

Le Nouvel Esprit Public
Philippe Meyer
Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr
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Episodes
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Mar 15, 2020 • 7min
Coronavirus, in abstentia / n°132
De l’apparition d’un virus inconnu en Chine à un « Lundi noir » qui a vu les marchés chuter comme jamais depuis fin 2008 : en deux mois, l’épidémie de Covid-19 a mis l’économie mondiale à rude épreuve. L’un des chocs les plus durs vient du pétrole dont les cours ont frôlé lundi les 30 dollars le baril. Le même jour, les marchés boursiers se sont effondrés. Le CAC 40 a perdu 23% en une semaine. Une situation qui pourrait faire perdre au monde jusqu’à 2000 milliards de dollars, selon l’ONU. L’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) a revu à la baisse de 2,9% à 2,4% ses prévisions de croissance mondiale pour 2020. La zone euro est seulement créditée de 0,8% avec une Italie en stagnation. Aux États-Unis, Donald Trump a proposé mardi un vaste plan de relance de 700 milliards de dollars, après avoir tenté de minimiser, à plusieurs reprises, l’impact du coronavirus sur l’économie américaine. Jeudi, il a mis en cause l’Europe, une institution qui, à ses yeux, a « échoué » face au virus et annoncé la fermeture des États-Unis aux voyageurs en provenance de l’espace Schengen, précisant toutefois que cette mesure ne visait pas le Royaume-Uni. En Europe, les Vingt-Sept tentent de coordonner leurs réponses budgétaires. La santé ne relevant pas des compétences de l’Union, la Commission n’a reçu que mardi un mandat spécifique de coordination, permettant à sa présidente, Ursula von der Leyen, d’annoncer que l’Union européenne allait créer un fonds de 25 milliards d’euros destiné aux systèmes de santé, aux PME et au marché du travail. En Italie, le gouvernement a débloqué 25 milliards d’euros et demande à l’Europe davantage de solidarité. En attendant, c’est de Pékin qu’il a reçu des livraisons de matériel sanitaire. Pour sa part, la chancelière Angela Merkel s’est dit prête à revenir sur la sacro-sainte règle du zéro déficit public pour faire face à l’épidémie. Épidémie devenue mercredi pandémie, selon l’Organisation mondiale de la santé. En France, Bercy évoque un coût « de plusieurs dixièmes de points » de croissance en 2020. Le Président Macron se prépare à une crise longue qui va mobiliser l’ensemble des moyens de l’Etat. Lors de son allocution de jeudi, il a annoncé notamment le maintien des élections municipales, la fermeture de tous les établissements scolaires et décliné une série de mesures en faveur des entreprises et des salariés, assurant « nous ne laisserons pas une crise économique et financière se propager […] nous réagirons fort et vite, quoiqu’il en coûte ».
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Mar 11, 2020 • 28min
Bada #21: Les Syriens entre le marteau et l'enclume / 49:3 : la fièvre monte
Les questions du public, enregistrées à l’Ecole alsacienne le 8 mars 2020, avec Philippe Meyer, Jean-Louis Bourlanges, Matthias Fekl, Béatrice Giblin et Lionel Zinsou.
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Mar 8, 2020 • 1h 6min
Les Syriens entre le marteau et l'enclume / 49:3: la fièvre monte / n°131
LES SYRIENS ENTRE LE MARTEAU ET L’ENCLUME Le 27 février, des bombes russes ont tué au moins 33 soldats turcs à Idlib, dans le nord-ouest de la Syrie, marquant une escalade dans les combats qui opposent depuis 2016 la rébellion syrienne soutenue par la Turquie aux forces loyalistes de Bachar Al-Assad appuyées par l’aviation russe. Le président turc Recep Tayyip Erdogan s’est tourné vers ses alliés occidentaux, alternant appels à l’aide et menaces. Le Conseil de l’Alliance atlantique s’est contenté d’exprimer « ses sincères condoléances » à la Turquie et les alliés ont critiqué le cavalier seul d’Ankara et son offensive en Syrie. L’Otan avait été mise devant le fait accompli lorsqu’Ankara avait visé les milices kurdes en Syrie, celles qui ont combattu avec les Occidentaux les groupes jihadistes au Levant. En annonçant, le 27 février, l’ouverture de sa frontière occidentale avec la Grèce, Ankara a non seulement donné implicitement le signal de la ruée vers l’Europe aux 3,6 millions de réfugiés du conflit syrien déjà présents en Turquie, mais brandi la menace d’en faire éventuellement de même pour les 900 000 personnes qui, fuyant Idlib, se massent aux abords de la frontière turque. Un exode que l’ONU qualifie de plus grand drame humanitaire du moment. Ces menaces n’ont pas abouti à ranger l’Union Européenne aux côtés de la Turquie dans son affrontement avec la Russie, et l’installation à Idlib d’une division mécanisée turque n’a pas fait plier Vladimir Poutine. Les deux présidents se sont rencontrés à Moscou et ont, selon les termes de Vladimir Poutine, pris des décisions conjointes qui devraient aider à mettre un terme aux combats, tandis que Recep Tayyip Erdogan affirmait que son pays riposterait «de toutes ses forces » à toute attaque du régime syrien. En 2016 la Turquie s’était engagée à héberger les réfugiés en échange d’une aide européenne de six milliards d’euros (dont un peu plus de la moitié a été versée). La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, s’est rendue le 3 mars en Grèce à la frontière terrestre avec la Turquie. Elle promet 700 millions d’euros à Athènes pour que la Grèce maîtrise ses frontières. Le haut représentant de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Josep Borell a promis à Ankara une aide d’urgence de 170 millions d’euros pour faire face à la situation humanitaire. Les dirigeants russe et turc sont convenus de mettre en place un « corridorde sécurité » de six kilomètres de part et d’autre de l’axe stratégique traversant la région d’Idlib, et de mener à partir du 15 mars des patrouilles conjointes. Russes et Turcs ont aussi assuré qu’ils feraient en sorte que l’aide humanitaire parvienne aux personnes déplacées.***49.3, LA FIÈVRE MONTE Samedi 29 février au soir, le Premier ministre Edouard Philippe a annoncé à l’Assemblée nationale qu’il recourrait à l’article 49.3 pour adopter la réforme des retraites. Une décision formellement actée le matin à l’occasion d’un Conseil des ministres convoqué sur le coronavirus. Gauche et droite ont dénoncéce recours au 49.3 : « Coup de force du gouvernement » pour le communiste Fabien Roussel, « pulsions totalitaires » d’Emmanuel Macron pour le chef des Insoumis Jean-Luc Mélenchon, « pire des solutions », pour l’Ecologiste Yannick Jadot, « cynisme le plus total » pour le patron des députés Les Républicains Damien Abad. L’opposition a déposé deux motions de censure, la première par Les Républicains, la seconde par le Parti socialiste, le Parti communiste et La France insoumise. Motions rejetées dans la nuit de mardi à mercredi. A peine le recours au 49.3 annoncé samedi soir, des rassemblements militants se sont organisés, à Paris devant le Palais Bourbon, et dans plusieurs grandes villes de province. En signe de protestation deux députés macronistesont claqué la porte et un sénateur a également annoncé qu’il abandonnait La République en Marche. Les syndicats opposant à la réforme ont appelé à de nouvellesmobilisations. Mardi quelques milliers de personnes ont défilé à Paris (20 000 selon les syndicats) contre le gouvernement, comme à Lille, Rennes, Marseille, Bordeaux ou Dijon. Pour le constitutionnaliste Dominique Rousseau, le 49.3 « ne tue pas le débat, mais l’obstruction » : 41 000 amendements ont été déposés, en grande partie par La France insoumise. Après 115 heures d’une discussion quasiment non-stop jour et nuit, les députés étaient seulement parvenus à la lecture de l’article 8 du projet de loi qui en compte 65. Plus de 29 000 amendements restaient à examiner. Depuis 1958, l’article 49.3 de la Constitution a été utilisé 89 fois : 56 fois par la gauche, 32 fois par la droite et une fois sous Emmanuel Macron. Avec un record de 28 recours par Michel Rocard. Plusieurs textes symboliques comme l’arme nucléaire, la CSG, la loi Savary ont ainsi été adoptés. Le projet de loi sera présenté dans les prochaines semaines au Sénat, où des débats auront lieu puisque le 49.3 n’y est pas applicable. Il reviendra à l’Assemblée en seconde lecture. Le gouvernement aura alors le choix de laisser les députés débattre ou, une nouvelle fois, de passer en force. A l’issue, le textesera transmis au Conseil constitutionnel.
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Mar 1, 2020 • 1h 3min
Thématique : l’Algérie, un an plus tard / n°130
L’ALGÉRIE, UN AN PLUS TARD… Il y a un an, le vendredi 22 février 2019, les Algériens se soulèvaientpacifiquement contre la perspective d’un cinquième mandat du président Abdelaziz Bouteflika, au pouvoir depuis 20 ans, affaibli par un accident vasculaire-cérébral survenu en 2013. Avec le « Hirak », nom de ce mouvement populaire, l’Algérie entrait en protestation. Des femmes, des familles y participent massivement impulsant un caractère pacifique aux manifestations. Le 11 mars, le Président Bouteflika annonce qu’il ne se représentera pas etfinit par démissionner le 2 avril. Dans les mois qui suivent, un bras de fer oppose les manifestants à l’homme fort du régime, le général Ahmed GaïdSalah, chef d’état-major depuis 2004 d’une armée qui est un acteur social et économique doté d’importantes ressources financières : son budget s’élève à 12 milliards de dollars, soit 25% du budget de l’État. Des élections présidentielles se déroulent le 12 décembre 2019, sur fond d’abstention massives (60%). Elles portent au pouvoir Abdelmadjid Tebboune. Le 23 décembre, son principal soutien, le général Ahmed Gaïd Salah décède brutalement. Durant cette année, des ministres, de hauts responsables, des hommes d’affaires, mais aussi des officiers supérieurs, hier tout-puissants, sont envoyés en prison ou sont écartés. Mais les exigences populaires, qu’il s’agisse de la mise en place d’un gouvernement composé de personnalités indépendantes ou la remise à plat des institutions avec, éventuellement, l’élection d’une Assemblée constituante, demeurent insatisfaites. Aujourd’hui, sur 42 millions d’Algériens, les trois quarts habitent en ville, 30% ont moins de 15 ans et 45% moins de 25 ans. La jeunesse n’a pas connu la décennie noire de la guerre civile des années 90. Dix-sept millions d’Algériens sont connectés chaque jour sur les réseaux sociaux, qui ont joué un rôle essentiel dans la mobilisation. Leurs slogans : « 1962 territoire libéré – 2019 peuple libéré », « qu’ils dégagent tous », « tous des voleurs », « État civil, non militaire ». Actuellement, 1.300 personnes restent visées par des enquêtes judiciaires et 140 sont toujours emprisonnées selon le Comité national pour la libération des détenus. Plusieurs scrutins à venir – référendum sur la Constitution, élections législatives et municipales anticipées – marqueront l’évolution du rapport de force entre la rue et le régime en place à Alger. En attendant, les manifestations se poursuivent.
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Feb 23, 2020 • 1h 5min
Sexe mensonges et vidéotape / Les désaccords de Munich / n°129
SEXE MENSONGES ET VIDÉOTAPE Le 14 février, le candidat de la République en marche pour les élections municipales à Paris, Benjamin Grivaux jette l’éponge, après la diffusion sur le web de deux vidéos privées à caractère sexuel. Le 16, la ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn quitte le gouvernement pour le remplacer. L’opposition accuse le Président de la République de faire primer la conquête de Paris sur la bonne marche du pays, au moment où la planète fait face à une épidémie de coronavirus aux conséquences incertaines tandis que la France est confrontée à la crise de l’hôpital et à la réforme des retraites. La bataille des municipales à Paris va voir s’affronter trois femmes : la maire PS sortante, Anne Hidalgo, la maire du 7e arrondissement Rachida Dati pour Les Républicains et désormais Agnès Buzyn pour la République en marche. La classe politique a unanimement condamné la diffusion des vidéos et mis en garde contre les dangers que cette séquence recelait pour la démocratie. D’Anne Hidalgo à Jean-Luc Mélenchon, en passant par le dissident ex-LRM Cédric Villani, tous ont critiqué les méthodes « indignes » de ceux qui ont publié et participé à la propagation de ces contenus et appelé au « respect de la vie privé ». Pour le président les Républicains du Sénat, Gérard Larcher, « il est grand temps de réguler les torrents de boue qui se déversent sur les réseaux sociaux ». La diffusion des images doit « évidemment être poursuivie », a insisté le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, en référence au délit de pornodivulgation, passible de deux ans de prison et de 60 000 euros d’amende. Piotr Pavlenski performeur russe réfugié politique en France et Alexandra de Taddeo, destinataire de la vidéo tournée par Benjamin Griveaux et aujourd’hui proche de l’activiste russe ont été mis en examen pour "atteinte à l'intimité de la vie privée" et "diffusion sans l'accord de la personne d'un enregistrement portant sur des paroles ou images à caractère sexuel et obtenues avec son consentement ou par elle-même".***LES DÉSACCORDS DE MUNICH Souvent décrite comme « le Davos de la Défense », la 56e conférence de Munich sur la sécurité a réuni chefs d’Etat et diplomates du 14 au 16 avril, sur lethème de « Westlessness » comprendre « la fin ou la disparition de l’Occident », qui résumait bien l’état d’esprit d’une grande partie des participants. Dans le contexte d’une relation transatlantique dégradée, et alors que les Britanniques étaient absents cette année, deux semaines après le Brexit, plusieurs dirigeants européens en ont profité pour appeler à un sursaut européen. En ouverture, le président de la République fédérale, Frank-Walter Steinmeir, a répondu positivement à l’appel du chef de l’Etat français, lancé au début du mois lors d’un discours à l’École de guerre, appel en faveur d’« un dialogue stratégique avec nos partenaires européens qui y sont prêts sur le rôle de la dissuasion nucléaire française dans notre sécurité collective ». Estimant qu’« il y a un affaiblissement de l’Occident, et une politique américaine qui est celle du repli relatif, en tout cas qui reconsidère sa relation avec l’Europe », Emmanuel Macron a exhorté les Allemands à « aller plus vite et plus fort » pour relancer « l’aventure européenne ». Il a soutenu que l’Europe doit réengager un « dialogue avec la Russie » sur les conflits gelés, le cyberespace et la maîtrise des armements, et il a indiqué : « Je ne suis pas pro-russe, je ne suis pas antirusse, je suis pro-européen ». Le secrétaire d’État américain, Mike Pompeo s’est montré optimiste sur le destin de l’Occident, affirmant « l’Ouest gagne et nous gagnons ensemble ». La Chine a concentré le flot de critiques américaines. Mike Pompeo a accusé la firme chinoise Huawei, qui a pour ambition de développer en Europe la 5G,d’agir comme « un cheval de Troie pour le renseignement chinois ». Le Royaume-Uni a ouvert un accès limité à Huawei et plusieurs pays européens semblent prêts à adopter la même position que Londres. Le secrétaire américain à la Défense, Mark Esper s’est même fait menaçant, laissant entendre que les divergences transatlantiques sur Huawei risquaient de « compromettre l’Alliance la plus efficace de l’histoire : l’Otan ». Pour le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, « ces accusations américaines sont de purs mensonges basés sur aucun faits ». Le président du parlement allemand, Wolfgang Schäuble a déclaré pour sa part : « Nous sommes d’accord avec les Américains. Mais la liberté a besoin de diversité. Nous ne voulons dépendre ni de Shenzhen, sous contrôle de l’Étatchinois, ni de la Silicon Valley. L’Europe doit trouver sa propre voie ».
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Feb 16, 2020 • 1h 1min
Thématique : comprendre la Russie, avec Sylvie Bermann / n°128
Comprendre la Russie Pays de 147 millions d’habitants, répartis sur 17 millions de km2, la Russie est gouvernée depuis vingt ans par Vladimir Poutine. En 2024, l’ancien officier du KGB remettra en principe les clés du pouvoir puisque la Constitution l’empêche de briguer un troisième mandat consécutif. Le 15 janvier, il a annoncé des changements constitutionnels significatifs, qui feront bientôt l’objet d’un référendum. Les pouvoirs de la Douma, l’assemblée, seront accrus, tandis que ceux du président seront diminués. Le Premier ministre Medvedev a été prié de remettre la démission de son gouvernement. Un nouveau Premier ministre a été désigné en la personne de Mikhaïl Michoustine. S’appuyant sur les forces de sécurité dont il est issu, Poutine est parvenu à marginaliser toute réelle opposition politique. Démocratie autoritaire, la Russie a connu en 2019 des manifestations témoignant d’un réveil de la société civile. Ses revendications ont été parfois écoutées, le plus souvent sévèrement réprimées. Depuis l’annexion de la Crimée par Moscou, en 2014, et la déstabilisation de l’est de l’Ukraine, la Russie est soumise à des sanctions occidentales. Pour sortir de son isolement diplomatique, Poutine a noué un partenariat stratégique avec la Chine. La Russie est intervenue en Syrie en 2015 en soutien au régime de Bachar el Assad. Au-delà du Moyen-Orient, elle tente aussi de regagner en Afrique ses positions abandonnées après la chute de l’URSS. Sa dernière incursion hors de ses frontières, s’opère en Libye. Les sanctions pèsent sur l’économie russe, dont le PIB est équivalent à celui de l’Espagne, a reculé de trois places en cinq ans, au douzième rang mondial. Une économie qui demeure confrontée au défi de la modernisation. Un plan d’investissement de 375 milliards d’euros a été annoncé par le nouveau gouvernement pour moderniser d’ici 2024 le pays. L’objectif est de réduire de moitié la pauvreté, dans un pays qui détient le record des inégalités : 1% de la population accapare 60% de la richesse nationale. A cela s’ajoute le recul démographique. Selon l’ONU, la Russie pourrait perdre 20 millions d’habitants à l’horizon 2050. Pour ne rien arranger, un récent sondage indique que 53% des jeunes âgés de 18 à 24 ans souhaitent quitter définitivement le pays. Critique de l’Europe qu’il juge moralement décadente, antichrétienne, rongée par une immigration islamiste, et diplomatiquement soumise à l’Amérique, Vladimir Poutine a cependant été invité, dès le mois de mai 2017 à Versailles en grande pompe par le président Macron, afin de donner unenouvelle perspective aux relations franco-russes.
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Feb 9, 2020 • 1h 5min
La Macronie bat la campagne ; L’Orient de l’Europe / n°127
LA MACRONIE BAT LA CAMPAGNE Depuis quelques jours, la macronie multiplie les bévues. Florilège : le Conseil d’Etat a étrillé le fin janvier les textes sur les retraites avant de retoquer la circulaire Castaner sur l’étiquetage politique aux municipales. Le président de la République a posé avec un t-shirt contre les violences policières, provoquant la colère des syndicats policiers. Dans l’avion qui le ramenait le 23 janvier de Jérusalem, Emmanuel Macron a évoqué sa politique mémorielle, affirmant que la guerre d’Algérie pourrait avoir « à peu près le même statut que celui qu’avait la Shoah pour Chirac en 1995 ». Les réactions indignées ne se sont pas fait attendre et le président a procédé à un rétropédalage, niant avoir fait une équivalence mais seulement un parallèle dans le cadre d’une réflexion sur « les sujets mémoriels dans leur ensemble qui « disent quelque chose de ce que vous voulez faire de votre pays et de votre géopolitique ». Pour avoir insulté l’islam sur son compte Instagram, une lycéenne de 16 ans, Mila est menacée de mort, de viol et d’égorgement. « L’insulte à la religion, c’est évidemment une atteinte à la liberté de conscience, c’est grave » a déclaré la garde des Sceaux, Nicole Belloubet. Or, le délit de blasphème n’existe pas en France. La jurisprudence constante dans l’Hexagone et à la Cour européenne des droits de l’homme fait une distinction : insulter une religion est admis ; insulter les croyants non. Le rejet, jeudi 30 janvier par la majorité La République En Marche, à l’Assemblée, d’une proposition de loi du groupe UDI-Agir qui visait à instaurer un congé de deuil de douze jours plutôt que cinq pour le décès d’un enfant, a provoqué un tollé dans les rangs de l’opposition et une vive agitation dans la majorité. C’est finalement l’Elysée qui est intervenu en faisant fuiter qu’Emmanuel Macron avait demandé au gouvernement « de faire preuve d’humanité ». Depuis le début du quinquennat, près d’une vingtaine de députés ont rompu avec le groupe En marche à l’Assemblée.*** L’ORIENT DE L’EUROPE L’historien britannique Ian Kershaw s’inquiète de la sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne, à l’heure où « la montée d’un national populisme dans tous les pays membres menace les fondements de la démocratie ». Il déplore « le retour de certaines formes de nationalisme, de xénophobie, de racisme et de tentations protectionnistes qui vont à l’encontre du projet européen tel qu’il s’est construit après la seconde guerre mondiale ». Le 16 janvier, le Parlement européen a voté, à une large majorité, une résolution dénonçant la détérioration de l’état de droit en Pologne et en Hongrie. Le lendemain, le président polonais, Andrzej Duda, candidat, en mai, au nom du parti Droit et Justice (PiS) au pouvoir a lancé : « Ils ne vont pas nous dicter ici, en langues étrangères, quel régime nous devons avoir en Pologne et comment doivent être conduites les affaires polonaises ». En visite en Pologne les 3 et 4 février, le Président Macron a laissé de côtéles sujets de discorde entre les deux pays : travailleurs détachés, Otan, état de droit, Russie…, pour effectuer un rapprochement après des années de tensions.La France a besoin de la Pologne alors que le moteur franco-allemand est affaibli et que le Brexit a privé la France d’un partenaire géopolitique et militaire important. Le départ de l’allié britannique et l’éloignement des États-Unis forcent aussi la Pologne à revoir son approche et à considérer la France, rempart de l’islamisme en Afrique, comme un facteur clé de sécurité. La Hongrie de Viktor Orban a dû répondre de graves entorses à l’état de droit, notamment d’entraves à la liberté de la presse et à l’indépendance de la justice. Après la suspension de son parti le Fidesz par le Parti populaire européen le Premier ministre hongrois a fait mine de quitter de lui-même cette formation, avant de préférer multiplier les contacts pour éviter l’isolement et trouver, peut-être, une autre famille européenne. Il sait que la transformation de la suspension du Fidesz en exclusion est bloquée par les droites françaises, espagnoles, italiennes, slovènes et par les conservateurs de la CSU bavaroise. Il se garde de provoquer l’Union européenne dont les fonds de cohésion lui sont indispensables. Il s’affiche avec Matteo Salvini, Giorgia Meloni du mouvement souverainiste et anti-immigration Fratelli d’Italia et Marion Maréchal. En politique étrangère, il renforce ses liens avec la Chine, la Russie et Boris Johnson.
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Feb 5, 2020 • 22min
Bada # 20: Paris, les municipales en folie / Coronavirus : les pharmacies n'ont plus de masques
Les questions du public.
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Feb 2, 2020 • 1h 5min
Paris, les municipales en folie / Coronavirus : les pharmacies n'ont plus de masques / n°126
Six semaines avant les élections municipales qui se tiendront en France les 15 et 22 mars prochains, un sondage Odoxa pour CGI et Le Figaro, rendupublic le 26 janvier, confirme la tendance observée à Paris une semaine plus tôt, d’un duel entre la maire sortante, Anne Hidalgo, et la candidate Les Républicains, Rachida Dati. Créditée de 23% d’intentions de vote au premier tour, la socialiste fait, à ce stade, la course en tête. Mais elle est talonnée parl’ancienne ministre de Nicolas Sarkozy à qui les sondages accordent 20% des voix. Le macroniste Benjamin Griveaux stagne en troisième position, avec 16%, ce qui lui permet quand même de creuser l’écart avec le dissident Cédric Villani à 10% ; mais ce qui l’expose e à la poussée des écologistes, dont le candidat David Belliard qui atteint 14,5%. Après sa rencontre à l’Elysée le 26 janvier avec le président Macron,Cédric Villani a annoncé qu’il maintenait sa candidature actant une « divergence » avec le Président. Il a notamment déclaré qu’« entre l’appartenance à un appareil politique et l’engagement pour la ville qui m’a fait, je choisis de rester fidèle aux Parisiennes et aux Parisiens ». Cédric Villani a été exclu de La République En Marche le 29 janvier. Sa candidature reste un souci pour Benjamin Griveaux, qui souffre toujours, en outre, d’une stratégie difficilement lisible. A Paris, comme à Lyon et Marseille, les municipales ne suivent pas les mêmes règles que dans les autres communes françaises. Comme pour le président américain, le ou la maire y est désigné(e) par des grands électeurs, élus eux-mêmes dans le cadre de différents secteurs géographiques, et non au sein d’une circonscription unique, la commune, comme c’est le cas ailleurs. Depuis la loi Defferre du 13 décembre 1982, Paris est découpé en secteurs électoraux, qui correspondaient, jusqu’à présent, aux vingt arrondissements. A partir de cette année, les quatre premiers arrondissements ne forment plus qu’un secteur, appelé « Centre ». Les 15 et 22 mars, il n’y aura donc pas une élection parisienne, mais dix-sept. Au soir du deuxième tour, les noms des 527 nouveaux élus parisiens seront connus : 364 d’entre eux ne siègeront que dans les arrondissements tandis que 163 ajouteront à ce mandat celui de conseiller deParis et éliront le ou la maire. Dans les trois plus grandes villes de France, l’élection municipale est une élection à trois tours, qui favorisent les marchandages d’appareils et peut donc réserver des surprises.*** Parti en décembre 2019 du marché de Wuhan, en Chine, le 2019-nCov, pour « nouveau coronavirus 2019 », s’est propagé en Asie, en Europe et aux Etats-Unis. Le 30 janvier, à Genève, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a procédé, en dépit des pressions de Pékin, à une « déclaration d’urgence internationale ». Une urgence déclarée par le passé pour endiguer Ebola en Afrique de l’Ouest. Les 56 millions d’habitants de la province de Hebei où est situé Wuhan sont en quarantaine. Alors qu’en Chine, le bilan de l’épidémie de coronavirus s’est alourdi aujourd’hui à 300 morts et 14.300 patients contaminés, des pays d’Asie et les Etats-Unis, commencent à fermer leurs frontières aux voyageurs en provenance de Chine. Plus d’une quinzaine de compagnies aériennes, dont Air France, British Airways et Lufthansa, ont déjà interrompu leurs liaisons vers le pays. Les Français rapatriés de Wuhan doivent être mis à l’isolement pour une période de quatorze jours. En France, six cas d’infection ont été détecté à ce jour. Les autorités sanitaires sont mobilisées, toutefois, le docteur Christophe Rapp, infectiologue à l’hôpital américain à Paris, est plus inquiet des dégâts causés par la grippe, à l’origine de 650 000 décès chaque année dans le monde, dont plusieurs milliers en France. Délégué général de Résilience France, Yves Bourdillon juge pour sa part que « le risque d’une épidémie majeure de coronavirus en Europe reste faible […] sous réserve que le virus ne mute pas ». Pour Jacques Attali, même si l’épidémie parvient à être enrayée rapidement, les conséquences seront beaucoup plus importantes que lors du dernier épisode de ce genre, celui du SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) de 2003. Non seulement économiquement, mais aussi politiquement. Selon lui « le régime chinois peut y perdre sa crédibilité, comme le régime soviétique perdit la sienne avec la catastrophe de Tchernobyl, démontrant, une fois de plus, que, contrairement au consensus actuel, une dictature ne peut devenir durablement une superpuissance mondiale ». En attendant, tandis que des Asiatiques font l’objet en France d’insultes ou de propos blessants, l’institut Pasteur promet un vaccin pour dans 20 mois.
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Jan 26, 2020 • 1h 7min
La Libye au défi de la paix civile / L’ensauvagement des luttes sociales / n°125
Le sommet de Berlin qui a réuni le 19 janvier des délégations de onze Etats et de quatre organisations internationales (Nations unies, Union européenne, Ligue arabe et Union africaine) concernées par voire engagées dans le chaos libyen, a marqué l’affirmation de l’Allemagne en tant que puissance diplomatique. Le sommet s’est conclu par l’adoption d’une déclaration commune appelant notamment à un « cessez-le-feu » permanent en Libye, à « s’abstenir de toute ingérence dans le conflit armé », à respecter l’embargo en vigueur sur les livraisons d’armes, à répartir équitablement les revenus pétrolierset à relancer le « processus politique » brisé par l’attaque de Tripoli, en avril 2019, par le maréchal dissident Khalifa Haftar. Un « comité militaire mixte » - composé de cinq membres nommés par le Gouvernement d’accord national de Farez Sarraj et de cinq autres désignés par Haftar est appelé à se mettre en place. Cette entité devra fixer les modalités pratiques de l’hypothétique cessez-le-feu, et notamment le mécanisme de surveillance. Le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guteres a annoncé que ce comité devrait se réunir prochainement à Genève. Les combats opposent depuis neuf mois le Gouvernement d’accord national de Farez Sarraj à l’Armée nationale libyenne du maréchal Haftar. Sarraj, reconnu internationalement, qui contrôle la capitale Tripoli et l’ouest du pays (la Tripolitaine). Fin décembre, le président turc Erdogan a annoncé une intervention militaire de la Turquie en Libye pour soutenir le gouvernement Sarraj. De son côté, Haftar bénéficie du soutien de la Russie qui lui fournit armes et mercenaires, ainsi que de l’appui de l’Egypte, de l’Arabie saoudite et des Emirats arabes unis. Il règne sur l’est du pays (Benghazi et la Cyrénaïque), et en particulier sur les ports pétroliers. L’Europe, proche des côtes libyennes, est la première concernée par le chaos d’un pays où combattent désormais des islamistes venus de Syrie et où vivent 700 000 migrants subsahariens, dont une partie rêve de traverser la Méditerranée. Entre le retrait américain de la région et l’irruption de la Turquie et de la Russie, les vingt-sept divisés sont menacés de marginalisation.L’interminable Brexit, la fragilité gouvernementale italienne, les préoccupations économiques allemandes et la position ambiguë de la France - entre soutien officiel à Sarraj et appui en sous-main à Haftar, qui prétend être le seul à pouvoir pacifier le sud Libyen, porte du Sahel pour le terrorisme islamiste que Paris combat – ainsi que les divisions européennes ont empêché la formation d’un front commun européen en Libye où se joue en partie, avec les djihadistes et la pression migratoire, la sécurité du continent.*** Avocats jetant leurs robes à terre, enseignants faisant de même avec leurs manuels scolaires, ballerines du corps de ballet de l’Opéra de Paris dansant un lac des cygnes protestataire sur le parvis du Palais Garnier, retraites aux flambeaux organisées par les syndicats : l’action contre la réforme des retraites arécemment pris de nouvelles formes. Mais depuis le 17 janvier, la contestation s’est traduite de manière moins souriante ; des militants CGT ont forcé l’accèsau siège de la CFDT, favorable au principe d’un système de retraite par points. Les Bouffes du Nord où le président de la République assistait à une représentation de La Mouche ont connu une tentative d’intrusion suivie, après son échec, d’une manifestation improvisée devant le théâtre. Dans la nuit, un départ de feu criminel s’est déclaré à la brasserie La Rotonde, prisée du président Macron. « Nous condamnons toute forme de violence » a déclaré dimanche dernier le numéro un de la CGT, Philippe Martinez dont le syndicat revendique des coupures ciblées d’électricité. Pour le spécialiste de l’histoire des mouvements sociaux Stéphane Sirot, depuis le début du quinquennat d’Emmanuel Macron, « l’ébullition sociale est permanente ». L’historien souligne que « face à un pouvoir politique qui joue le pourrissement, on voit surgir des formes d’intervention plus spontanées, dynamiques, moins contrôlables » qui donc « peuvent déraper, d’autant plusqu’elles ne sont pas encadrées stricto sensu par les syndicats ». Selon lui, « il y a une ‘’gilet-jaunisation’’ du mouvement social ». Pour Eric Giuily, président du cabinet de conseil en communicationCLAI, « le pourrissement de la grève est inévitable, compte-tenu de l’opposition irréductible d’une partie des syndicats et de leur base à l’encontre du régime universel par points ». L’inefficacité du mouvement syndical, prévoit-il« devrait conduire à une radicalisation croissante d’au moins une partie de la base, avec le risque d’une multiplication d’actions coup de poing qui peuvent toujours dégénérer ». Pour sa part, l’ancien sénateur et député européen socialiste Henri Weber, expert associé à la Fondation Jean-Jaurès observe que « le haut niveau de combativité du peuple français a permis de nombreuses conquêtes sociales et démocratiques. Mais aujourd’hui, notre culture d’affrontement est devenue un handicap » déplore-t-il. La forme qu’ont pu prendre ces affrontements a pour contexte une mise en question du comportement des forces de l’ordre à qui il est reproché de ne pas respecter les trois obligations d’absolue nécessité, d’absolue proportionnalité et de simultanéité, tandis que leurs responsables mettent en avant une augmentation inédite des actes de violence contre police et gendarmerie, le tout dans une société où les chiffres de la délinquance pour 2019 ont nettement augmenté ainsi que les agressions antisémites.
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