

Le Nouvel Esprit Public
Philippe Meyer
Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr
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Apr 18, 2021 • 1h 3min
Thématique : avec Thierry Breton, Commissaire européen / n°189 / 18 avril 2021
Merci de nous avoir rejoints pour cette troisième et dernière thématique de printemps pour laquelle avec Jean-Louis bourlanges, David Djaïz et Nicole Gnesotto, nous recevons Thierry Breton. Vous avez été entrepreneur, et vous avez notamment réussi un redressement spectaculaire de Thomson, vous avez été ministre de l’économie et des finances, et vous avez axé votre politique sur la modernisation de l’économie, sur la réduction de la dette et sur la valorisation du patrimoine immatériel. Depuis novembre 2019 vous êtes commissaire européen chargé de la politique industrielle, du marché intérieur, du numérique, de la défense et de l'espace. Au cours des douze derniers mois, c’est l’industrie pharmaceutique qui a occupé le devant de la scène. Si les laboratoires ont réussi à développer très rapidement des vaccins, l’outil industriel n’a pas suivi. « La science a dépassé l'industrie » a déclaré la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, devant le Parlement européen, le 10 février dernier. Autre souci : en juin 2020, pour garantir l’approvisionnement et faciliter le déploiement des vaccins, la Commission et les États membres ont adopté une approche européenne commune. 2,3 milliards de doses de vaccins ont été commandées à six fournisseurs différents (Pfizer-BioNtech, Moderna, AstraZeneca, Curevac, Janssen, Sanofi). Pour le moment, quatre d’entre eux ont obtenu l’autorisation de mise sur le marché, délivrée par l’Agence européenne des médicaments. Confrontés début 2021 à une troisième vague épidémique aggravée par des variants plus contagieux et plus mortels, et à des retards de livraison des vaccins commandés par l’UE, certains Etats membres ont rompu les rangs et se sont tournés vers Moscou. La chancelière allemande Angela Merkel a déclaré le 19 mars : « En ce qui concerne le vaccin russe, je suis d'avis que tout vaccin autorisé par l'Agence européenne du médicament devrait être utilisé dans l’UE ». Mais « si celle-ci n'intervenait pas alors l'Allemagne devrait agir pour elle-même et c'est ce que nous ferions ». Le Premier ministre italien, Mario Draghi, a tenu un discours semblable alors que la péninsule pourrait produire le vaccin russe dès juillet. Dans ce contexte de pandémie, Bruxelles a revu à la baisse ses prévisions de croissance pour 2021passées de 4,2% à 3,8%, En 2020, son économie s'était contractée de 6,8%. En outre, neuf mois après son adoption, seuls 16 des 27 pays membres de l’Union ont ratifié le plan de relance européen. Avec la Turquie, non plus, les 27 ne sont pas à l'unisson et le récent pataquès protocolaire surnommé sofagate n’a pas montré une parfaite harmonie entre la Présidente de la Commission et celui du Conseil alors qu’ils venaient discuter avec le président Erdogan de l'accord entre son pays et l’Union, de la question de l'union douanière et des visas, ou encore de cette conférence sur la Méditerranée orientale tant voulue le chef de l’État turc. Dans le ciel, plus précisément dans l’espace, l’Europe fait preuve de davantage d’unité. Elle pilote trois programmes : Govsatcom doit permettre les communications gouvernementales par satellite dès 2020 et garantir la sécurité des services de communication aux organisations et aux opérateurs jugés stratégiques pour l'UE. Galileo, système de positionnement par satellites (radionavigation) Copernicus, système d'observation de la terre très important pour l'étude du changement climatique et dont on a pu écrire qu’il « confère à l'Europe un réel pouvoir de persuasion dans les relations internationales, comme en témoigne la couverture des incendies qui ont ravagé la Sibérie et l'Amazonie au cours de l'été 2019 ». En réunissant l’industrie de défense et l’industrie spatiale dans une même Direction Générale, l’Union européenne a d’ailleurs pris acte de la dimension stratégique du secteur spatial.
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Apr 14, 2021 • 24min
Bada # 80 : Si c’est pour la Culture, on a déjà donné (17) ... avec David Elkaïm et Vincent Poymiro (1/2) / 14 avril 2021
Avec David Elkaïm et Vincent Poymiro, principaux scénaristes de la série d’Arte « En Thérapie ». Le succès en boule de neige de cette succession de 35 huis-clos en pleine période de restriction des possibilités de circuler et d’avoir une vie sociale donne la mesure de la densité que lui confèrent sa réalisation, son interprétation, son scénario et ses dialogues. Impressionné, comme près de 3 millions de téléspectateurs, par cette série inspirée d’un original israélien ("Be Tipul"), j’ai voulu faire la connaissance de ce duo de scénaristes seniors, connaître leur formation, leurs influences, leurs rencontres, leur première complicité au lycée Montaigne de Bordeaux et leur incessante collaboration depuis : c’est la 1ère partie de notre bada, mis en ligne le 14 avril. Le 21 avril, nous mettrons en ligne la seconde partie consacrée à « En Thérapie », à leurs méthodes de travail et d’écriture, aux distances prises avec la série matrice, Be Tipoul et avec son avatar étasunien (In Therapy), à leurs rapports avec les comédiens, à leur méthode d’écriture à quatre mains, aux difficultés propres à tel ou tel épisode ou à tel ou tel des 7 personnages principaux.
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Apr 11, 2021 • 1h 4min
Thématique : avec Caroline Fourest, autour de Génération offensée (éditions Grasset) / n°188 (11 avril 2021)
Caroline Fourest, Génération offensée - De la police de la culture à la police de la penséeCaroline Fourest, vous êtes journaliste, essayiste et éditorialiste à Marianne. Depuis de nombreuses années, vous militez en faveur de l'égalité et de la liberté, contre le racisme, le sexisme et l'homophobie. Vous êtes rédactrice en chef de la revue ProChoix que vous avez cofondée en 1997 et qui a pour objet « la défense des liberté individuelles contre toute idéologie dogmatique, liberticide, essentialiste, raciste ou intégriste ». En 2018, après de nombreux documentaires, vous avez réalisé votre premier film de fiction intitulé Soeurs d'Armes.En février 2020, vous avez publié chez Grasset « Génération offensée : de la police de la culture à la police de la pensée ». Vous y alertez contre la montée en France d'une gauche moraliste identitaire déjà très répandue aux Etats-Unis. Sa vision confuse de l'anti-racisme la pousse non pas à réclamer l'éradication des préjugés mais un traitement particulier au nom de l'identité. Reprenant à l'extrême droite les thématiques identitaires, elle la fait se placer en défenseure de la mémoire et de la liberté d'expression. Loin de contester les catégories ethnicisantes de la droite suprémaciste, la gauche identitaire s'y enferme. Au lieu de rechercher la mixité et le métissage, elle fractionne nos vies et nos débats entre « racisés » et « non-racisés », monte les identités les unes contre les autres jusqu'à mettre les minorités en compétition.Vous dites qu'il ne faut pas laisser la critique de cette gauche identitaire à la droite conservatrice mais que seul un antiracisme sincère est à-même de lutter contre ses contradictions. Vous vous revendiquez ainsi d'un antiracisme universaliste et d'une approche par le « droit à l'indifférence », qui permet selon vous d'éviter l'essentialisation des identités et à chacun de s'autodéterminer.Dans cet esprit, vous niez le bien-fondé des usages de plus en plus abusifs du concept d'appropriation culturelle et rappelez que la culture, autant que la politique, ne saurait être quelque chose d'exclusif. C'est au contraire le mélange, la source même de la créativité, qui permet de composer un monde commun.Lieu de liberté, vous dites qu'internet est aussi celui de tous les procès, et dénoncez les tentatives d'intimidations de cette gauche identitaire dans le cadre de phénomènes de meutes 2.0 sur les réseaux sociaux. Surtout, vous alertez contre la démarche de plus en plus victimaire de la jeunesse hyper-sensible d'une société qui ne flatte plus le courage ou l'honneur mais le statut de victime et dont l'université n'éduque plus à l'esprit critique. Cette jeunesse se veut « woke » et éveillée à l'injustice, mais les réseaux sociaux la poussent à décontextualiser ses luttes.
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Apr 4, 2021 • 1h 2min
Thématique : avec Pierre Veltz autour de l’économie désirable (éditions du Seuil) / n°187 / 4 avril 2021
PIERRE VELTZ L'ÉCONOMIE DÉSIRABLE Éditions du Seuil Pierre Veltz, vous êtes diplômé de l’école Polytechnique et ingénieur du Corps des Ponts. Président de l’établissement public Paris-Saclay de 2010 à 2015, vous êtes également sociologue et urbaniste. Vous avez été l'auteur en 2008 de La Grande transition, et en 2017 vous avez publié au Seuil un livre intitulé La Société hyper-industrielle dont votre nouvel écrit, L'Économie désirable – sortir du monde thermo-fossile, constitue le prolongement.Après avoir constaté la nécessité de changer en profondeur nos organisations économiques et nos façons de vivre, vous pointez du doigt le hiatus des théories de la décroissance mis en lumière par la crise du Covid-19 : la mise à l'arrêt de nos économies entraîne des dommages gigantesques payés principalement par les plus fragiles. Sans attendre l'avènement chimérique d'un gouvernement mondial, vous écrivez qu'il est urgent d'élaborer des perspectives qui ne passent pas par l'accroissement des inégalités, du chômage et de la précarité de masse.D'abord, vous pointez du doigt la dimension industrielle de la transition et la nécessité d'établir une nouvelle grammaire productive. Vous montrez néanmoins son insuffisance et la nécessité d'une évolution de la demande vers plus de sobriété.Ensuite, vous décrivez le passage d'une économie des choses vers une économie des usages et des expériences, dans laquelle le numérique joue un rôle essentiel. L'économie de demain sera selon vous humano-centrée, compensant les pertes d'emplois des secteurs thermo-fossiles par l'extension des capacités des individus et de la réinvention de nos espaces de vie partagés. Les secteurs de la santé, de l'éducation, de la culture, du divertissement, de la sécurité, de la mobilité et de l'habitat, doivent selon vous être reconnus comme des moteurs essentiels de la création de valeur.Si cette économie doit nécessairement prendre un tournant local, vous mettez en garde contre le localisme et rappelez que la valorisation unilatérale du proche peut devenir problématique lorsqu'elle crée des illusions d'autosuffisance et qu'elle ignore les interdépendances et les solidarités interterritoriales fondatrices de notre contrat social. Vous passez enfin en revue les différentes voies macrosociales du changement, à savoir la fiscalité, la finance, et la technologie vertes. Selon vous, ni les marchés financiers, ni le darwinisme de la technologie, ni la multiplication des projets verts à l'échelle des villes ne sont aujourd'hui capables d'embarquer nos économies dans un véritable changement de modèle. Sans rétablir un lien anachronique entre puissance étatique et centralisation hiérarchique, vous en appelez au retour de l'État qui, plus que simple garant du marché, doit fixer des perspectives stratégiques cohérentes, mettre en place de grandes infrastructures physiques et normatives, investir et veiller à l'accompagnement social des mutations. Comment assurer la soutenabilité écologique du développement de l’économie hyper-industrielle ?
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Mar 31, 2021 • 60min
« Le cinéma et la Der des ders » / Republication d’une émission avec Bertrand Tavernier (31 mars 2021)
Bertrand Tavernier a apporté au Nouvel Esprit public son amitié et son soutien. Sa fascination désolée pour la guerre de 14-18 a guidé deux de ses films majeurs. Sa connaissance du cinéma, des cinémas, lui donnait toute la compétence et toute l’autorité nécessaires pour nous éclairer sur les représentations cinématographiques de ce conflit dévastateur.En remerciement et en hommage, nous mettons en tête de ligne la conversation enregistrée avec lui à l’occasion de la dernière année du centenaire de la prétendue « der des ders ».« C’est la dernière fois que je vous importune avec mes chiffres terribles. Mais par comparaison avec le temps mis par les troupes alliées à descendre les Champs-Élysées lors du défilé de la Victoire (environ trois heures je crois), j’ai calculé que, dans les mêmes conditions de vitesse de marche et de formation réglementaire, le défilé des pauvres morts de cette inexpiable folie n’aurait pas duré moins de onze jours et onze nuits. Pardonnez-moi cette précision accablante. » Telles sont les dernières phrases, lues par Philipe Noiret, de la lettre d’un personnage fictif, le commandant Dellaplane, sorti des imaginations associées de Jean Cosmos et de Bertrand Tavernier pour les besoins de « La Vie et rien d’autre », l’un des films qui aura le plus contribué à la mémoire de la guerre dont nous venons de commémorer l’armistice. « Capitaine Conan », du même scénariste et du même réalisateur, redonne vie à ce « Corps expéditionnaire d’Orient », dont les soldats poursuivirent la guerre dans les Balkans bien après que les cloches avaient fait retentir l’heure de l’armistice. Le succès de ces deux films- que vient amplifier leur audience à chaque passage à la télévision ou sur le câble- est assurément dû à leurs auteurs et à leurs interprètes. Mais ce sont aussi des œuvres qui atteignent en nous quelque chose de profond et souvent d’informulé : le vertige devant l’ampleur de ce que cette guerre aura détruit et le besoin inlassable de savoir, de comprendre et de compatir. Dès les premières années de la guerre, le cinéma fut mis à contribution, tantôt pour répondre à ce besoin, tantôt pour promouvoir telle ou telle vision du conflit. Cent ans plus tard, la Der des ders continue d’inspirer les cinéastes, même s’ils l’abordent sous un angle inédit – celui de la place des femmes dans une société en guerre- comme Xavier Beauvois dans un film de 2017, « Les Gardiennes ».
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Mar 28, 2021 • 1h 5min
Pandémie : comment gérer un pari perdu ? / Israël : un puzzle électoral / n°186 (28 mars 2021)
PANDÉMIE : COMMENT GÉRER UN PARI PERDU ?Le 29 janvier, le président de la République s'est affranchi de la demande d'une grande partie du corps médical qui appelait à un reconfinement national. Le 1er mars, il a demandé aux Français de tenir encore « quatre à six semaines ». Puis les contaminations sont reparties à la hausse : Emmanuel Macron a pris acte de ce que le virus restait le « maître des horloges ». Le 18 mars le Premier ministre a annoncé le confinement de 16 départements, portés à 19 le 25 mars. Au mot de « confinement », l'Élysée préfère l’expression « mesures de freinage supplémentaires » et affirme avoir cherché « la proportionnalité et un juste équilibre », incluant « des choix forts », comme le maintien de l’ouverture des écoles. Le 25 mars, Emmanuel Macron a estimé avoir « eu raison de ne pas reconfiner la France » fin janvier. Malgré les avis des épidémiologistes, le télétravail n’est qu’un sujet d’exhortation. Les nouvelles mesures sont peu compréhensibles et prises en désordre : la liste des commerces fermés est passée de 110.000 à 90.000. Les attestations de déplacement qui semblaient issues d’un skectch de Pierre Dac ne sont plus exigibles que dans de rares situations, tandis qu’un nouveau slogan gouvernemental « dehors en citoyen, dedans avec les miens » moissonne les quolibets et les parodies. Cette « troisième voie » choisie par le gouvernement fait l’objet de nombreuses critiques. L'opposition parle d’« échec » de la stratégie sanitaire, de « retard » de la politique vaccinale, des « ratés » du pari européen consistant à grouper au niveau de Bruxelles les commandes de vaccins. En la matière le message est passablement brouillé : ainsi le 14 mars, Jean Castex a affirmé qu'« il faut avoir confiance dans le vaccin Astra Zeneca », avant que le président de la République ne décide, vingt-quatre heures après, de suspendre ledit vaccin, tandis que trois jours plus tard l'Agence européenne du médicament donnait son feu vert à la reprise de la campagne. L'augmentation des livraisons attendues des vaccins Pfizer-BioNTech, Moderna et l'arrivée, mi-avril, du vaccin Janssen, de Johnson & Johnson pourraient, selon l’éxécutif compenser les défaillances d’Astra Zeneca. Dans un rapport du 11 mars, les membres du comité scientifique ont toutefois estimé que quand bien même la vaccination se maintiendrait à un rythme soutenu, elle serait « sans doute insuffisant[e] pour éviter une augmentation importante des hospitalisations » face à la menace que font peser les nouveaux variants. Selon un sondage Elabe, publié le 24 mars, les mesures prises par le gouvernement sont jugées « pas cohérentes » (74%) et « pas efficaces pour lutter contre l’épidémie » (73%). Et contrairement au chef de l’Etat, six Français sur dix pensent que l’exécutif a eu tort de ne pas reconfiner le pays fin janvier.***ISRAËL : UN PUZZLE ELECTORALPour la quatrième fois depuis avril 2019, les Israéliens se sont rendus aux urnes, le 23 mars, afin de tenter de dégager une nouvelle fois une majorité au Parlement israélien, la Knesset. La participation de 67,2 %, est la plus faible depuis le retour de Netanyahou au pouvoir, en 2009. Son parti, le Likoud perd 6,sièges et n’en obtient que 30, en en dépit d’une campagne de vaccination réussie (60% de la population a été vaccinée, un record mondial). Le parti séfarade ultra-orthodoxe Shas conserve ses 9 sièges. Le parti radical Yamina, qui veut dire « A droite » en hébreu, est crédité de 7 sièges. Son chef, Naftali Bennett, ancien ministre de la Défense du cabinet de Nétanyahou, promoteur d'un Grand Israël de la Méditerranée au Jourdain, n'a pas dit clairement s'il soutiedrait un gouvernement anti ou pro-Netanyahou, personnalité dont il partage l'idéologie mais critique la gestion. Le Parti national religieux de Bezatel Smotrich absent de la précédente assemblée a obtenu 6 sièges. Alors que le parti laïc et centriste Yesh Atid (« Il y a un futur ») de YaïrLapid, se place comme le deuxième parti de l’assemblée avec 17 sièges, l’autre parti centriste, le parti « Bleu-Blanc » de Benny Gantz, avec qui Netanyahou était arrivé au coude-à-coude lors des trois derniers scrutins, est crédité de seulement 8 sièges. Annoncés sur le déclin, les petits partis de centre gauche ou de gauche ont connu un sursaut : les sociaux-démocrates du Parti travailliste ont 7 sièges et les partisans du camp de la paix du Meretz progressent avec 6 sièges. Toutes les hypoth èses sont formulées quant aux 10 députés arabes, même si jusqu'ici aucune formation arabe n'a jamais fait partie d'un gouvernement israélien. Le parti Raam, proche des Frères musulmans a obtenu 4 députés, la liste arabe unifiée 6. La communauté arabe d'Israël représente 20 % de la population. La question palestinienne a été absente de la campagne électorale. L’instabilité politique est due au système électoral israélien : le scrutin proportionnel de liste, avec un seuil d'éligibilité à seulement 3,25 %, qui provoque un émiettement du paysage politique. Pour obtenir un siège, il suffit de rassembler 50 000 votes. La prime revient donc à celui qui sera parvenu à nouer des coalitions avec des formations moyennes, voire des micro-mouvements, même si celles-ci ne durent pas plus d'une mandature. Depuis la création de l’État d’Israël, en 1948, aucun parti n’a jamais remporté la majorité absolue, soit 61 sièges des 120 que compte la Knesset. Accusé dans trois affaires de corruption présumée, Benyamin Netanyahouse retrouvera devant les juges le 5 avril prochain.
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Mar 24, 2021 • 26min
Bada # 79 : Si c’est pour la Culture, on a déjà donné (16) ... avec Charles Legargasson / 24 mars 2021
SI C’EST POUR LA CULTURE, ON A DÉJÀ DONNÉ…(16) Avec Charles Legargasson, ancien attaché culturel au Gabon. Des spectacles de la Comédie-Française précédés d’un éclairage du metteur en scène sur ses intentions en diffusion publique ou au lycée Blaise Pascal de Libreville, des rencontres de danse urbaine, du rap, des ateliers scientifiques, la prédominance désormais établie de Nollywood, le Bollywood nigérian, les microfictions à base d’histoires locales bricolées grâce aux smartphones et circulant grâce à la 4G, la présence de plus en plus sensible de la politique d’influence culturelle des Chinois à travers les centres Confucius…Charles Legargasson nous donne à voir ce qu’il a vu du paysage culturel d’un pays équatorial de 2 millions d’habitants et de près de 300 000km2 dont 42% de la population a moins de 15 ans.
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Mar 21, 2021 • 1h 4min
La responsabilité sociale et environnementale des entreprises après l’éviction du PDG de Danone / Élections chez les frugaux / n°185 (21 mars 2021)
LA RESPONSABILITÉ SOCIALE ET ENVIRONNEMENTALE DES ENTREPRISES APRÈS L’ÉVICTION DU PDG DE DANONEContesté par des administrateurs et des fonds activistes jugeant trop faible la rentabilité du groupe, le conseil d'administration de Danone a congédié le 14 mars son PDG Emmanuel Faber. Dans un communiqué, ce dernier s’est déclaré « convaincu de la nécessité d'allier un fort niveau de performance économique au respect du modèle unique d'entreprise à mission de Danone ». En juin 2020, Emmanuel Faber avait fait de Danone le premier groupe coté de taille mondiale à adopter le statut juridique d'entreprise à mission, c’est-à-dire portant un projet social et environnemental à côté de l'impératif économique de rentabilité. Cependant, face au recul de son cours de Bourse et à la chute des ventes d'eau en bouteille liée à la pandémie, l’amélioration de la compétitivité est redevenue la priorité de Danone et le 23 novembre, Emmanuel Faber a annoncé la suppression de 2.000 emplois. « Est-ce qu'une entreprise cotée en Bourse peut tenir des engagements sociétaux ? J'ai bien peur que non. », a commenté Hélène Deborde, secrétaire fédérale CFDT. En instituant le nouveau cadre juridique de société à mission, la loi Pacte de 2019 a offert au monde entrepreneurial la possibilité d'affirmer un rééquilibrage entre l'intérêt général et la performance économique. Depuis, la responsabilité sociale et environnementale est devenue le nouveau mantra de la gouvernance des entreprises. Déjà les deux tiers des entreprises du CAC 40 ont défini leur « raison d'être », c’est-à-dire la façon dont elles entendent jouer un rôle dans la société au-delà de leur seule activité économique. Dans le reste du SBF 120 (un indice boursier regroupant les sociétés du CAC 40 et 80 autres sociétés), seules 16% l’ont fait selon une étude de Russell Reynolds. Pour les directeurs de ressources humaines, la responsabilité sociale et environnementale passe avant le développement du télétravail dans les priorités pour 2021, selon une enquête de l’Association nationale des directeurs des ressources humaines réalisée fin septembre, auprès de ses quelque 5.000 entreprises adhérentes(plutôt des grosses PME ) : (53 %) des DRH interrogés prévoient de renforcer les actions dans ce domaine en 2021, contre 27 % en 2020.Le baromètre Mazars publié le 2 octobre a indiqué que 98 % des entreprises ont aujourd’hui une stratégie de responsabilité sociale et environnementale, en insistant sur le volet environnemental. Edwige Rey, en charge de ce dossier chez Mazars a observé notamment qu’« Europcar mesure la part des véhicules lavés sans eau avec des chiffons spéciaux, L’Oréal, la part recyclable de ses emballages, et Total, la teneur en hydrocarbure des rejets d’eau dans les stations offshore ».***ÉLECTIONS CHEZ LES FRUGAUXLes Néerlandais ont voté massivement du 15 au 17 mars. Malgré la pandémie, 82 % des inscrits se sont rendus aux urnes pour élire leurs 150 députés. Avec ses 35 sièges – 2 de plus que dans l’assemblée sortante- lePremier ministre libéral-conservateur Mark Rutte est en position d’exercer un quatrième mandat, en dépit d’un maigre bilan social après dix ans de pouvoir. Les coupes budgétaires ont réduit le nombre de lits d'hôpitaux. Le niveau scolaire a baissé. Les bénéficiaires de l'aide alimentaire sont passés de 50 000 en 2010 à 151.000 en 2019, alors que les millionnaires, 94.000 il y a 10 ans, sont aujourd’hui 223.000. La surprise a été créée par la deuxième position conquise par le parti centriste, libéral et social, Démocrates 66 emmené par la ministre du commerce et de la coopération, Sigrid Kaag. D66 se caractérise par son fort attachement au projet européen. En revanche, deux importantes formations de gauche, les écologistes de GroenLinks et du Parti socialiste (SP, gauche radicale)ont enregistré un net recul. Le petit parti paneuropéen et progressiste Volt, membre du groupe des Verts à Strasbourg a remporté ses trois premiers sièges.A droite, le Forum pour la démocratie anti-establishment (FvD) obtiendrait 8 sièges, tandis qu’à l’extrême droite, le parti populiste de la Liberté (PVV) de Geert Wilders a perdu 3 sièges. Mi-janvier, le gouvernement dirigé par Mark Rutte avait dû démissionner car son administration des impôts avait accusé à tort de fraude aux allocations familiales des milliers de familles de travailleurs - souvent étrangers - qui se sont trouvées forcées de rembourser ce qu’elles avaient légitimement perçues. Le 23 janvier, de violentes émeutes ont éclaté dans une demi-douzaine de villes, dont Amsterdam, La Haye et Rotterdam, pour protester contre l'instauration d’un couvre-feu, de 21h à 4 h30, mesures pourtant soutenues par 70% de la population néerlandaise. La pandémie a fait 15. 800 morts aux Pays-Bas, soit 95,2 morts pour 100.000 habitants, taux comparable à celui de l’Allemagne, le taux français étant de 136. Deux débats ont dominé la campagne électorale : faut-il construire une nouvelle centrale nucléaire pour faciliter la transition climatique et commentfinancer la « dette Covid ». Pour faire face à la pandémie, le gouvernement a déployé un plan massif de soutien à l'économie, équivalent à 4,2 % du PIB, sans compter les garanties et moratoires sur les impôts. Grâce à cette intervention, la récession a été limitée à un recul de 3,8 % du PIB en 2020. En revanche, en raison d'une seconde vague de l'épidémie beaucoup plus sévère que la première et une campagne de vaccination très lente, la croissance devrait rester négative au premier trimestre 2021, puis atteindre le plus faible niveau de l'Union européenne sur l'année, à 1,8 %. La dette publique, inférieure à 50 % du PIB avant la crise, est repassée au-dessus de 60 %. À comparer à une moyenne de 100 % dans la zone euro, et près de 120 % en France ou 160 % en Italie. Ces divergences pèseront lors des discussions houleuses à venir sur la réforme des critères de déficit et d'endettement de la zone euro.
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Mar 17, 2021 • 30min
Bada # 78 : Si c’est pour la Culture, on a déjà donné (15) ... avec Denis Mollat / 17 mars 2021
SI C’EST POUR LA CULTURE, ON A DÉJÀ DONNÉ…(15) avec Denis Mollat, libraire à Bordeaux. De quoi est faite la vie professionnelle du libraire ? Comment a-t-elle évolué depuis 1982, date à laquelle Denis Mollat, docteur en médecine, a délaissé les lits pour les livres et l’hôpital pour la maison fondée par son arrière grand-père en 1896 ? Quelles stratégies développer face à l’arrivée d’abord des grandes surfaces culturelles, puis de la distribution par Internet ?
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Mar 14, 2021 • 1h 7min
Le pape François dans l’Orient compliqué / La justice en procès / n°184 (14 mars 2021)
LE PAPE FRANÇOIS DANS L’ORIENT COMPLIQUÉAprès 15 mois d'interruption, le pape François a repris ses voyages apostoliques en se rendant en Irak du 5 au 8 mars, en dépit des risques sanitaires et sécuritaires. Chargée de symboles, de Bagdad à Erbil, en passant par Nadjaf et Karakoch, la visite de François, visait à la fois à soutenir les chrétiens d'Orient martyrisés, renouer les liens avec l'islam chiite et donner au pays l'occasion de montrer un autre visage que celui du terrorisme. Pays à majorité musulmane chiite, l’Irak est considéré comme un des berceaux du christianisme. De nombreux chrétiens ont pris la route de l'exil pour échapper aux persécutions de Daech, et peu sont revenus. Ils étaient 1.500.000 en 2003, avant l'invasion américaine ; ils ne sont plus que 200 à 400 000, selon les estimations les plus optimistes, soit environ 1% d’une population de 39 millions d'Irakiens. Le pape François les a encouragés à prendre une part active à la reconstruction du pays. Aucun chef de l'Église catholique n'avait jamais foulé le sol de l'Irak. Ce voyage a eu également une forte connotation interreligieuse. Il a été lecouronnement de plusieurs colloques organisés entre religieux catholiques et chiites depuis 2015, successivement au Vatican, à Paris et à Nadjaf. Depuis le début de son pontificat, les pays musulmans visités par François étaient tous à dominante sunnite (Turquie, Maroc, Égypte et Abou Dhabi). Son déplacement en Irak visait à rétablir l'équilibre vers le chiisme. Des membres de lacommunauté sunnite, qui constitue à ce jour 20 % des Irakiens - mais qui agouverné l’Irak jusqu'à l'invasion américaine de 2003 – en ont pris ombrage etreproché au pape de pas avoir rencontré individuellement un dignitaire musulman sunnite, alors que le Vatican a négocié pendant plusieurs mois la rencontre désormais historique avec le grand ayatollah Ali Al Sistani, grande figure de l'islam chiite. Le Premier ministre irakien chiite, Moustafa Al Kazimi, a annoncé que le 6 mars serait désormais en Irak la « journée nationale de la tolérance et de la coexistence », pour marquer aussi bien cette rencontre, que la rencontre interreligieuse dans la plaine d'Ur, berceau selon la tradition d’Abraham, considéré comme le père des trois monothéismes. Le pape Françoisy a présidé une rencontre interreligieuse, en l’absence toutefois des juifs qui ne seraient plus que huit à Bagdad. Avant la Seconde Guerre mondiale, les juifs formaient pourtant une communauté de poids en Irak : selon le recensement ottoman, ils composaient 40 % de la population de la capitale irakienne.*** LA JUSTICE EN PROCÈS Le 1er mars, le tribunal correctionnel de Paris a condamné Nicolas Sarkozy à trois ans d'emprisonnement, dont un ferme, pour corruption et trafic d'influence dans « l'affaire des écoutes ». L'ancien chef de l'État, qui a fait appeldu jugement, se dit prêt à attaquer la France devant la Cour européenne des droits de l'homme. Tout en volant au secours de l'ancien président, les responsables du parti Les Républicains ont agité le spectre d'un « gouvernement des juges », d'une « politisation de la justice », croyant déceler un agenda politique derrière cette condamnation. Selon Liora Israël, directrice d'études à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales de Paris et sociologue du droit de la justice, à travers ces attaques, « ce n'est pas l'indépendance de la justice qui est remise en cause, mais bien la séparation des pouvoirs ». Le Syndicat de la Magistrature (classé à gauche) s'est alarmé « que l'institution judiciaire soit attaquée et abîmée simplement parce qu'elle a rendu justice » et réclame que le ministre de la Justice et le président de la République interviennent « pour la protéger et faire en sorte qu'elle continue à officier sereinement, y compris lorsque la délinquance élitaire est visée ». Accusé ici de sévérité et/ou de partialité, la justice l’est ailleurs de laxisme. Les récentes émeutes urbaines, les luttes entre bandes, les agressions contre la police et les policiers sont évoquées comme autant de charges contre la lenteur et l’insuffisance de la réponse pénale. Dans une étude publiée en avril 2019, l’observatoire national de la délinquance notait l’insatisfaction de deux sur trois des personnes interrogées quant à l’action de la Justice et des tribunaux. Le reproche le plus médiatisé porte sur le laxisme de l’institution et s’articule avec un appel à davantage de sévérité et à une critique de l’insuffisance des moyens. Toutefois, les déplorations de l’insuffisante durée des peines ou de leur inexécution ne doivent pas faire oublier d’autres dénonciations : celle d’une justice de classe, à la fois inégale et inéquitable, qui réserve les longues peines d’emprisonnement aux classes populaires, mais aussi une critique que les auteurs de cette étude appellent humaniste, qui déplore que la Justice n’œuvre pas en faveur de la réinsertion des délinquants. Le 4 mars, le garde des sceaux a lancé son avant-projet de loi destiné à « restaurer la confiance » dans la justice.
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