Pierre-André Taguieff était revenu sur ce mot, qu'il a forgé au début des années 2000, alors que débutait la seconde intifada. Il s’agit selon lui d’une « une alliance militante de fait entre des milieux d'extrême gauche se réclamant du marxisme et des mouvances islamistes de diverses orientations (Frères musulmans, salafistes, djihadistes) ». Pour Jean-Michel Blanquer, l’« islamo-gauchisme » est un « fait social indubitable » qu'il faut « regarder en face ». Fin octobre, après l'assassinat de Samuel Paty, le professeur de collège décapité après avoir montré en classe des caricatures de Mahomet, le ministre de l’Éducation avait déjà pointé « l'islamo-gauchisme » dans les facs, dénonçant « une vision du monde qui converge avec les intérêts des islamistes », alors que des universitaires avaient signé un « appel des 100 » qui critiquait le déni de l'islamisme dans les universités. 600 chercheurs et universitaires ont demandé la démission de Frédérique Vidal qui s’est défendue en arguant du « ressenti de nos concitoyens » et d'« un certain nombre de faits », comme « l'empêchement, dans certains établissements, d'une représentation des Suppliantes d'Eschyle, ou de la lecture d'un texte de Charb ». Un sondage Odoxa Blackbone consulting 66% des Français approuvent les propos de la ministre. Le 24 février, dans Le Monde, un collectif de 130 universitaires a demandé que l'enquête réclamée par Frédérique Vidal ne soit pas confiée au CNRS, mais à une instance indépendante du ministère : le Haut Conseil de l'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur, qui a vocation à apprécier la qualité des travaux et des formations, de manière à informer les organismes et les universités en vue des prises de décision. Le collectif universitaire reconnait qu’« il y a bel et bien un problème dans l'enceinte universitaire, mais ce n'est pas tant celui de l'« islamo-gauchisme » que celui, plus généralement, du dévoiement militant de l'enseignement et de la recherche. »
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Feb 24, 2021 • 31min
Bada # 75 : Si c’est pour la Culture, on a déjà donné (13) ... avec Marie-Cécile Zinsou (24 février 2021)
Avec Marie-Cécile Zinsou, présidente de la Fondation Zinsou à Cotonou (Bénin). Créée en 2005, pour sa première exposition, la Fondation a offert aux Béninois une exposition d’oeuvres de Romuald Hazoumé, artiste notamment consacré par la documenta. S’en sont suivies 42 expositions (dont une consacrée à Basquiat et une autre à Keith Haring), l’ouverture de deux bibliothèques et de nombreux ateliers pour les enfants dans un pays dont 75% de la population a moins de 18 ans. Marie-Cécile Zinsou évoque aussi l’importance de la restitution par la France au Bénin de 26 œuvres provenant du Palais Royal d’Abomey pour laquelle le gouvernement béninois a décidé la création d’un musée dont l’ouverture est prévue pour l’automne 2021.
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Feb 21, 2021 • 1h 3min
Peut-on imaginer Marine Le Pen présidente ? / Draghi peut-il sauver l’Italie ? / n°181 (21 février 2021)
PEUT-ON IMAGINER MARINE LE PEN PRÉSIDENTE ?Selon une enquête de Harris Interactive publiée le 25 janvier, Marine Le Pen arriverait en tête au premier tour de la prochaine élection présidentielle. Au second tour, elle remporterait 48% des suffrages. Selon le détail de l'étude, ce record pour la représentante du Rassemblement National serait rendu possible par deux facteurs : le ralliement à sa candidature d'un tiers des électeurs de François Fillon de 2017 et surtout le fait qu’un électeur de gauche sur deux préfèrerait s’abstenir que choisir entre l'un ou l'autre des protagonistes du second tour de 2017.Selon le tableau de bord IFOP-Fiducial de janvier pour Paris Match et Sud Radio, 33 % des Français estiment que le Rassemblement National « incarne le mieux l'opposition » au chef de l'Etat, contre 25 % pour La France Insoumise et 23 % pour Les Républicains. Première à s’être déclarée candidate pour 2022, Marine Le Pen, qui vient de fêter ses dix ans à la tête de son parti, se fixe comme objectif d'arriver en tête du premier tour pour créer la vague susceptible de la conduire à la victoire. En arrondissant les angles, elle tente d'élargir son audience. Elle a chassé du parti les skins, les néonazis et les membres de l'ultradroite, condamné l'antisémitisme, rendu hommage aux victimes du Vel'd'Hiv, au général de Gaulle et tient d'une main ferme l’appareil du Rassemblement National. Mais son principal verrou reste l'électorat âgé qui représente presque un quart de la population française : le sondage Harris Interactive publié par L'Opinion montre qu’elle ne recueille que 18 % des intentions de vote dans cette catégorie contre 34 % chez les 18-34 ans.Lors de ses vœux, le 25 janvier, Marine Le Pen s'est félicitée d'avoir imposé dans le débat les thèmes de prédilection du parti d'extrême droite, l'immigration, l'islamisme, le mondialisme et « l'ensauvagement ». Durant le face-à-face entre le ministre de l’Intérieur et la présidente du Rassemblement National sur France 2, le 11 février, Gérald Darmanin a reproché à Marine Le Pen d'être « un peu molle » sur l’islamisme radical. Une tentative de dédiabolisation qui a provoqué un malaise au sein de la macronie. Dès le lendemain sur Europe1, le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, a martelé : « Marine Le Pen est dangereuse pour notre pays ».Si les deux tiers des Français (67 %) jugent probable un nouveau duel Macron-Le Pen en 2022, selon une enquête Ifop pour « Le Figaro » publiée le 10 février, 70 %, ne le souhaitent pas, sans pourtant identifier les concurrents qui s'imposeraient.***DRAGHI PEUT-IL SAUVER L’ITALIE ?Mario Draghi, 73 ans, ancien patron de la Banque centrale européenne a été chargé le 2 février dernier de former un gouvernement pour permettre à l’Italie d'affronter la crise sanitaire et de mettre en place le plan de relance financé par l'Union européenne. Il est resté dans l'histoire en 2012 comme « l'homme qui a sauvé l'euro », et donc l'Europe, en promettant de préserver la zone euro, menacée par la crise de la dette des États, « Whatever it takes ». Aujourd’hui, l’Italie sort d'une crise gouvernementale qui survient avec la démission de Giuseppe Conte en plein milieu d'une pandémie qui a déjà fait près de 90 000 morts. Réputé pour sa discrétion, son sérieux et sa détermination, Mario Draghi a été économiste, banquier, vice-président pour l'Europe de Goldman Sachs de 2002 à 2005, gouverneur de la Banque d'Italie de 2006 à 2011. « Super Mario » caracole déjà dans les sondages, avec un taux record de popularité de 71 %, loin devant le président du Conseil sortant, Giuseppe Conte (65 %) ou le leader de la Ligue, Matteo Salvini (39 %), selon l’enquête Demos publiée par La Repubblica. La Stampa a jugé le recours à Mario Draghi comme « la solution la plus forte, la plus haute et la plus crédible […] la dernière chance pour l'Italie ».Le choc de la pandémie sur l'économie italienne, la troisième de la zone euro, est particulièrement rude. En 2020, le pays a subi sa pire récession depuis la Seconde Guerre mondiale, avec un plongeon du PIB de 8,9 %. Le taux de chômage, lui, s'élevait à 9 % en décembre (29,7 % chez les 15-24 ans). Pour lutter contre les ravages de la pandémie, le pays peut tabler sur les 209 milliards d'euros de subventions et prêts, la plus grosse part du programme de 750 milliards d'euros adopté par les dirigeants des Vingt-Sept. Mario Draghi devra également restructurer la dette publique qui s’élève à près de 2.600 milliards d'euros, soit 158% du PIB fin 2020, le ratio le plus élevé de la zone euro derrière la Grèce. Même avant la pandémie, le PIB par tête était inférieur à celui d'il y a vingt ans. L’Italie dépense quatre fois plus pour ses retraites que pour son éducation. Si les priorités établies par son prédécesseur restent inchangées - innovation, numérisation, compétitivité et culture ; transition écologique ; infrastructures pour la mobilité durable ; formation et recherche ; égalité des chances, égalité hommes-femmes, égalité entre les générations et les territoires ; santé - ce qui change, en revanche, c'est la stratégie par projet. Pour un pays aux prises avec des emprunts records, si la « dette est utilisée à des fins improductives, elle sera considérée comme une 'mauvaise' dette et sa durabilité sera érodée », a prévenu Mario Draghi.Sa tâche sera d'autant plus ardue que sa coalition gouvernementale est baroque, rassemblant toutes les forces du pays, à l'exception du parti post-fasciste Fratelli d'Italia. D’ici au 30 avril prochain, Mario Draghi devra soumettre son plan à la Commission européenne.
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Feb 17, 2021 • 32min
Bada # 74 : Si c’est pour la Culture, on a déjà donné (12) ... avec Nathanaël Karmitz (17 février 2021)
Avec Nathanaël Karmitz directeur général de MK 2. La pandémie a accéléré spectaculairement le recours au numérique, principalement pour le cinéma et les séries. Mais cette tendance était déjà perceptible avant que le coronavirus ne nous assigne à résidence et elle rendait nécessaire de repenser le rôle et le fonctionnement des salles de cinéma. Nathanaël Karmitz et MK2 se proposent de mettre en avant leur programmation et leurs films, de penser leurs salles comme des médias et de gagner ainsi la grande bataille de l’époque : la bataille de l’attention, la bataille pour le temps de cerveau disponible.
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Feb 14, 2021 • 1h 8min
Si jeunesse pouvait / Des gouvernements contre leur peuple / n°180 (14 février 2021)
SI JEUNESSE POUVAIT Dans son second Rapport sur la pauvreté, publié le 26 novembre dernier, l'Observatoire des inégalités a relevé que la crise touche surtout les plus fragiles et notamment les jeunes adultes (18-29 ans), qui ne vivent plus chez leurs parents : 22 % d’entre eux figurent parmi les pauvres. La précarité étudiante s’est traduite notamment par le recours à l’aide alimentaire et, depuis le 22 janvier, tous les étudiants, boursiers ou non, peuvent bénéficier de deux repas par jour au tarif de 1€ dans les restaurants universitaires. 58% des 18-24 ans sondés par Odoxa mi-novembre ont jugé lereconfinement « difficile à vivre », contre 46% de l'ensemble des sondés. Les trois quarts des jeunes estimaient avoir, pendant cette période, subi un « préjudice » sur le plan des études, de l'emploi ou de la vie affective. Déjà, les dommages psychosociaux apparaissent et sept étudiants sur dix se déclarentinquiets pour leur santé mentale. Face à ce constat, le gouvernement a annoncéla création, le 1er février, d'un chèque-psy afin de leur permettre de consulter sans avance de frais. La fermeture des universités impliquant des cours entièrement à distance épuise aussi bien les étudiants que les enseignants qui craignent un décrochage massif de leurs élèves. Leur entrée dans la vie professionnelle est rendue plus difficile car les stages et les embauches sont majoritairement suspendus. En décembre, le taux de chômage des jeunes en France s'est établi au 3ème trimestre à 21,8%, en hausse de 2,8% par rapport au même trimestre de l’année précédente. Fin juillet, alors que le contingent annuel de quelque 750 000 jeunes, leurs études terminées, s'apprêtait à entrer sur le marché du travail, l'exécutif a lancé le plan « 1 jeune, 1 solution ». Doté de plus de 7 milliards d'euros, il comprend plusieurs mesures destinées aux employeurs : aides à l'embauche de 4.000€ pour des CDI ou des CDD de plus de trois mois, primes de 5.000€ ou 8.000€ pour les contrats d'apprentissage ou de professionnalisation, bonus supplémentaires pour les embauches de jeunes issus des quartiers « politique de la ville » ... Le dispositif a été complété mi-novembre par un site Internet, 1jeune1solution. gouv.fr, donnant accès aux offres d'emploi et à l'ensemble des propositions d'accompagnement pour les jeunes. Objectif affiché : proposer 100 000 emplois fin janvier émanant d'un millier d'entreprises environ. La part des jeunes de 15 à 29 ans qui ne sont ni en emploi ni en formations’établit à 13,4 %. C’est une diminution de 3,1 points, après une augmentation de 3,6 points au deuxième trimestre.***DES GOUVERNEMENTS CONTRE LEURS PEUPLES Le coup d’État militaire qui s’est déroulé en Birmanie, le 1er février, s’esttraduit par l’arrestation de Aung San Suu Kyi qui dirigeait le pays depuis 2016avec les militaires ainsi que par l’arrestation de très nombreuses figures de son parti, la Ligue nationale pour la démocratie (LND), de la société civile et des minorités. Les militaires, qui ont de longue date mis le pays en coupe réglée et contrôlent tous les marchés lucratifs (gaz, hydroélectricité, bois précieux, jade, rubis, saphir, etc.) ont justifié leur coup d’État par des accusations - non étayées - de fraudes massives lors des élections législatives de novembre 2020, largement remportées par la LND. Ils ont déclaré un État d'urgence d'un an, jusqu'à l'organisation d'un nouveau scrutin. Plusieurs centaines de milliers de personnes sont descendues dans la rue à Rangoun, la capitale économique, la loi martiale a été décrétée dans plusieurs quartiers de Rangoun et de Mandalay, la deuxième ville du pays. Les manifestations et les rassemblements de plus de cinq personnes sont désormais interdits et un couvre-feu a été instauré. L’auteur du coup d'Etat, le général Min Aung Hlaing est le responsable de l'épuration ethnique déclenché en 2017 contre les musulmans rohingya qui avait provoqué10 000 morts et plus de 750 000 exilés au Bangladesh. Condamnée par Washington, le coup d’Etat birman est qualifiée par la Chine de « remaniement ministériel ». La Chine, où plus d'un million de personnes seraient détenues au Xinjiang, à l'extrême-ouest du pays, alors que Pékin a engagé depuis 2016 une répression contre la minorité turcophone et musulmane des Ouïghours. Depuis trois ans, des chercheurs et des lanceurs d’alerte, ont apporté des preuves de l’existence des camps de rééducation. La Chine s’obstine à parler « d’école » ou de « centres de formation » destinés à fournir un emploi à la population et donc à l'éloigner de l'extrémisme religieux. Autre foyer de contestation du pouvoir chinois, Hong Kong, où à partir de mars 2019 d’immenses manifestations pro-démocratie ont secoué le territoire semi-autonome. Pékin a imposé, en juin 2020une loi sur la sécurité nationale draconienne pour mettre fin à la contestation. Le Parlement européen a averti qu'il tiendrait compte « de la situation des droits de l'Homme en Chine, y compris à Hong Kong, lorsqu'il sera invité à approuver l'accord d'investissement » Chine-UE signé fin décembre. En Biélorussie, Alexandre Loukachenko fait face depuis l’été 2020 à des manifestations de rue qui conteste sa réélection avec un score de 80 %. En Algérie, loin des aspirations des manifestants revendiquant un Etat de droit depuis février 2019,c'est l'armée, faiseuse de rois, qui a imposé une succession, sur fond de répression des activistes du Hirak.
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Feb 10, 2021 • 33min
Bada # 73 : Les échanges avec le public de l’émission du 7 janvier (10 janvier 2021)
Les questions du public à propos de la proportionnelle et d’Alexeï Navalny, et les réponses de Jean-Louis Bourlanges, Marc-Olivier Padis, Lucile Schmid et Richard Werly.
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Feb 7, 2021 • 1h 8min
La bataille pour la proportionnelle / L’effet Navalny / n°179 (7 février 2021)
LA BATAILLE POUR LA PROPORTIONNELLE L'instauration d'une dose de proportionnelle dans le mode de scrutin des législatives, était un des éléments constitutifs de l'alliance entre François Bayrou et Emmanuel Macron en 2017. Après qu'un premier projet a été abandonné en cours d'examen à cause de l’« affaire Benalla », en juillet 2018, le gouvernement a présenté un an plus tard un nouveau projet de réforme. Il prévoyait une baisse de 25 % du nombre de parlementaires, ce qui aurait porté celui des députés à 433 et celui des sénateurs à 261. Sur ce contingent de députés, 87 auraient été élus à la proportionnelle, soit 20 %. Ce projet s'est enlisé après s’être heurté à la résistance du Sénat. Mathieu Gallard, directeur d’étude à l’IFOP résume ainsi la situation actuelle : « on a 4 blocs électiraux +/- équivalents (gauche/centre/droite/extrême droite) et des institutions qui vont nous demander d’en départager 2 avant d’accorder tous les pouvoirs pour 5 ans à un seul ». Pour le président du MoDem, il faut une réponse à la crise de notre système démocratique : « Marine Le Pen, dont tout le monde sait que je ne partage pas les idées, a recueilli 34 % des voix au second tour de l'élection présidentielle et revient à l'Assemblée avec six sièges, 1 % de la Chambre ! En 2007, j'avais obtenu quelque 19 % des voix au premier tour et nous avons eu trois députés. En termes de justice, cela a un effet désastreux. Pour les électeurs non représentés, les élus ne sont plus légitimes. » François Bayrou plaide désormais non plus pour une dose de proportionnelle, mais pour un scrutin proportionnel départemental à un seul tour, avec un seuil à 5 % des suffrages exprimés, semblable à celui décidé par François Mitterrand en 1984 et appliqué aux législatives de 1986. Le « système Bayrou » ne nécessite pas un redécoupage électoral, puisqu'il reprendrait l'actuelle répartition des députés par département. Il serait donc applicable, s'il était adopté, dès les prochaines élections législatives de juin 2022. Contrairement à de nombreuses démocraties, la France a le goût pour le changement des modes de scrutin. Cela peut aller des retouches de détail au bouleversement radical. Ainsi pour les législatives. Le majoritaire avait été restauré avec la Ve République. François Mitterrand a décrété la proportionnelle intégrale, mise en œuvre en 1986; Jacques Chirac a rétabli le majoritaire dès le renouvellement suivant en 1988. Mais le seuil de maintien au second tour a été modifié deux fois (1967 et 1978) et le nombre de circonscriptions à sept reprises - il est de 577 depuis 1988. Trois présidents successifs, Nicolas Sarkozy pendant sa campagne de 2012, François Hollande comme candidat puis comme chef de l'Etat, enfin Emmanuel Macron se sont montrés favorables à introduire de la proportionnelle aux législatives. .Un des proches d’Emmanuel Macron qui l'interrogeait sur ses intentions s'est entendu répondre par une autre interrogation : « Est-ce que vous pensez que les Français attendent de nous qu'on s'intéresse à la proportionnelle ? »***L’EFFET NAVALNY Après 6 mois passés en Allemagne pour les soins exigés par son empoisonnement en août 2020 par un agent neurotoxique, l’avocat et opposant de 44 ans Alexeï Navalny a pris le vol Berlin- Moscou, conscient des risques qu'il encourait, et il a lancé un nouveau défi au Kremlin. Arrêté à l’aéroport, il a été condamné le 2 février à trois ans et demi de prison, pour avoir violé des mesures de contrôle judiciaire pendant sa période de convalescence à l'étranger. Depuis sa prison, Alexeï Navalny a appelé à manifester contre le régime et pour la libération des prisonniers politiques. Dans les grandes villes, des dizaines de milliers de citoyens ont répondu présent, et ont subi une répression brutale : près de 5 000 arrestations à chaque fois, des rafles préventives les jours précédents, et des centaines de perquisitions violentes. Andreï Kolesnikov chef des études de politique intérieure au cercle de réflexion Carnegie à Moscou constate « que 40 % des manifestants sont, pour la première fois de leur vie, descendus dans la rue pour protester. » Les sociologues ont défini le noyau dur de la contestation comme de jeunes adultes urbains de 30, 35 ans. Alexeï Navalny a porté à la barre une charge cinglante contre Vladimir Poutine, alors que ses soutiens poursuivaient leur mobilisation dans la rue. La présence de diplomates étrangers à l'audience a été relayée par les médias fédéraux, comme un signe de la « soumission » de l'opposant à des donneurs d'ordre étrangers. Après des années de harcèlement de moyenne intensité, fait d'arrestations brèves et de poursuites judiciaires à répétition, le Kremlin a l'espoir de se débarrasser de manière durable de son ennemi le plus acharnéquitte à en faire un prisonnier politique. Depuis 2013, date de la dernière élection à laquelle il a pu participer, Navalny a passé 252 jours en prison, fruits de multiples condamnations administratives. Ni les protestations internationales ni les manifestations importantes qui secouent la Russie depuis deux semaines n'ont infléchi le choix, mardi, de l'envoyer derrière les barreaux. L’expulsion de Russie, vendredi, de trois diplomates allemand, polonais et suédois, annoncée en pleine visite du Haut représentant de l’Union européenne, Josep Borrell à Moscou, témoigne du peu de cas que fait Moscou de ces pressions. En plus de l’appel à des manifestations, Navalny diffuse également des vidéos anticorruption comme celle de 2017 sur la fortune frauduleusement acquise de Dmitri Medvedev, alors Premier ministre, des enquêtes sur les principaux oligarques, et enfin la vidéo récente sur le palais caché du présidentsur la mer noire, vue plus de cent millions de fois. Il recourt également à sa stratégie du « vote intelligent » consistant à appeler à voter pour tout candidat opposé au parti Russie Unie de Vladimir Poutine, même s'il s'agit d'un communiste. Une stratégie qui pourrait jouer un rôle important lors des élections législatives prévues cet automne.
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