Le Nouvel Esprit Public

Philippe Meyer
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Sep 8, 2024 • 1h 4min

Arrestation du patron de Telegram : machination, abus de pouvoir, ou début de régulation ? / Un Premier ministre longtemps attendu et attendu au tournant

Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnementUne émission de Philippe Meyer, enregistrée en public à l’École alsacienne le 8 septembre 2024.Avec cette semaine :Nicolas Baverez, essayiste et avocat.Jean-Louis Bourlanges, essayiste.Béatrice Giblin, directrice de la revue Hérodote et fondatrice de l’Institut Français de Géopolitique.Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova.ARRESTATION DU PATRON DE TELEGRAM : MACHINATION, ABUS DE POUVOIR OU DÉBUT DE RÉGULATION ?Arrêté le 24 août au Bourget, le patron de la messagerie cryptée Telegram, Pavel Durov, a été mis en examen le 28 et a été remis en liberté sous contrôle judiciaire, avec obligation de remettre une caution de 5 millions d'euros, de pointer au commissariat deux fois par semaine, et interdiction de quitter le territoire français. La section de lutte contre la cybercriminalité du parquet de Paris reproche à la plateforme de ne pas agir contre la diffusion de contenus criminels ou délictueux, ce que l'entreprise réfute. Une loi française adoptée cette année requiert la coopération des plateformes avec les autorités pour éliminer ce type de contenus. De même, le Digital Services Act européen permet de demander des comptes aux « très grandes plateformes » dépassant 45 millions d'utilisateurs actifs par mois. L’entreprise assure qu’elle supprime les contenus terroristes et pédocriminels, mais toutes les ONG travaillant sur le sujet de la pédopornographie constatent, depuis des années, que la plate-forme refuse toute forme de collaboration avec elles, comme avec les forces de l’ordre. Son propre site Web explique qu’elle n’applique pas les demandes basées sur des « lois locales » qu’elle considère comme une violation de la liberté d’expression.De façon inédite, le parquet a décidé d'enquêter sur le dirigeant de l'application et non pas seulement sur ses utilisateurs. La peine prévue pour un manquement aux obligations d'une plateforme numérique est d'un an de prison maximum. S'il est reconnu complice d'actes plus graves, il pourrait encourir les mêmes peines que pour des criminels en bande organisée, soit au moins cinq ans de détention. La police française a pu interpeller Pavel Durov sans difficulté, les faits reprochés ayant eu lieu en France et le patron de Telegram s'avérant être Français en plus de ses nationalités russe et émirati. La justice française envoie ainsi le signal que les patrons des plateformes ne sont pas à l'abri de la prison en cas de non-respect des règles quand leur laisser-aller en matière de modération peut faire les affaires de criminels.Avec près de 1 milliard d’utilisateurs, Telegram dont le siège social est à Dubaï, est devenu, avec WhatsApp, l’une des plus importantes messageries du monde. L'entrepreneur, qui revendique des idées libertariennes, l’a fondé en 2013 avec l'objectif de protéger l'identité et les données de ses usagers par rapport aux gouvernements. Son arrestation a créé une onde de choc, aussi bien en Russie, où Telegram est très populaire, qu’aux Etats-Unis, où des entrepreneurs comme Elon Musk ont dénoncé une « attaque contre la liberté d’expression ». Emmanuel Macron a assuré, dans un message publié sur X, que l’arrestation de Pavel Durov n’était « en rien une décision politique ».UN PREMIER MINISTRE LONGTEMPS ATTENDU ET ATTENDU AU TOURNANTAu soixantième jour après le second tour des législatives, le chef de l'Etat a nommé Michel Barnier au poste de Premier ministre. Âgé de 73 ans, il affiche un parcours qui fut longtemps un parcours obligé avant que la carrière politique ne favorise des circuits plus courts : conseiller général de la Savoie en 1973, puis président de l’assemblée départementale, député en 1978. Ministre de Jacques Chirac et de Nicolas Sarkozy, chargé successivement de l’Environnement, des Affaires européennes, des Affaires étrangères, de l’Agriculture, député puis Commissaire européen, négociateur de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne.  Enfin, candidat malheureux à la primaire de LR pour la présidentielle de 2022.Il succède à Gabriel Attal dont le mandat de huit mois à Matignon aura été le plus court de la Ve République. Une autre étape démarre désormais, qui s'annonce tout aussi laborieuse que la précédente : l'élaboration d'un programme de gouvernement. Une fois bâti, Michel Barnier devra composer son gouvernement. Aux habituels critères de parité, de diversité ou de représentation territoriale, s'ajoute désormais celui des équilibres politiques nécessaires pour refléter le poids du camp présidentiel dans l'hémicycle, se concilier la droite, tenter de décrocher quelques voix à gauche et le tout, sans heurter le Rassemblement national. Restera enfin la dernière épreuve, celle pour laquelle Emmanuel Macron l'a choisi : faire face à la division de l’hémicycle en trois blocs, chacun minoritaire. Michel Barnier doit construire une coalition qui puisse au moins permettre l'adoption du budget 2025 d’ici au 13 septembre, sur fond de dérapage des comptes publics. Au Palais Bourbon, la situation s'annonce difficile : son groupe, Les Républicains, est le cinquième de l'Assemblée nationale avec seulement 47 députés. Si la gauche a fustigé le choix d'Emmanuel Macron - LFI et des mouvements de la jeunesse ont appelé hier à une marche « contre le coup de force d’Emmanuel Macron » - la droite s'est réjouie de la nomination d'un des siens, quand le Rassemblement national a décidé d'adopter, pour l'heure, une position neutre, tandis que les fidèles d'Emmanuel Macron ont fait part de leurs réticences.Au lendemain de sa nomination le nouveau chef du gouvernement a accordé son premier entretien au JT de « 20 heures » de TF1, vendredi soir. Interrogé sur la très controversée réforme des retraites adoptée l’an passé par 49.3, sur fond de forte mobilisation dans la rue, le nouveau Premier ministre a déclaré vouloir « ouvrir le débat » pour une « amélioration ». Michel Barnier n’a pas exclu d’introduire la proportionnelle, qui permettrait de voter pour des listes et non plus au scrutin uninominal à deux tours. Ses priorités seront l’immigration, le travail, la dette et les services publics.Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Sep 4, 2024 • 54min

Bada : Si vous l’avez manqué : Doriane Moretus, comédienne et clown

Une conversation entre Doriane Moretus et Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 2 décembre 2022. Doriane Moretus est comédienne et clown, passée par l’école Lecoq. Elle monte et joue des spectacles de théâtre de rue avec sa compagnie Ad Hok. En dehors de cette activité, elle s’engage aux côtés des associations Clown sans Frontières et le Rire Médecin pour apporter de la joie et du rire là où ils sont le plus nécessaires, dans les camps de réfugiés ou dans les services pédiatriques des hôpitaux. Dans ces badas elle nous raconte les défis et les particularités de ses différentes interventions et de leur importance pour soulager les enfants qui ont besoin de légèreté.Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Sep 1, 2024 • 60min

Thématique : la physique quantique, avec Alain Aspect (rediffusion)

Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnement Une émission de Philippe Meyer, originellement diffusée le 25 juin 2023. Avec cette semaine : Alain Aspect, physicien, spécialiste de l’optique quantique et récipiendaire du prix Nobel de physique. Sven Ortoli, journaliste scientifique. Nicole Gnesotto, vice-présidente de l’Institut Jacques Delors. Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova. LA PHYSIQUE QUANTIQUE Alain Aspect, vous êtes physicien, spécialiste de l’optique quantique et membre de l’Académie des Sciences. Vous avez reçu la médaille d’or du CNRS en 2005, la médaille Albert-Einstein en 2012, ainsi que la médaille Niels-Bohr et le prix Balzan en 2013. Le Prix Nobel de physique vous est décerné en 2022, aux côtés de John F. Clauser et d’Anton Zeilinger, pour vos expériences pionnières sur l’intrication quantique, qui ont ouvert la voie aux technologies associées. La physique quantique a considérablement bouleversé notre représentation du monde et nos technologies depuis le XXe siècle, au point d’être comparée à la « révolution industrielle » du siècle précédent. Dans votre ouvrage de vulgarisation, publié aux éditions du CNRS en 2019, vous distinguez deux révolutions au sein de la physique quantique. La première remonte au commencement du XXe siècle : elle s’articule autour du principe de dualité onde – particule, formulé par Einstein et de Broglie dans la lignée des travaux de Planck. Selon ce principe, les objets physiques peuvent parfois présenter des propriétés d'ondes et parfois des propriétés de particules, comme vous l’avez-vous-même illustré sur des photons dans une expérience au retentissement considérable, réalisée dans les années 1980  et publiée en 1982 avec un de vos étudiants de thèse, Philippe Grangier qui, depuis, a mis au point une technologie de cryptographie quantique. Ce concept révolutionnaire a nourri l’essentiel de la recherche en physique quantique jusque dans les années soixante. Il a permis d’expliquer des propriétés physiques, fondamentales mais jusque-là incompréhensibles, comme la stabilité de la matière ou les propriétés électriques et thermiques des corps. Il a également rendu possible nombre de nouvelles technologies, aujourd’hui monnaie courante, comme le transistor ou les lasers. Alain Aspect, vos travaux ont principalement contribué à la seconde révolution quantique. Celle-ci naît du concept d’intrication, selon lequel deux particules, dans certaines conditions forment un système lié et présentent des caractéristiques corrélées, dépendantes l’une de l’autre, quelle que soit la distance qui les sépare. Ce concept est introduit dès 1935 dans la littérature scientifique par Einstein, Podolsky et Rosen, mais présente des complications si considérables qu’il faudra attendre de nombreuses années avant d’en pouvoir attester l’existence. Vous jouez dans cette histoire un rôle de premier plan. En 1964, Bell pose les fondements d’une approche expérimentale du problème, fondée sur la mesure du degré de corrélation entre les deux particules sensément intriquées. En 1969, Clauser et ses coauteurs traduisent cette découverte en un cadre expérimental concret, fondé sur l’étude des photons et de leur polarisation. En 1982, c’est vous qui démontrez expérimentalement, pour la première fois et de manière quasiment irréfutable, la validité empirique du principe d’intrication. Cette propriété est au cœur de la deuxième révolution quantique et de ses promesses technologiques. L’ordinateur quantique, par exemple, serait capable de traiter un volume exceptionnel de données pour réaliser en quelques minutes des opérations aujourd’hui insolubles par les ordinateurs classiques. Ces technologies aiguisent les appétits des acteurs privés, comme Google ou IBM, et des décideurs publics comme la France et son plan quantique de 1.8 milliards d’euros.Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Aug 28, 2024 • 1h 36min

Bada : Si vous l’avez manqué : Philippe Martin, producteur de cinéma

Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnement Une conversation entre Philippe Martin et Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 17 février 2023. Dans ces trois badas, Philippe Martin nous raconte son parcours original, forgé à coup de rêves fous et d'une détermination à toute épreuve, qui l'a conduit à travailler dans le cinéma. Cette aventure commence avec son premier grand amour pour le cinéma, et se poursuit jusqu'à la production de ses premiers films en passant par ses petits boulots sur les plateaux. À travers son récit on découvre aussi la réalité du travail du producteur. Personnage méconnu du grand public et sujet de nombreux stéréotypes, il n'en demeure pas moins un acteur tout à fait central dans la naissance des films.Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Aug 25, 2024 • 59min

Thématique : Marseille, avec Michel Samson

Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnement Une émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 22 décembre 2023. Avec cette semaine : - Michel Samson, journaliste spécialiste de Marseille. - Béatrice Giblin, directrice de la revue Hérodote et fondatrice de l’Institut Français de Géopolitique. - Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova. MARSEILLE Michel Samson, vous êtes journaliste et avez été correspondant régional du Monde en Provence-Alpes-Côte-d'Azur. Vous êtes l’auteur de plusieurs livres sur Marseille, ainsi que le réalisateur, avec Jean-Louis Comolli, de deux films documentaires sur la cité phocéenne. En 2020, vous avez publié, avec Michel Peraldi, Marseille en résistances, ouvrage dans lequel vous analysiez les dynamiques politiques et sociales de la métropole méditerranéenne. Vous faisiez le portrait d’une ville complexe, marquée par des défis urbains et économiques, des inégalités sociales et des tensions ; mais une ville également marquée par les luttes de sa jeunesse créative, qui essaye de résister à la décomposition du paysage politique marseillais et des institutions locales. Vous repreniez l’expression de Pierre-Paul Zalio qui désignait Marseille comme une « ville laboratoire », où les défis sociaux et politiques reflètent des problématiques nationales plus larges. Ainsi écriviez-vous : « Le cas marseillais nous semble cristalliser la fracture sociale et politique majeure que la présidence d’Emmanuel Macron a eu le mérite de rendre plus visible que jamais. » Peut-être le Président de la République vous avait-il lu, puisqu’en septembre 2021, il lançait son plan « Marseille en grand » : cinq milliards d’euros d’investissements pour l'éducation, la sécurité, les transports, la santé et le logement. Au mois de juin, dans le cadre de « l’acte 2 » de ce plan, Emmanuel Macron a annoncé des moyens supplémentaires, notamment dans les transports, la sécurité et le secteur portuaire. Dans une note publiée en novembre 2023, pour Terra Nova, Alexis Gibellini a fait un premier point d’étape, deux ans après le lancement de ce « plan Marshal ». Si des progrès sont observables dans les domaines de l'éducation et, à un moindre titre, de la sécurité, ils sont beaucoup plus lents pour les transports et le logement qui demeure en crise. Quant aux principaux concernés, les Marseillais, 42% se déclarent insatisfaits et 19% n’ont pas connaissance de l’existence de ce plan. Aussi l’auteur plaide-t-il pour une gouvernance forte du plan au niveau national, une contractualisation entre l’ensemble des parties prenantes et une meilleure implication des Marseillais dans son suivi et dans l’élaboration de futures mesures. Malgré les investissements substantiels du plan « Marseille en grand », la ville continue de faire face à des enjeux majeurs. La pauvreté, les tensions politiques et le dysfonctionnement du système métropolitain, la crise du logement et les impacts du changement climatique sont au cœur des préoccupations. De même les quartiers populaires – en proie à des défis sociaux et économiques exacerbés par des trafics de drogue endémiques qui fragilisent la cohésion sociale et la sécurité. Michel Samson, vous qui avez en août dernier publié vos Apprentissages, un retour sur votre parcours personnel, militant et professionnel, quels sont-ils à l’égard de Marseille, en particulier depuis la publication de Marseille en Résistances il y a près de trois ans.Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Aug 21, 2024 • 1h 2min

Bada : Si vous l’avez manqué : Fabrice Fries, PDG de l’AFP

Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnement Une conversation entre Fabrice Fries et Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 14 avril 2023. Parvenu en 2018 à la tête de l’Agence France Presse (AFP) à la suite d’une élection rocambolesque, Fabrice Fries vient d’être reconduit dans ses fonctions pour un nouveau mandat de 5 ans. Ces responsabilités couronnent une riche carrière dans les médias, la tech et la communication, débutée en 1997 au sein du groupe Havas, et dans la haute fonction publique française et européenne. Trajectoire atypique et fulgurante, sur la ligne de crête des secteurs public et privé : saura-t-elle répondre aux exigences d’une entreprise partagée entre sa mission d’intérêt général et son indépendance ? Saura-t-elle relever les nouveaux défis de l’écosystème de l’information et de la communication, sous l’effet de la concentration des médias et de la transformation numérique ? Dans cette série d’épisodes du Nouvel Esprit Public, Philippe Meyer reçoit Fabrice Fries pour éclairer l’itinéraire de l’actuel « patron » de l’AFP et décrypter les nouveaux enjeux de l'entreprise. Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Aug 18, 2024 • 59min

Thématique : Camus et l’Algérie, avec Agnès Spiquel (rediffusion)

Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnement Une émission de Philippe Meyer, originellement diffusée le 7 août 2022. Avec cette semaine : Agnès Spiquel, spécialiste d’Albert Camus. Akram Belkaïd, journaliste au Monde diplomatique. Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova. Lucile Schmid, membre du comité de rédaction de la revue Esprit.  CAMUS ET L’ALGÉRIE Né le 7 novembre 1913 à Mondovi, dans l’Est de l’Algérie, Albert Camus grandit à Belcourt, quartier populaire de la banlieue d’Alger. Il est élève au lycée Bugeaud puis obtient en 1936 un diplôme d’études supérieures à l’université d’Alger. L’année suivante, il refuse un poste de professeur au collège de Sidi-Bel-Abbès et se tourne vers le journalisme, collaborant au journal Alger républicain à partir de 1938. Adhérent au Parti communiste de 1935 à 1937, Camus est à l’origine du « Manifeste des intellectuels d’Algérie en faveur du projet Viollette » pour une démocratisation de l’Algérie, une assimilation de la population et l’accès à la citoyenneté française pour un certain nombre de musulmans d’Algérie. Sensible à la question sociale, il réalise en 1939 un reportage de onze articles intitulé « Misère de la Kabylie » dans lequel il décrit la grande pauvreté de cette région. Albert Camus dénonce la répression que subissent les nationalistes algériens et l’étouffement des revendications du Parti du peuple algérien. En mai 1945, à la suite des émeutes dans le Constantinois, il publie dans Combat plusieurs articles dans lesquels il prend la défense de nationalistes algériens comme Ferhat Abbas et Messali Hadj. Camus quitte l’Algérie en 1940 ; il revient vivre à Oran quelques mois puis reste en France à partir de la guerre. Avant la Seconde Guerre mondiale, ses amis rapportent qu’il indiquait être de nationalité algérienne lorsqu’il remplissait des fiches d’hôtel à l’étranger. Dans son « Petit guide pour des villes sans passé » publié en 1947, il écrit « J’ai avec l’Algérie une longue liaison qui sans doute n’en finira jamais, et qui m’empêche d’être tout à fait clairvoyant à son égard. » Son absence de prise de parti en faveur de l’indépendance au moment de la Guerre d’Algérie lui est reproché. En janvier 1956, il propose une trêve civile afin de pacifier provisoirement la situation. Il préconise une solution fédérale dans laquelle l’Algérie serait constituée par des peuples fédérés et reliée à la France. Il dénonce aussi les violences perpétrées pendant la guerre, autant les pratiques de torture et de représailles de l’armée française que les actions terroristes du FLN. En juin 1958, il publie ses Chroniques algériennes, rassemblant ses articles sur l’Algérie, et une mise au point sur sa position. Il y décrit la politique de la France comme le résultat d’un aveuglement politique ayant conduit à une suite d’échecs. Il meurt deux ans plus tard, en 1960, avant la fin de la guerre et l’exode des pieds noirs.  Agnès Spiquel Courdille vous enseignez la littérature, vous avez collaboré à l’édition des œuvres de Camus dans La Pléiade, vous êtes un membre très actif de la société d’études camusiennes qui compte des membres dans 24 pays à travers les cinq continents, vous en étiez la présidente jusqu’en 2020. Dans un entretien au Monde, en 2012, vous déclariez. : « Le Premier Homme. Dans ce roman, pourtant inachevé, complètement nourri de la vie et de l'expérience de Camus lui-même, vous percevrez l'intensité de ses souvenirs d'enfance, son amour pour l'Algérie, son déchirement devant la guerre, sa méditation sur la dignité des pauvres, son questionnement sur le dur chemin à inventer pour devenir un homme ; tout cela dans une écriture somptueuse, tantôt nette et sèche, tantôt frémissante et lyrique, toujours gorgée de vie et de sensation. » Comment caractériseriez-vous la place de l’Algérie dans l’œuvre de Camus ?Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Aug 14, 2024 • 47min

Bada : Si vous l’avez manqué : Vincent Guerre, miroitier d’art et antiquaire

Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnement Une conversation entre Vincent Guerre et Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 10 février 2023. Vincent Guerre est antiquaire comme ses parents. Il est aussi bien plus que cela car il est spécialisé dans la restauration de miroirs anciens, dits miroirs au mercure. C’est à ce titre qu’il a été choisi pour être le miroitier responsable de la restauration des 357 glaces de la Galerie du même nom, à Versailles. A travers des anecdotes sur ce chantier hors du commun et des révélations sur le quotidien mystérieux des antiquaires, Vincent Guerre nous dévoile son amour pour les objets beaux et anciens dont notre société semble peu à peu se désintéresser.Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Aug 11, 2024 • 59min

Thématique : l’humanisme en crise, avec Francis Wolff

Connaissez-vous notre site ? www.lenouvelespritpublic.fr Une émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 15 décembre 2023. Avec cette semaine : Francis Wolff, philosophe. David Djaïz, entrepreneur, essayiste et ancien secrétaire général du Conseil National de la Refondation. Nicole Gnesotto, vice-présidente de l’Institut Jacques Delors. Lionel Zinsou, ancien Premier ministre du Bénin et président de la fondation Terra Nova. L’HUMANISME EN CRISE Francis Wolff, vous êtes philosophe et professeur émérite à l’École normale supérieure. Qu’est-ce que philosopher ? « Chanter comme un castrat du 18e siècle, dites-vous, avec une voix d’enfant et une technique d’adulte. » Ainsi votre œuvre s’est-elle construite autour des interrogations de l’enfance – « qu’est-ce que ? » ; « pourquoi ? » – et des réponses rigoureuses de la raison philosophique. En reprenant la métaphore de Descartes, vous comparez votre philosophie à un arbre dont les racines seraient votre ontologie, le tronc votre anthropologie et les branches votre éthique, votre politique et votre esthétique. Filons cette métaphore : nous vous invitons afin d’interroger la branche politique de votre arbre, le Plaidoyer pour l’universel que vous avez publié en 2019 et dans lequel vous cherchiez à refonder une idée en crise aujourd’hui : l’humanisme. Cette branche repose sur votre tronc anthropologique – Qu’est-ce que l’homme ? Ou plutôt qu’est-ce qui est propre à l’homme ? Pour vous, ce n’est ni la raison, ni le langage, mais leur union indissociable, ce que vous appelez la « raison dialogique ». Cette définition vous permet de fonder, en raison, une éthique humaniste, universelle, qui repose sur le principe de réciprocité, et dont la traduction politique est l’idéal démocratique avec son accomplissement à l’échelle de l’humanité, l’idéal cosmopolitique. Si ces considérations peuvent sembler abstraites, elles sont en réalité très concrètes, en particulier lorsque vous les utilisez comme critère d’évaluation des valeurs. Vous montrez que sont antihumanistes toutes valeurs fondées sur l’inégalité a priori des humains, comme le racisme ou le nationalisme, ainsi que toute application du principe d’égalité qui trahit le principe de réciprocité, comme l’antispécisme. Pour ce qui est de la guerre au Proche-Orient, fidèle à ce principe de réciprocité, vous espérez que « chaque peuple surmonte un instant sa propre souffrance pour percevoir le peuple ennemi (usurpateur ou assassin) comme susceptible de souffrir lui aussi », et vous défendez la « la seule solution raisonnable et universelle » : deux États dans des frontières sûres et reconnues par la communauté internationale. Ceci n’est pas contradictoire avec votre utopie cosmopolitique. D’abord parce qu’il s’agit moins d’un but – ce que vous appelez une utopie en acte – que d’un idéal régulateur. Ensuite parce que cet idéal cosmopolitique ressemble davantage à une confédération mondiale de fédérations régionales démocratiques. En 2018, dans une recension de votre ouvrage Trois utopies contemporaines qu’il avait faite pour la fondation Jean Jaurès, David Djaïz avait pointé les risques de dépolitisation que comporte un tel projet et défendait plutôt des États-Nations ouverts sur le monde. Comme lui Nicole Gnesotto et Lionel Zinsou ont beaucoup de questions à vous poser. Mais avant de laisser mes camarades vous interroger et user de leur « raison dialogique », pourriez-vous revenir sur ce concept fondamental, puisque c’est à partir de cette définition de l’homme que s’articule toute votre réflexion sur l’humanisme ?Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Aug 7, 2024 • 42min

Bada : Si vous l’avez manqué : Hervé Pierre, comédien (2/2)

Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnement Une conversation entre Hervé Pierre et Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 2 décembre 2022. Hervé Pierre est un comédien et metteur en scène, ex-sociétaire de la Comédie Française qu’il a quittée à l’été 2022. Dans ces badas il revient sur sa longue et riche carrière dans laquelle il a fréquenté de nombreux artistes comme Jean-Louis Hourdin, Jean-Luc Lagarce ou Eric Ruf. Il parle de sa passion pour le théâtre dans lequel il a toujours baigné, mais aussi de son apprentissage à l’Ecole du Théâtre National de Strasbourg. Un parcours marqué par des convictions et un constant amour du jeu.Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

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