

Choses à Savoir HISTOIRE
Choses à Savoir
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Dec 2, 2025 • 2min
Pourquoi les nobles ont-ils porté des chaussures extra longues et pointues ?
Pourquoi, au Moyen Âge, certains nobles affichaient-ils des chaussures si longues et pointues qu’il fallait parfois les attacher au mollet avec une ficelle pour pouvoir marcher ? Ces chaussures ont un nom : les poulaines. Et elles racontent beaucoup plus qu’une simple mode extravagante.La polaine apparaît en Europe au XIIᵉ siècle, mais explose vraiment au XIVᵉ. C’est une chaussure dont l’avant se prolonge en une longue pointe, parfois de plusieurs dizaines de centimètres. Les chroniqueurs de l’époque en parlent avec amusement… ou indignation. Car ces chaussures ne sont pas là pour le confort : elles sont un symbole social.D’abord, la pointe longue signale que le porteur n’a pas besoin de travailler. Si vos journées sont faites de cheval, de guerre ou de labour, ce type de chaussure est totalement inutile, voire dangereux. En revanche, si vous êtes un noble qui ne marche qu’en intérieur, accompagné de serviteurs, la polaine devient un signe ostentatoire : elle dit au monde que vous appartenez à la classe oisive, celle qui peut se permettre d’être impratique. C’est, en un sens, l’équivalent médiéval d’un talon aiguille de vingt centimètres.Mais les poulaines deviennent aussi un terrain de compétition aristocratique. Plus la pointe est longue, plus elle indique le rang. Certaines sources évoquent des pointes de cinquante centimètres chez les nobles les plus fortunés. La mode devient tellement extrême que des villes, comme Paris ou Londres, tentent d’en limiter la longueur par des lois somptuaires. Elles craignent que cette extravagance ne brouille les distinctions sociales ou n’encourage une vanité jugée dangereuse.Il existe une autre dimension, plus symbolique : dans certaines iconographies, la chaussure pointue est associée au raffinement, à l’élégance, parfois même à une virilité sublimée. Pour les jeunes aristocrates, elle devient un marqueur séduisant, un signe de modernité et de bravoure.Cependant, cette mode attire critiques et satire. Certains religieux y voient une perversion morale, un signe d’orgueil ou même une « chaussure du diable » (à cause de la pointe, jugée trop agressive). Des sermons médiévaux dénoncent ces nobles qui peinent à s’agenouiller pour prier parce que leurs chaussures sont trop longues.Vers la fin du XVe siècle, la tendance disparaît, remplacée par les chaussures larges dites « à bec d’âne ». Mais les poulaines laissent une empreinte durable : elles montrent que la mode a toujours été un langage social puissant. Au Moyen Âge déjà, on affichait sa position non par les mots, mais… par la longueur de ses chaussures. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Dec 1, 2025 • 3min
Comment un chien a sauvé les studios Warner ?
Dans les années 1920, Hollywood est encore un Far West artistique et économique. Les studios naissent, meurent, se restructurent, et la Warner Bros… vacille. À cette époque, les frères Warner – Harry, Albert, Sam et Jack – tentent désespérément de s’imposer dans un marché saturé. Leurs productions coûtent cher, rapportent peu, et l’entreprise file tout droit vers la faillite. Et pourtant, leur sauveur n’est ni un producteur visionnaire, ni une star glamour… mais un chien. Un berger allemand nommé Rintintin.Tout commence en 1918, dans les ruines d’un village français ravagé par la Première Guerre mondiale. Un soldat américain du nom de Lee Duncan découvre une femelle berger allemand et ses chiots abandonnés dans un chenil bombardé. Il sauve deux petits, les ramène aux États-Unis, et en dresse un : Rintintin. Très vite, Duncan réalise que le chien a un talent exceptionnel. Il est agile, obéissant, expressif. Et surtout, incroyablement photogénique.En 1922, Hollywood apprend son nom. Rintintin décroche un rôle dans The Man from Hell’s River, et c’est un triomphe. Le public, encore marqué par la guerre, se passionne pour ce chien héroïque, symbole de loyauté et de bravoure. Les producteurs de Warner Bros, eux, voient surtout une aubaine.La Warner, à l’époque, est au bord du gouffre. Elle n’a pas les moyens de rivaliser avec les géants comme Paramount ou MGM. Mais elle peut miser sur un phénomène. Rintintin devient donc la star du studio. Entre 1923 et 1930, il tourne près de trente films et remplit les salles à un niveau inattendu. On raconte qu’à certains moments, ses films rapportent jusqu’à la moitié des revenus annuels de la Warner. On le surnomme même « la saucisse à quatre pattes qui nourrit les frères Warner ».Ce succès permet au studio de survivre, puis d’investir dans ce qui deviendra son grand coup stratégique : le cinéma parlant. Sans l’argent généré par Rintintin, la Warner n’aurait probablement pas eu les moyens de produire The Jazz Singer en 1927, le premier film parlant à succès, celui qui transforme l’industrie et propulse le studio au premier rang d’Hollywood.Ainsi, l’histoire est simple mais incroyable : sans un chiot sauvé des décombres de la Grande Guerre, la Warner Bros n’aurait peut-être jamais existé telle que nous la connaissons. Rintintin n’est pas seulement un chien célèbre ; il est littéralement l’un des fondateurs involontaires du cinéma moderne.Un chien a sauvé la Warner… et, d’une certaine façon, l’histoire d’Hollywood tout entière. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Nov 30, 2025 • 3min
Pourquoi l’Église a-t-elle enquêté sur un homme qui lévitait ?
Joseph de Cupertino (1603-1663), parfois appelé « le saint qui volait », est une figure fascinante de l’histoire religieuse. Né Giuseppe Maria Desa à Cupertino, dans les Pouilles (sud de l’Italie), il est aujourd’hui connu comme l’un des mystiques les plus singuliers de l’Église catholique, canonisé en 1767 par Clément XIII.Issu d’une famille très pauvre, il connaît une enfance difficile : maladroit, souvent malade, peu instruit, il peine à trouver sa place. Très jeune, pourtant, il développe une intense vie spirituelle. Il tente plusieurs fois d’entrer chez les franciscains mais est refusé à cause de son manque d’éducation et de ses difficultés sociales. Finalement, il est accepté comme frère lai, puis ordonné prêtre en 1628, ce qui est en soi un petit miracle vu son niveau scolaire.Ce qui le rend célèbre, ce sont ses extases répétées, décrites par des centaines de témoins : fidèles, moines, évêques, autorités civiles… Il suffisait qu’il entende le nom de Dieu, qu’il voit une image sacrée, ou qu’il soit pris par une émotion religieuse intense, et il entrait dans un état de transe. Selon les récits de l’époque, son corps s’élevait alors d’un ou deux mètres dans les airs : c’est le phénomène de lévitation, qu’on lui attribue plus de 70 fois de manière « officielle ». Ces épisodes duraient parfois plusieurs minutes et étaient si impressionnants que les supérieurs ont fini par le cacher du public pour éviter les attroupements.Face à ces manifestations extraordinaires, l’Église, prudente, soumet Joseph à des enquêtes. Il ne sera jamais condamné : aucun signe de fraude ou de trouble mental grave n’est relevé. On estime qu’il vivait dans un état de contemplation extrême, que l’époque interprétait comme surnaturel.Sa vie est également marquée par une grande simplicité, une immense charité, et une compassion profonde, notamment envers les malades et les personnes pauvres. Il passe les dernières années de sa vie à Osimo, où il meurt en 1663.Saint Joseph de Cupertino est aujourd’hui le patron des étudiants en examens, car on raconte qu’il réussit son propre examen d’ordination uniquement grâce à une question miraculeusement simple… et à sa piété. Il est aussi le patron des aviateurs, des astronautes et… des personnes maladroites.En résumé, Joseph de Cupertino est l’un des mystiques les plus mystérieux et les plus attachants du XVIIᵉ siècle : un homme simple, profondément religieux, entouré de récits extraordinaires qui continuent d’intriguer historiens et croyants. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Nov 27, 2025 • 3min
Les Mayas sacrifiaient-ils vraiment les joueurs de balle ?
Le jeu de balle maya – le pok-ta-pok, ou pitz – occupe une place fascinante dans l’imaginaire collectif. On y voit un terrain de pierre, deux équipes, une lourde balle de caoutchouc, et un rituel dont l’issue serait, dit-on, fatale pour l’un des joueurs. Depuis des décennies, un récit impressionnant circule : à la fin du match, l’un des participants aurait été mis à mort, parfois même le capitaine de l’équipe gagnante.Ce tableau spectaculaire a nourri films, documentaires sensationnalistes, théories pseudo-historiques… et l’idée d’un sport où l’on risquait sa vie à chaque partie. Il faut dire que plusieurs éléments ont entretenu cette légende : certaines sculptures de Chichén Itzá montrent des scènes de décapitation ; le Popol Vuh, texte sacré des Mayas Quichés, raconte que les dieux du monde souterrain exécutent les “Héros Jumeaux” après un match symbolique ; enfin, les chroniqueurs européens, fascinés ou horrifiés, ont souvent amplifié les rites mésoaméricains pour mieux en souligner la “brutalité”.Tout cela a contribué à une vision dramatique : des équipes jouant leur destin sous les yeux des dieux, un seul survivant, un seul vaincu… ou un seul vainqueur sacrifié, selon les versions. Pendant longtemps, cette image a semblé plausible, tant le jeu avait une dimension sacrée : il représentait la lutte cosmique entre lumière et ténèbres, vie et mort. Et les Mayas pratiquaient effectivement parfois des sacrifices humains, ce qui renforçait la crédibilité de ce scénario dans l’opinion moderne.Mais tout change lorsqu’on se tourne vers l’archéologie et l’épigraphie mayas. Les inscriptions, les études iconographiques, les textes retrouvés au fil du XXᵉ et XXIᵉ siècle, racontent une histoire beaucoup plus nuancée — et très différente de la version populaire.Alors, les joueurs étaient-ils sacrifiés ?La réponse est non.Les spécialistes sont unanimes : les joueurs de balle n’étaient pas systématiquement sacrifiés, et aucune source fiable n’affirme que le capitaine de l’équipe victorieuse devait mourir. Les rares scènes de décapitation ne décrivent pas un match réel, mais une symbolique cosmologique. Quant aux sacrifices associés au jeu, ils concernaient, dans certains rituels très particuliers, des prisonniers de guerre, non des athlètes.En réalité, le seul risque réel pour les joueurs était… la violence de la balle elle-même, pouvant peser plus de trois kilos.Ainsi, le grand mythe du vainqueur sacrifié appartient davantage à la légende moderne qu’à l’histoire maya. La vérité, révélée seulement dans le dernier tiers de ce récit, est beaucoup moins sanglante — mais tout aussi passionnante. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Nov 26, 2025 • 3min
Que révèle vraiment la dernière analyse ADN d’Hitler ?
Quatre-vingts ans après sa mort, Adolf Hitler continue de fasciner et d’intriguer. Lorsque le dictateur se suicide dans son bunker de Berlin en avril 1945, ses proches incendient et enterrent à la hâte son corps, suivant ses instructions pour empêcher qu’il ne tombe entre les mains de ses ennemis. Pourtant, malgré ces précautions, des traces biologiques ont survécu. Et aujourd’hui, une unique empreinte génétique semble lever un coin du voile sur l’homme derrière le mythe noir.Un documentaire britannique diffusé en 2025, Hitler’s DNA: Blueprint of a Dictator, relate le travail de chercheurs qui, depuis 2018, analysent un fragment de sang retrouvé sur un morceau de tissu provenant du bunker. Grâce à des comparaisons génétiques avec des parents éloignés du Führer, les biologistes confirment que l’échantillon provient bien d’Hitler. Ce matériel exceptionnel leur a permis d’étudier certains traits biologiques entourés de rumeurs depuis des décennies.La première découverte porte sur une anomalie génétique touchant les gènes responsables du développement sexuel. L’absence d’un marqueur spécifique semble compatible avec le syndrome de Kallmann, une affection rare provoquant un retard ou une absence de descente des testicules. Un document médical de 1923, exhumé en 2015, évoquait déjà un testicule non descendu chez Hitler. Cette hypothèse, longtemps prêtée à la simple propagande, se trouve donc confortée par la génétique. Le syndrome est aussi associé à une libido très faible, un trait évoqué dans plusieurs témoignages contemporains.En revanche, une autre rumeur tenace est clairement infirmée : celle d’un prétendu ascendant juif. Les chercheurs n’ont retrouvé aucun marqueur génétique associé aux populations juives ashkénazes ou séfarades. Cette idée, brandie à la fois par la propagande antisémite et par certains biographes, semble donc relever du fantasme.Les scientifiques se sont également aventurés sur un terrain plus délicat : les prédispositions comportementales. L’analyse du génome suggère des marqueurs associés à une tendance aux comportements antisociaux, à l’impulsivité, voire à un trouble de l’attention ou à certains traits autistiques. Mais les spécialistes sont unanimes : la génétique ne suffit pas à expliquer Hitler. Comme le rappelle l’historien Alex J. Kay, ce type d’interprétation doit rester prudent : beaucoup de personnes partagent ces marqueurs sans jamais commettre de violences. De plus, Hitler a grandi dans un environnement familial marqué par les abus et l’autoritarisme, éléments déterminants dans la construction de sa personnalité.Enfin, réduire la naissance du nazisme à un seul génome serait trompeur. Hitler n’a pas agi seul. Il a bénéficié du soutien actif ou passif de millions d’Allemands, dont la grande majorité ne présentait aucun des traits génétiques identifiés par les chercheurs. L’ADN peut éclairer certaines zones d’ombre, mais il ne remplace ni l’histoire, ni la responsabilité collective. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Nov 25, 2025 • 3min
Quelle femme philosophe aurait fortement influencé Pythagore ?
Quand on évoque Pythagore, on pense immédiatement au théorème, aux nombres sacrés ou encore à l’école fermée de Crotone. On imagine rarement qu’une femme philosophe pourrait avoir joué un rôle central dans sa formation. Pourtant, plusieurs sources anciennes attribuent une grande partie de son enseignement à une prêtresse et penseuse : Thémistocléa, parfois appelée Aristocléa.Cette figure mystérieuse apparaît dans les écrits de Diogène Laërce, un auteur du IIIᵉ siècle après J.-C., qui rapporte que Pythagore aurait reçu d’elle « les préceptes de la sagesse ». Elle était prêtresse du temple d’Apollon à Delphes, l’un des centres religieux les plus importants de la Grèce antique. En tant que pithie enseignante, elle aurait transmis au jeune Pythagore des principes moraux, spirituels et rituels qui influenceront profondément sa doctrine.Mais qui était réellement Thémistocléa ?À Delphes, les prêtresses ne se contentaient pas de prophétiser : elles étaient gardiennes de la tradition, expertes en rites sacrés, en cosmologie, et parfois même en arithmologie (la symbolique des nombres). Thémistocléa aurait été l’une de ces figures savantes, formée aux secrets religieux et philosophiques d’Apollon, dieu de l’harmonie, de la mesure et de la connaissance – trois notions qui deviendront centrales dans la pensée pythagoricienne.Ce lien éclaircit de nombreux aspects du pythagorisme. Pythagore ne se présente pas comme un simple mathématicien : il était aussi maître spirituel, réformateur moral, végétarien convaincu, adepte de la purification par les rites. Les règles très strictes imposées à ses disciples – silence, ascèse, mise en commun des biens, respect absolu de l’ordre cosmique – portent la marque d’une inspiration religieuse delphique, que Thémistocléa aurait façonnée.Certains historiens estiment même que la place capitale accordée aux nombres chez Pythagore pourrait venir de l’enseignement symbolique des prêtresses de Delphes, où les nombres structuraient déjà les rites, les cycles et les hymnes. Autrement dit, les fondations mystiques de la pensée pythagoricienne auraient été posées par une femme.Pourquoi son nom est-il si peu connu ?Parce que les sources antiques sont rares, fragmentaires, et souvent écrites bien après les faits. De plus, l’histoire de la philosophie a longtemps invisibilisé les femmes, même lorsqu’elles ont joué un rôle déterminant dans la transmission du savoir.Aujourd’hui, Thémistocléa retrouve peu à peu sa place. Non seulement comme une prêtresse influente de Delphes, mais comme la première maîtresse de Pythagore, celle qui a donné une orientation spirituelle et morale à l’une des écoles philosophiques les plus influentes du monde grec.Elle rappelle aussi une vérité essentielle : derrière les grands noms masculins de l’Antiquité, il y a souvent des inspiratrices dont l’histoire n’a retenu que la trace affaiblie. Thémistocléa est l’une d’elles – et peut-être la plus décisive. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Nov 24, 2025 • 3min
Quelle fut la toute première ligne de chemin de fer ?
Le 27 septembre 1825 marque un tournant décisif dans l’histoire moderne. Ce jour-là, sous les applaudissements d’une foule enthousiaste, une locomotive à vapeur nommée Locomotion No. 1, construite par l’ingénieur visionnaire George Stephenson, embarque environ 600 passagers et s’élance entre Stockton et Darlington, dans le nord de l’Angleterre. C’est l’inauguration de la toute première ligne de chemin de fer au monde ouverte au transport de passagers et de marchandises, une innovation qui allait transformer durablement l’économie, la société et même la perception du temps et de l’espace.Avant 1825, des rails existaient déjà, mais ils étaient en bois ou en fonte, utilisés pour tirer des wagonnets par des chevaux, essentiellement dans les mines. L’idée d’y faire circuler une locomotive à vapeur tractant des voyageurs relevait de la science-fiction. La ligne Stockton–Darlington change tout : elle combine rails en fer, locomotive à vapeur et transport public, donnant naissance à une véritable révolution industrielle.Pourquoi cette ligne est-elle née dans cette région ? Parce que le nord-est de l’Angleterre était alors un bassin charbonnier essentiel. Transporter rapidement et à moindre coût le charbon vers le port de Stockton représentait un enjeu économique colossal. Les investisseurs espéraient que la vapeur, plus régulière et plus puissante que les chevaux, réduirait drastiquement les frais et augmenterait les volumes transportés. Ils ne s’attendaient pas à déclencher une mutation mondiale.Le jour de l’inauguration, la locomotive tire un convoi de wagons de charbon, mais aussi des wagons ouverts accueillant des centaines de curieux : une sorte de première « excursion ferroviaire ». Le train atteint une vitesse impressionnante pour l’époque, environ 24 km/h, un rythme jugé presque effrayant par certains témoins. Plusieurs passagers affirment avoir la sensation que « le monde recule ». Une ère nouvelle s’ouvre.L’impact de cette ligne pionnière est gigantesque. En quelques années, le modèle de Stephenson est adopté dans toute la Grande-Bretagne, puis en Europe, aux États-Unis et jusqu’en Asie. Le train accélère le commerce, facilite la mobilité des populations, crée des villes nouvelles, uniformise les horaires nationaux et bouleverse profondément les économies agricoles et industrielles. En 1850, le monde compte déjà plus de 37 000 kilomètres de rails.La ligne Stockton–Darlington n’était qu’un tracé de 40 kilomètres, mais elle a inauguré l’une des plus grandes révolutions de transport de l’histoire humaine. En quelques décennies, elle a fait passer l’humanité du rythme lent des chevaux à celui, fulgurant, de la machine à vapeur. Et elle a ouvert la voie à tout ce que nous appelons aujourd’hui la modernité. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Nov 23, 2025 • 2min
Pourquoi Mussolini a-t-il voulu redresser la tour de Pise ?
L’idée peut sembler absurde aujourd’hui : dans les années 1930, Benito Mussolini ordonne de redresser la tour de Pise. Oui, cette tour mondialement célèbre justement parce qu’elle penche depuis le Moyen Âge. Pourtant, pour le dictateur fasciste, ce geste n’avait rien d’anecdotique : il relevait de sa vision politique, idéologique et propagandiste de l’Italie.Pour comprendre cette décision, il faut d’abord se rappeler que Mussolini voulait bâtir une image d’une Italie forte, moderne et disciplinée, coupée des faiblesses supposées du passé. Dans cette logique, tout ce qui semblait imparfait, fragile ou « dégénéré » devait être corrigé ou éliminé. Pour lui, la tour de Pise, monument mondialement connu, représentait une gêne : sa position inclinée passait pour un symbole de déséquilibre, presque de décadence. Il fallait donc, selon Mussolini, la remettre dans l’axe… pour remettre l’Italie dans l’axe.À cette motivation idéologique s’ajoute la propagande. Le régime fasciste utilisait les grands chantiers comme manifestations spectaculaires de sa puissance. Redresser la tour de Pise aurait constitué un exploit technique, une preuve que l’Italie fasciste pouvait accomplir ce que personne n’avait osé tenter depuis sept siècles. Mussolini espérait ainsi offrir au monde une démonstration éclatante de la supériorité de son régime, à une époque où les dictatures rivalisaient de symboles.En 1934, les travaux commencent. Le plan est simple en théorie : injecter du ciment sous la base de la tour pour stabiliser le sol. Résultat ? Une catastrophe. L’opération aggrave l’inclinaison au lieu de la réduire, fragilisant dangereusement la structure. Les ingénieurs prennent peur : la tour risque littéralement de s’effondrer. On arrête tout, et l’affaire est discrètement mise sous silence.Cet épisode révèle un aspect essentiel du fascisme : la volonté constante de remodeler le réel pour qu’il corresponde à un récit idéologique, quitte à maltraiter l’histoire, la science ou le patrimoine. La tour de Pise, chef-d’œuvre médiéval, n’était pas pour Mussolini un héritage à préserver, mais un instrument de communication. Sa singularité millénaire importait moins que son potentiel propagandiste.Ironie de l’histoire, ce que Mussolini percevait comme un défaut – l’inclinaison – est aujourd’hui la raison même pour laquelle la tour est connue dans le monde entier. Le « problème » que le dictateur voulait effacer est devenu l’un des symboles les plus aimés de l’Italie… un monument qui a survécu, là où son régime, lui, s’est effondré. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Nov 20, 2025 • 3min
Pourquoi un ermite du XVIᵉ siècle fut-il condamné comme loup-garou ?
L’histoire de Gilles Garnier, surnommé le “loup-garou de Dole”, est l’un des procès les plus étranges et terrifiants de la Renaissance. Cet ermite, vivant dans les bois de Saint-Bonnot, près de Dole, dans l’actuelle Franche-Comté, fut accusé en 1573 d’avoir assassiné et dévoré plusieurs enfants. Son procès, mené par le Parlement de Dole, est resté célèbre comme l’un des premiers cas documentés de “lycanthropie judiciaire” — autrement dit, la croyance selon laquelle un homme pouvait réellement se transformer en bête.À l’époque, la région était frappée par la famine. Les habitants vivaient dans la peur des loups et des brigands. Gilles Garnier, un ermite pauvre et marginal, vivait à l’écart avec sa femme, se nourrissant de ce qu’il trouvait dans la forêt. Bientôt, des disparitions d’enfants se multiplièrent : leurs corps, retrouvés mutilés, portaient des marques de morsures. Très vite, la rumeur enfla : un “homme-loup” rôdait.Les villageois organisèrent des battues. Un soir, des témoins affirmèrent avoir vu Garnier sous la forme d’un loup, traînant le corps d’un enfant. Arrêté, il fut torturé — pratique courante à l’époque — et finit par avouer. Selon les procès-verbaux, il raconta qu’un esprit lui serait apparu, lui donnant une pommade magique pour se transformer en loup afin de mieux chasser et nourrir sa femme. Sous l’effet de cette “métamorphose”, il aurait tué plusieurs enfants et consommé leur chair.Le tribunal le déclara coupable de sorcellerie, de lycanthropie et de cannibalisme. Le 18 janvier 1574, Gilles Garnier fut condamné au bûcher. Son exécution publique visait à “purifier” la communauté d’une présence jugée démoniaque. Pour les juges, il n’était pas un simple criminel, mais un homme ayant pactisé avec le diable, symbole vivant du mal.Aujourd’hui, les historiens voient en Gilles Garnier une victime du contexte social et religieux de son époque. Dans une France obsédée par la sorcellerie et les signes du diable, la marginalité suffisait à faire de quelqu’un un monstre. Le “loup-garou de Dole” incarne cette peur collective où la faim, la superstition et la violence judiciaire se mêlaient.Ainsi, ce procès montre comment, au XVIᵉ siècle, la frontière entre l’homme et la bête, le réel et le fantastique, pouvait disparaître — jusqu’à faire condamner un ermite pour avoir, dit-on, porté la peau du loup. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Nov 19, 2025 • 3min
Pourquoi Romulus Augustule incarne-t-il la fin de l’Empire romain ?
Quand on parle de la chute de l’Empire romain, on imagine souvent un effondrement brutal, des barbares envahissant Rome et un empire s’écroulant en une nuit. En réalité, la fin de Rome fut un lent déclin, et son dernier empereur, Romulus Augustule, n’en fut que le symbole, plus que l’acteur.Romulus Augustule – diminutif d’« Auguste » – monta sur le trône en 475 après J.-C., à tout juste 15 ans. Il n’était pas choisi pour sa bravoure ou sa sagesse, mais pour sa commodité. Son père, Oreste, un ancien officier de l’armée romaine, avait renversé l’empereur légitime Julius Nepos et placé son propre fils sur le trône d’Occident. En vérité, Romulus n’était qu’une marionnette politique, un adolescent sans autorité réelle, manipulé par son père dans une cour rongée par les luttes de pouvoir.À cette époque, l’Empire romain d’Occident n’était plus que l’ombre de lui-même. Rome avait perdu son prestige, Ravenne était devenue la capitale, et les véritables maîtres du territoire étaient désormais les chefs barbares installés en Italie. Parmi eux se trouvait Odoacre, un chef germain au service de l’armée romaine. En 476, les troupes, majoritairement composées de mercenaires barbares, se révoltèrent contre Oreste, réclamant des terres en Italie. Devant son refus, elles se rangèrent derrière Odoacre. Oreste fut capturé et exécuté, et Odoacre marcha sur Ravenne.Plutôt que de faire exécuter le jeune empereur, Odoacre décida de l’épargner. Il le déposa du trône, lui fit remettre les insignes impériaux à l’empereur d’Orient, Zénon, et lui accorda une pension confortable. Ce geste, presque anodin, marqua pourtant un tournant majeur : c’est la fin officielle de l’Empire romain d’Occident, traditionnellement datée de 476 après J.-C.Romulus Augustule disparut ensuite de l’histoire. On ignore ce qu’il devint – certains affirment qu’il vécut paisiblement en Campanie, d’autres qu’il mourut jeune. Mais son nom lui-même, Romulus (le fondateur de Rome) et Augustule (le petit Auguste), semble avoir été une ironie du destin : le premier et le dernier empereur de Rome réunis dans un même nom.Son règne marqua la fin d’un monde vieux de plus d’un millénaire. Après lui, Rome ne fut plus jamais un empire dirigé depuis l’Italie, mais une mémoire, un héritage que les rois et les papes tenteront sans cesse de ressusciter. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.


