Le Nouvel Esprit Public

Philippe Meyer
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Apr 22, 2020 • 21min

Bada # 26 : Et au Japon ?

Karyn Nishimura, longtemps journaliste au bureau de l’AFP à Tokyo décrit la progression et l’état actuel de la pandémie au Japon, met en lumière les réactions souvent désordonnées du gouvernement, les contradictions des mesures prises, le clair-obscur des informations données aux Japonais et l’étonnante défaillance de la technologie dans un pays dont la capacité d’innovation est l’une des plus élevées au monde. Karyn diffuse deux fois par semaine un podcast sur la situation au Japon (moitié en japonais, moitié en français). https://soundcloud.com/karynpoupee Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Apr 19, 2020 • 1h 6min

Macron 2, moi le 1er / Dette africaine moratoire ou annulation ? / n°137

MACRON 2, MOI LE 1ER     Emmanuel Macron, a annoncé, lundi 13 avril, la prolongation d’un mois du confinement en France. Il a esquissé la levée progressive des restrictions et une réouverture des écoles à compter du 11 mai. Cette allocution a été suivie par 36,7 millions de téléspectateurs, soit une part d’audience globale de 94,4 % « un record absolu », selon Médiamétrie. S’il a tracé des perspectives pour le déconfinement, le chef de l’État a aussi maintenu quelques incertitudes sur sa mise en œuvre, laissant le gouvernement assurer, dès mardi, un service après-vente ardu, appelé à être poursuivi avec la présentation « d’ici quinze jours » d’un « plan de l’après-11 mai ». Plusieurs ministres ont temporisé, préférant parler du 11 mai comme d'un « objectif » et non d'une date officielle de déconfinement. Pour le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner « ce qu'a annoncé le président, ce n'est pas le déconfinement le 11 mai, c'est le confinement jusqu'au 11 mai. Il y a des conditions pour que nous puissions déconfiner le 11 mai. C'est un objectif, pas une certitude ». Alors qu'Emmanuel Macron a annoncé une réouverture « progressive » des crèches, écoles, collèges et lycées à part du 11 mai, le ministre de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer a apporté des précisions. « L'école ne sera pas obligatoire le 11 mai, le retour sera progressif. Il y aura des aménagements ». Le ministre a notamment mentionné des mesures différentes selon les régions. Il appartient au gouvernement et à un haut fonctionnaire, Jean Castex, nommé délégué interministériel chargé des stratégies de déconfinement, de préparer cette phase cruciale dans les moindres détails. Elle consistera à mettre à l'abri les plus fragiles, à tester ceux qui ont des symptômes, à confiner strictement les malades et à équiper en « masques grand public » l'ensemble de la population. Un passage du discours présidentiel a particulièrement retenu l’attention : "Il nous faudra bâtir une stratégie où nous retrouverons le temps long, la possibilité de planifier, la sobriété carbone, la prévention, la résilience. Sachons sortir des sentiers battus, des idéologies et sachons nous réinventer, moi le premier". Si 60% des Français souhaitent que la décision politique se fonde uniquement sur des « critères sanitaires », selon un sondage Odoxa, ils sont 39 % à considérer que « l’emploi et la reprise économique doivent aussi être pris en compte ». En outre, les Français doutent de la capacité du président à surmonter la crise. Sondage après sondage, la confiance s'étiole. Le 19 mars, trois jours après la proclamation du confinement, une enquête Ifop pour le Journal du dimanche indiquait que 55% des Français avaient foi en l'exécutif dans la conduite de « la guerre » contre le virus. Quatre semaines plus tard, ils ne sont plus que 38 %.*** DETTE AFRICAINE MORATOIRE OU ANNULATION ?     Peu ou encore peu touché par la pandémie, le continent africain va en subir de plein fouet les conséquences économiques. Pour la première fois en 25 ans, l'Afrique subsaharienne va connaître une récession économique, prévoit la Banque mondiale. Après une croissance de 2,4 % en 2019, la récession devrait se chiffrer en 2020 entre -2,1 % et -5,1 %. Pour la Banque mondiale, les économies africaines sont victimes de la chute brutale de la croissance de leurs principaux partenaires commerciaux (particulièrement la Chine, la zone euro et les États-Unis), des cours des matières premières, de la baisse de l'activité touristique, ainsi que des effets des mesures de lutte contre la pandémie, comme le confinement.  Le 13 avril, Emmanuel Macron a mis en avant la nécessité d’annuler massivement la dette de l’Afrique. Le pape François, l'ONG Oxfam et plusieurs dirigeants africains comme le président Sénégalais Macky Sall se sont exprimés dans ce sens. Dès mars, la Banque mondiale et le Fonds monétaire international demandaient l'annulation ou un rééchelonnement de la dette. En outre, Le FMI a annoncé le 13 avril une aide d'urgence à 25 des pays les plus pauvres du monde.  L'endettement du continent africain est considérable. Sur le site de l'agence Ecofin, la Banque africaine du développement, dans ses perspectives 2020 sur l'économie africaine, précise que « entre 2008 et 2018, la dette publique moyenne des pays africains est passée de 38 % à 56 % du Produit intérieur brut (PIB) du continent ». En 2018, la dette publique externe des pays d'Afrique subsaharienne s'élevait à 365 milliards de dollars.   Mercredi, les ministres des Finances et les banquiers centraux du groupe G20 ont donné leur aval à une suspension immédiate et pour une durée d'un an de la dette de 76 États, dont 40 d'Afrique subsaharienne. Cette décisions’appliquera à compter du 1er mai jusqu’à la fin de l’année. Elle doit libérer 20 milliards de dollars de liquidités. “Tous les créanciers officiels bilatéraux participeront à cette initiative”, précise le G20, en appelant les créanciers privés à participer à cet effort. Cette mesure est d’autant plus importante que le G20compte parmi ses membres la Chine, l’un des principaux créanciers de l’Afrique. Elle devrait concerner 76 pays dont 40 en Afrique et 20 milliards de dollars de remboursements. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Apr 15, 2020 • 21min

Bada # 25 : Et en Russie ? Etienne Bouche répond depuis Moscou

Journaliste indépendant en poste à Moscou depuis 7 ans, Etienne Bouche répond aux questions de Philippe Meyer sur la situation sanitaire dans la capitale et dans le pays, sur la fiabilité des informations en provenance du Kremlin, sur les choix de Vladimir Poutine, sur le report de la consultation lui permettant de rester au pouvoir après 2024, sur les aides apportées par la Russie à l’Italie et aux Etats-Unis et sur l'évolution de sa politique pétrolière. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Apr 12, 2020 • 1h 3min

La Chine et ses vérités / Le déconfinement et ses hypothèses / n°136

LA CHINE ET SES VERITES   Selon les chiffres officiels, le Covid-19 a fait 2.567 morts en Chine, dans la capitale de la province de Hubei, épicentre de l’épidémie, soit cinq fois moins qu’en Italie. Un bilan jugé bien en dessous de la réalité selon Radio Free Asia (RFA), qui avance le chiffre de 42 000 morts en se fondant sur des estimations du nombre d’urnes délivrées par les sept crématoriums de la ville. Cette polémique est une bombe à retardement pour le régime, à l’heure où il vante à sa population, et aux chancelleries du monde entier sa gestion « efficace » de l’épidémie, avec la bénédiction de l’Organisation mondiale de la santé. Le décalage entre les chiffres officiels chinois, et le nombre de morts en Europe, notamment en Italie interroge jusque chez les dirigeants occidentaux. Craignant une nouvelle vague d’épidémie, la Chine a annoncé coup sur coup le 26 mars, deux mesures spectaculaires pour bloquer le nombre de cas importés : la forte réduction des vols internationaux dès le 29 mars, et la fermeture « provisoire » de ses frontières aux ressortissants étrangers le 28 mars à minuit.  De Milan à Téhéran, en passant par l'Afrique, les bataillons de blouses blanches chinoises volent au secours des populations menacées par le Covid-19. Quelques semaines après l'explosion de l'épidémie à Wuhan, au cœur de la Chine, la seconde économie mondiale rebondit sur le front sanitaire, devenant pourvoyeuse d'aide dans plus de 80 pays, à grand renfort de propagande. Trois cents personnels médicaux en Italie, un laboratoire de dépistage en Irak, un million de masques envoyés vers la France, ou des kits de tests en direction des Philippines. Sans compter 20 millions de dollars d'aide à l'OMS, et de nouveaux subsides en direction de l'Union africaine. La France a passé commande de près de deux milliards de masques à la Chine, a indiqué le 7 avril le ministre de la Santé Olivier Véran. Des masques qui seront livrés par toute une série de vols d'ici la fin juin, a déclaré le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian. A l'Élysée, on tient à souligner la réciprocité qui a existé entre Européens et Chinois, pour rejeter toute idée de sauvetage du Vieux Continent par Pékin. On rappelle qu'à la fin janvier, le gouvernement chinois avait sollicité l'aide de la Commission européenne, qui avait envoyé 56 tonnes de matériel sanitaire, notamment des combinaisons de protection, du désinfectant et des masques chirurgicaux. Aucune publicité n'avait alors été faite sur ce sujet, pour ne pas embarrasser la Chine. La réciproque n'est guère vraie.  Le président chinois, XI Jing Ping a évoqué, lors d'une conversation avec le président du Conseil italien, Giuseppe Conte, le 16 mars, un nouveau concept de son projet d'investissements baptisé les « routes de la soie », en lui adjoignant une épithète : les « routes de la soie de la santé ». Toutefois, au bout de la route de la santé, les Pays-Bas, l'Espagne, la Finlande ou la République tchèque ont mis en cause la qualité de certaines livraisons de matériel médical d'origine chinois.*** LE DÉCONFINEMENT ET SES HYPOTHÈSES   La stabilisation de l'épidémie de covid-19 en Norvège, Autriche, Slovénie, Danemark, Grèce, Portugal et Suisse pousse leurs gouvernements à envisager de sortir par étapes du confinement, parfois dès la semaine prochaine. L'Autriche est le premier pays de l'Union européenne à avoir annoncé, le 6 avril, un calendrier de sortie du confinement : les petits commerces, notamment bricolage et jardinage, ont réouvert le 7 avril, tous les autres magasins ouvriront début mai. Mais le télétravail demeurera la norme jusqu'à fin avril. Les établissements scolaires ne devraient pas rouvrir avant le 15 mai. Le masque, obligatoire depuis le 6 avril dans les supermarchés, le sera aussi dans les transports.   L’Italie envisagerait un déconfinement à partir du 3 mai. La Norvège va rouvrir crèches et écoles le 20 avril et les lycées le 27. Le télétravail reste toutefois recommandé. Le port du masque y est peu pratiqué, comme au Danemark, où crèches et écoles vont rouvrir à partir du 15 avril. Les collégiens et lycéens patienteront jusqu'au 10 mai. Les rassemblements de plus de 10 personnes demeurent interdits et aucune date n'a été communiquée pour la réouverture des bars, restaurants, salons de coiffures, centres commerciaux et discothèques.  Le gouvernement slovène a annoncé qu'il comptait assouplir graduellement les restrictions à partir du 14 avril.  La Suisse a indiqué qu'elle présenterait le 16 avril un plan de « premiers assouplissements », qui entrerait en vigueur avant la fin du mois. Le Portugal et la Grèce envisagent un « retour à la normale en mai », sans autres précisions.  Aucun de ces pays ne compte autoriser prochainement les grands rassemblements et manifestations sportives, cultuelles et culturelles, dont il est avéré qu'elles ont joué un rôle énorme dans la pandémie en Europe mi-février. Ce sera au plus tôt en juillet ou août. Ils n'ont pas non plus annoncé à terme de réouverture des frontières, ou de suspension des mesures de quarantaine lors de l'entrée sur leur territoire.  En France, le Premier ministre, Edouard Philippe a déclaré à l'occasion de la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale le 7 avril : « aujourd'hui, c'est l'heure du confinement, et l'heure du confinement va durer » Interrogé sur les conditions du déconfinement, Edouard Philippe a jugé « très largement prématurée » toute question sur ce sujet, alors qu'il avait lui-même évoqué cette perspective, six jours plus tôt, devant la commission d'information des députés, estimant alors : « probable que nous ne nous acheminions pas vers un déconfinement général et absolu, en une fois et pour tout le monde », mais évoquant « un déconfinement qui serait régionalisé » et « sujet à une politique de tests, en fonction, qui sait, de classes d’âge ». Demain, lundi 13 avril, le Président de la République, Emmanuel Macron s’exprimera sur ce sujet. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Apr 9, 2020 • 15min

Bada # 24 : Les enfants et la Covid-19

Les enfants et le Covid-19Faut-il tout leur dire ? A partir de quel âge ? Comment ne pas leur faire peur ? Comment se mettre à leur niveau ? Comment leur apprendre à distinguer les vraies des fausses nouvelles ? Avec François Dufour, co-fondateur de quotidiens pour enfants et adolescents. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Apr 7, 2020 • 59min

Bada # 23 : Thématique avec Roselyne Bachelot

THÉMATIQUE avec Roselyne BACHELOT :  quel est le rôle de l’État face à une pandémie ? Comment assume-t-il -ou non- ses fonctions ? A quoi sert le principe de précaution et comment devrait-il se traduire en matière sanitaire ? Avec Nicolas Baverez, Jean-Louis Bourlanges, Béatrice Giblin et Lucile Schmid.  Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Apr 5, 2020 • 59min

Europe : questions sans réponses / n°135

« Le climat qui semble régner entre les chefs d'État et de gouvernement et le manque de solidarité européenne font courir un danger mortel à l'Union européenne », a estimé Jacques Delors, ancien ministre français de l'Économie, qui a présidé la Commission de 1985 à 1995, au lendemain du sommet par visioconférence du 26 mars. C’est également après ce somment que Président du conseil italien Giuseppe Conte a appelé l'Union européenne « à ne pas commettre d'erreurs tragiques » face au coronavirus, sinon « l'édifice européen tout entier risque de perdre sa raison d'être ».Depuis ce sommet, les divisions entre Européens du Sud et du Nord sont ravivées : tandis que le groupe soutenu par la France et sept autres pays européens (la Grèce, le Portugal, la Slovénie, la Belgique, le Luxembourg et l’Irlande, rejoints depuis par Chypre) plaide pour la création d’un instrument commun de mutualisation des dettes sous forme de « coronabonds », celui qui comprend l'Allemagne, l'Autriche, la Finlande et les Pays-Bas, préfère la piste du Mécanisme Européen de Stabilité (MES), un fonds de sauvetage de la zone euro créé en 2012.Les ministres des finances de la zone euro doivent se réunir le mardi 7 avril, par visioconférence, afin de trouver un terrain d’entente, avant un prochain Conseil des chefs d’Etat et de gouvernement. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Apr 2, 2020 • 23min

Bada # 22 : Richard Werly raconte la France confinée

Philippe Meyer interroge Richard Werly qui, pour son journal, a voyagé de Saint Denis à Marseille en passant par Montargis et Mulhouse pour observer et comprendre la France confinée.  Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Mar 29, 2020 • 1h 7min

Confinement quasi général, dépistage quasi exceptionnel / Le virus, la loi, la société / n°134

CONFINEMENT QUASI GENERAL,  DEPISTAGE QUASI EXCEPTIONNEL     En Europe, les autorités ont opté pour des stratégies différentes face à la propagation du coronavirus sur leur territoire, tout en surveillant ce qui se pratique chez le voisin. La Commission européenne a lancé, le 18 mars, un appel d'offres pour le compte de dix-huit États membres afin, notamment, d'acheter en commun des kits de tests. Toutefois, les industriels ont jusqu'à fin mars pour répondre à cet appel et Bruxelles ne décidera que début mai des candidatures retenues. Certains pays ont choisi une politique de confinement qui prend appui sur la diminution des interactions sociales, et donc de la transmission. D’autres ont opté pour une stratégie d’immunité collective qui repose sur l’idée que plus les personnes sont infectées par une maladie, plus elles développent des anticorps contre ce virus, et moins l’épidémie se propage dans la population. La France, la Chine ou l’Italie ont choisi la distanciation sociale. Les Pays-Bas ont fait le choix de l’immunité collective. La Grande Bretagne, après avoir prôné cette solution, a finalement opté pour le confinement.  Le choix du confinement pose la question de son acceptation par la population et celui de sa durée. Il suppose une stratégie définie par l’OMS comme « agressive et ciblée ». L’OMS préconise un dépistage massif, qui permettrait de tester chaque cas suspect, d’isoler chaque cas confirmé et de retrouver puis de placer en quarantaine chacune des personnes avec qui ils ont été en contact proche.   Regardée comme un modèle, la Corée du Sud a pratiqué un grand nombre de tests et s’est servie de la technologie pour localiser les personnes contaminées (même celles avec peu de symptômes). En Europe, l’Espagne, deuxième foyer de contamination en Europe après l'Italie, ne réalise plus le dépistage que sur les malades présentant des symptômes graves, faute de kits disponibles. LaScandinavie réserve le dépistage aux patients acceptés à l'hôpital avec des troubles respiratoires. L’Allemagne a porté à 500.00 le nombre de dépistage hebdomadaire.   En France, face au nombre croissant de cas, les dirigeants s'interrogent sur la possibilité de suivre le modèle allemand de dépistage massif. Mais si le pays dispose d’assez de laboratoires, équipés, il manque de réactifs et d’écouvillons ans matériels fabriqués en Chine et aux États-Unis et pour lesquels la demande excède l’offre.*** LE VIRUS, LA LOI, LA SOCIÉTÉ   Publiée au JO du 24 mars, la loi d’urgence sanitaire pour faire face à l’épidémie de Covid-19 organise le report du second tour des élections municipales, donne un cadre à la notion d’état d’urgence sanitaire, débloque des moyens pour prévenir les faillites, donne aux entreprises la possibilité de déroger au Code du travail, restreint les libertés de déplacement, de réunion (et d’exercice des cultes) et la liberté d’entreprendre.    . « Ce sera un test pour notre démocratie. Nous devons montrer que nous pouvons protéger le peuple des pandémies sans rien renier de nos principes », avait déclaré dimanche dernier au JDD Emmanuel Macron qui, mercredi à Mulhouse, a appelé à « se mobiliser dans l’unité » face aux « facteurs de division ». Patrice Spinosi, avocat à la Cour de Cassation et au Conseil d'État, explique dans un entretien à « l'Obs » : « Les mesures administratives prises (…)par le gouvernement s'appuient notamment sur le Code de la Santé publique, qui habilite le ministre de la Santé à prendre toute mesure proportionnée et appropriée pour répondre à une menace sanitaire grave telle qu'une épidémie »donnant raison à Montesquieu pour qui « Il y a des cas où il faut mettre, pour un moment, un voile sur la liberté comme on cache les statues des dieux. » « Proportionnée » et « appropriée » constituent matière à débat, tout comme la longueur et l’épaisseur du voile. Certains maires vont plus loin en instaurant le couvre-feu dans leur commune. Certains médecins en appellent au Conseil d’État pour imposer un confinement plus strict – voire absolu - à l’ensemble du pays. Des parlementaires d’opposition réclament une commission d’enquête ; ils ont obtenu une mission d’information. Un collectif de 600 médecins soutenu par 240.000 pétitionnaires a saisi la Cour de la République d’une plainte pour mensonge d’État contre Édouard Philippe et Agnès Buzyn. Le Canard enchaîné révèle que les déplacements de certaines personnes ont étéretracés grâce au relevé des positions de leur portable. Le PDG d’Orange assure que ces données ont été anonymisées.    Depuis le maintien du 1er tour des élections municipales, le caractère contradictoire, voire incohérent de plusieurs préconisations gouvernementales ne facilite pas l’adhésion de la population. On s’étonne que le ministre de l’agriculture souhaite, dans un contexte où il n’y a pas de dépistage, que l’on s’affranchisse de l’obligation du confinement pour aller aider les agriculteurs et que la porte-parole du gouvernement ne sache pas que les professeurs travaillent à distance et ne sont donc pas disponibles pour les travaux des champs. On comprend mal quelle sorte de tour de France sera celui sans public le long des routes que préconise la ministre des sports. Enfin, les réseaux sociaux se remplissent d’exemple d’un mode très courtelinesque de vérification des attestations de déplacement dérogatoire par les forces de l’ordre.  Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Mar 22, 2020 • 1h 4min

Traitement politique du Coronavirus / D’autres désordres / n°133

TRAITEMENT POLITIQUE DU CORONAVIRUS   Le 17 mars, Agnès Buzyn, l’ancienne ministre de la Santé et candidate de la République En Marche à la Mairie de Paris, confiait au Monde : « Je savais que la vague du tsunami était devant nous. » « Le 30 janvier, j'ai averti [Edouard Philippe que les élections ne pourraient sans doute pas se tenir. » « On aurait dû tout arrêter, c'était une mascarade. » L'opposition réclame des explications : le leader de La France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon s’indigne de ces « aveux consternants », et réclame que la mission d'information ouverte à l'Assemblée nationale sur le coronavirus s'en saisisse ; le député européen (Les Républicains) François-Xavier Bellamy tweete : « Comment ne pas être révolté ? (…) il ne fallait pas pleurer, il fallait agir ! »  Les propos d’Agnès Buzyn ont obligé le soir même le chef du gouvernement à se défendre d'avoir sous-estimé le danger. « Si nous n'avions pas pris au sérieux cet événement sanitaire, je n'aurais pas organisé une réunion dès le mois de janvier » ni « pris des décisions lourdes », a fait valoir Édouard Philippe. Quant à l'alerte de l’ancienne ministre de la Santé sur la tenue des élections, il convient qu'elle a eu lieu le 30 janvier. Mais précise qu'« à l'époque, beaucoup de médecins n'étaient pas d'accord avec elle ». Le conseil scientifique, nommé le 10 mars pour « éclairer » les choix du gouvernement a rendu public son avis du 12 mars, qui précise le cadre dans lequel il a eu à se prononcer sur un éventuel report des élections : « Cette décision, éminemment politique, ne pouvait lui incomber », expliquent ses membres. Le conseil a simplement précisé qu'« aucun élément scientifique n'indiquait que l'exposition des personnes lors du vote serait plus importante » que si elles allaient « faire leurs courses ». En clair : les scientifiques, loin de valider l'une ou l'autre option, ont simplement rendu un avis technique. La double injonction contradictoire du gouvernement demandant « à toutes les personnes âgées de plus de 70 ans, à celles et ceux qui souffrent de maladies chroniques ou de troubles respiratoires, aux personnes en situation de handicap, de rester autant que possible à leur domicile » et en même temps, qu'elles se rendent aux urnes, a jeté le trouble dans la population et la classe politique. Dimanche, les bureaux de vote se sont avérés plus vides que les rues. Notamment à Paris. Avec un taux d’abstention de 55,25%, soit une baisse de plus de près de 20 points par rapport à 2014, la participation s'est effondrée comme jamais, posant la question de la légitimité des résultats obtenus lors de ce premier tour. La date du second tour des élections municipales, qui devait initialement se dérouler aujourd’hui, dimanche 22 mars, « sera fixée par décret », prévoit un projet de loi d’urgence, qui acte son report « au plus tard au mois de juin 2020 ».*** D’AUTRES DÉSORDRES   En Afghanistan, l'accord signé le 29 février à Doha par les États-Unis et les talibans vise à trouver une fin à dix-huit ans de guerre, au cours de laquelle près de 3.500 membres des troupes américaines et alliées ont été tués et qui a coûté des milliers de milliards de dollars. D’ici la mi-juillet, environ 4.000 hommes auront quitté l'Afghanistan. Les 8.600 restants plieront bagage d'ici avril 2021. Le secrétaire d'État Mike Pompeo a assuré que l'accord bilatéral n'était pas un abandon et précisé : "Nous observerons les talibans de près pour vérifier qu'ils respectent leurs engagements et nous ajusterons le rythme du retrait de nos troupes à leurs actions." Son collègue Mark Esper, secrétaire à la Défense a complété : "Si les talibans n'honorent pas leurs engagements, [...] les États-Unis n'hésiteront pas à annuler l'accord." La principale fragilité de l'accord de Doha est que le gouvernement afghan, même s'il a été tenu au courant des négociations, n'en est pas cosignataire. Le cœur de l'entente est de prévoir un retrait militaire américain en échange d'un arrêt du soutien taliban aux groupes djihadistes internationaux. Pour le reste, Kaboul et les talibans doivent, à partir de maintenant, parvenir à imposer un cessez-le-feu durable, et négocier l'avenir du pays.  Sur le front pétrolier, le 9 mars 2020 les cours du pétrole ont chuté à environ 33 dollars le baril (un niveau inobservé depuis début 2016), soit une baisse de près de 25 % par rapport au vendredi 6 mars. À un choc de demande issu de la propagation du coronavirus et des mesures de confinement imposées notamment par la Chine, s'est superposé un choc d'offre issu des conséquences de la décision de l'Arabie saoudite et de la Russie de cesser leur coopération sur le marché, précipitant ainsi l'effondrement des cours et ce, d'autant plus que l'offre était déjà excédentaire sur le marché pétrolier au premier semestre 2020.  En Russie, au nom de la « stabilité », le président russe, Vladimir Poutine, 67 ans, au pouvoir depuis vingt ans, vient de s'aménager la possibilité d'y rester seize ans de plus. Le 10 mars, la Douma, Chambre basse du Parlement de Russie, a adopté à une majorité écrasante (380 voix sur 450), un amendement constitutionnel visant à autoriser le chef de l'État à solliciter deux nouveaux mandats à l'issue de son mandat en cours, qui prend fin en 2024. Cette réforme doit encore être validée par la Cour constitutionnelle, puis par les électeurs, appelés à se prononcer lors d'un « vote populaire » le 22 avril A Pékin, enfin, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Zhao Lijian, a laissé entendre le 12 mars sur Twitter que l'armée américaine aurait introduit le virus à Wuhan, où la plupart des scientifiques s'accordent à dire que l'épidémie a commencé en décembre. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

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