Littérature sans frontières

RFI
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Oct 31, 2025 • 29min

Emmanuelle Hutin, être artiste et résistante pendant la Seconde Guerre mondiale

Emmanuelle Hutin a publié un premier récit remarqué, La Grenade (Stock, 2021). En parallèle de l’écriture, elle est directrice artistique indépendante et enseigne le yoga au profit d’associations caritatives. Son nouveau livre Les francs-tireuses est une fiction qui s'inspire de l'histoire vraie de deux femmes artistes qui ont résisté pendant la guerre avec des actions inédites dans l'Histoire. (Rediffusion) «Imagine-t-on pareille témérité ?», écrira Claude Cahun après la guerre. Comment croire qu’un couple de femmes artistes, bourgeoises, cinquantenaires, d’origine juive et à la santé fragile, s’élève seul contre les Allemands pendant les quatre années d’occupation de l’île de Jersey ? Claude Cahun est l’une des figures les plus singulières de l’avant-garde artistique parisienne. Avec Suzanne Malherbe, sa compagne de toujours, elle adhère et participe activement au mouvement surréaliste et révolutionnaire antifasciste. Mais c’est sur l’île de Jersey, où elles s’installent en 1938, que va se déployer leur activité militante. Convaincues que la liberté et l’amour fraternel sont des valeurs universelles, Claude et Suzanne mènent une contre-propagande poétique ; une résistance de papiers, de bouteilles vides et de milliers de tracts signés «Le soldat sans nom» pour créer l’impression d’une fronde au sein même des rangs allemands. Elles sont les francs-tireuses, usant de leurs armes spirituelles pour inciter les soldats à cesser de se battre. Les faits leur ont donné raison : Jersey a été libérée pacifiquement. Les Francs-tireuses s’appuie sur des textes dans lesquels Claude Cahun et Suzanne Malherbe ont raconté leurs années de guerre. Fidèle à leurs actions et à leurs tempéraments, Emmanuelle Hutin s’inspire librement de ces écrits pour rendre hommage au courage de ces résistantes invisibilisées par l’Histoire. (Présentation des éditions Anne Carrière). Illustration musicale : Gnossienne (1) d'Erik Satie. Pour aller plus loin, à découvrir également : À travers les destins croisés de cinq résistantes, Philippe Collin retrace le rôle crucial longtemps oublié des femmes dans la lutte intérieure et extérieure face au nazisme entre 1940 et 1944. Souvent réduites à une poignée de clichés romantiques, les femmes dans l'histoire de la Résistance française sont longtemps restées invisibles. Or, dans un pays vaincu, humilié et privé en partie de sa population masculine, emmenée en Allemagne en captivité dès l'été 1940, les femmes furent les premières à réagir et à initier un esprit d'insoumission. Parmi elles, deux figures illustres : Lucie Aubrac et Geneviève de Gaulle. Ainsi que trois femmes demeurées dans l'ombre : Mila Racine, Simonne Mathieu et Renée Davelly. Destins emblématiques ou méconnus, les trajectoires de ces cinq résistantes vont s'entremêler et se répondre : un récit choral et global qui redonne toute leur place aux femmes aux côtés des hommes. Cet ouvrage est l’adaptation illustrée d’archives inédites ou rares du podcast à succès sur France Inter suivi par plus de 2,5 millions d’auditeurs et plébiscitée par la critique. (Présentation des éditions Albin Michel).
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Oct 24, 2025 • 29min

Charif Majdalani se souvient du Liban d'avant et de l'arrivée de la guerre

Charif Majdalani est écrivain et professeur à l’Université Saint-Joseph à Beyrouth. Il est l’auteur d’une dizaine de livres dont «Histoire de la grande maison» (Seuil, 2005), «Villa des femmes» (Seuil, prix Jean Giono 2015), «Beyrouth 2020 : Journal d’un effondrement» (Actes Sud, prix spécial du jury Femina 2020) et «Dernière Oasis» (Actes Sud, 2021). Son nouveau roman «Le nom des rois» (Stock) a été sélectionné pour le Prix Goncourt 2025. « Et d’un seul coup, le monde qui servait de décor à tout cela s’écroula. J’en avais été un témoin distrait, mais le bruit qu’il provoqua en s’effondrant me fit lever la tête et ce que je vis alors n’était plus qu’un univers de violence et de mort. C’est de celui-là que je suis devenu contemporain. J’avais été, durant des années, dispensé d’intérêt pour ce qui se passait autour de moi par ma passion des atlas, par les royautés anciennes et inutiles et par les terres lointaines et isolées, les berceaux de vieux empires oubliés. Désormais, l’histoire se faisait sous mes yeux et je la trouvais moche, roturière et vulgaire. » (Charif Majdalani) Éditions Stock. Un an après les attaques perpétrées au Liban à l’automne 2024, dix-sept auteurs, tous liés au pays, prennent la plume. Que ce soit sous forme de nouvelle, de lettre, d’article, d’illustration, de poème, de récit ou de souvenir, ils unissent leurs voix pour nous offrir un magnifique recueil collaboratif en soutien au pays du Cèdre. Préface de Céline Bentz. Au Liban, 1,9 million d’enfants et leurs familles font face à une crise humanitaire sans précédent. L’UNICEF est sur le terrain pour leur apporter eau potable, nutrition, soins de santé, éducation et soutien psychosocial. En achetant ce livre, vous contribuez directement au soutien de ces actions vitales. Aidez-les à répondre à l’urgence ! UNICEF 1 livre acheté = 500 comprimés de purification d’eau (Le Livre de Poche).
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Oct 17, 2025 • 29min

Michel Bussi éclaire les ombres du Rwanda à travers une fiction très documentée

Ancien enseignant-chercheur en géographie, Michel Bussi né en 1965 a grandi en Normandie. C’est en 2006, à l’âge de quarante ans, qu'il publie son premier roman, «Code Lupin». Cinq ans plus tard, son polar «Nymphéas noirs», maintes fois récompensé, le révèle au grand public. Depuis, 21 titres ont paru aux Presses de la Cité, 12 millions d’exemplaires ont été vendus dans 38 pays : l’œuvre de Michel Bussi est aujourd’hui incontournable, en France comme à l’étranger. «Un pays si beau, vu du ciel. Un pays, à hauteur d'hommes, si cruel.» Octobre 1990. Le capitaine français Jorik Arteta, en mission au Rwanda, rencontre Espérance, jeune professeure engagée dans la transition démocratique de son pays. 6 avril 1994. Un éclair déchire le ciel de Kigali. Le Falcon du président rwandais explose en plein vol. Commencent alors cent jours de terreur et de sang. Les auteurs des tirs de missiles ne seront jamais identifiés. Quelqu'un, pourtant, connaît la vérité. Noël 2024. Jorik, sa fille et sa petite-fille s'envolent pour le Rwanda. Tous poursuivent leur propre quête, tourmentée par les fantômes du passé. Dans Les Ombres du monde, Michel Bussi fait entrer l'Histoire dans le roman et le roman dans l'Histoire, articulant, en maître du suspense, la construction romanesque avec les faits historiques. (Présentation des éditions Presses de la Cité) ILLUSTRATION MUSICALE : «Petit Pays» de Gaël Faye.
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Oct 10, 2025 • 29min

Blaise Ndala: l'histoire explosive entre le Congo belge et la bombe nucléaire

Après des études de droit en RDC et en Belgique, Blaise Ndala s’installe au Canada en 2007. Il travaille pour Avocats Sans Frontières Canada, puis il intègre le Bureau de l’Enquêteur correctionnel. Son précédent roman, «Dans le ventre du Congo», a reçu le prix Ahmadou Kourouma, le prix Ivoire et le prix Cheikh Hamidou Kane. Son nouveau livre «L'équation avant la nuit» révèle le rôle du Congo belge et de ses réserves d'uranium dans la course entre les Alliés et l'Allemagne nazie pour la fabrication de la bombe atomique.  Lorsque Daniel Zinga accepte l’invitation de Beatriz Reimann pour une conférence à Washington, il s’attend à parler de littérature, du Congo au cœur de ses livres, et à nourrir le trouble que la professeure exerce sur lui. Mais rien ne se passe comme prévu. Beatriz a reçu un courrier anonyme : une vieille photo où posent côte à côte son père Walter Reimann, le prix Nobel de Physique Werner Heisenberg et Adolf Hitler. Que faisait son père avec ces hommes ? Pour Daniel et Beatriz, c’est le début d’une enquête entre Washington, Santiago, Montréal, Berlin et Lubumbashi qui explore cette page méconnue de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale : la course entre les Alliés et l’Allemagne nazie pour fabriquer la bombe atomique grâce à l’uranium du Congo belge. Un grand roman sur la trahison, le pardon, l’engagement, la place de ces peuples des «marges», dont le destin a forgé la grande Histoire. (Présentation des éditions J.-C. Lattès). Illustration musicale : Fela Kuti «Mister follow follow».
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Oct 3, 2025 • 29min

Vanessa Schneider : lettre ouverte à son père, un homme de tout et son contraire

Journaliste, essayiste et romancière, Vanessa Schneider est aujourd’hui grand reporter au Monde. Elle a publié plusieurs essais et six romans parmi lesquels «Tu t’appelais Maria Schneider», consacré à sa cousine actrice (Grasset, 2018), qui a connu un grand succès et a été adapté au cinéma. Son nouveau livre «La Peau dure» est une lettre ouverte à son père, l'écrivain, haut-fonctionnaire et psychanalyste Michel Schneider décédé en 2022. « Pour Vanessa. » C’est ce que Michel Schneider a inscrit sur une pochette destinée à sa fille. Après sa mort, elle y trouve, parmi des papiers, un roman d’un auteur qui leur est cher, Sándor Márai : Ce que j’ai voulu taire. Est-ce un message ? Quels silences cache encore cet homme qui, de romans en essais, de conversations sans fard en actions éloquentes, avait pourtant l’air d’avancer dans la vie à découvert, sans gêne ni retenue ? En revisitant son enfance de fils illégitime ou son engagement politique, en racontant leur vie de famille et leur relation pleine de tendresse et de fureur, Vanessa Schneider essaie de rassembler les morceaux d’un père qui se refusait à être défini. Avec une distance littéraire remarquable, l’autrice dresse le portrait d’un père en même temps qu’elle dépeint une génération d’hommes érigée sur les ruines de la Seconde Guerre mondiale, à la fois singulièrement libre et redoutablement égoïste. (Présentation des éditions Flammarion) Illustration musicale : Glenn Gould - Goldberg variations.
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Sep 26, 2025 • 29min

Percival Everett, le prix Pulitzer 2025, libère l'esclave de Mark Twain

Percival Everett, né en 1956 en Géorgie aux États-Unis, est l'auteur d'une vingtaine de romans dont «Effacement» (2001), qui explore les stéréotypes raciaux dans le monde littéraire, et adapté au cinéma sous le titre «American Fiction» en 2023. Ont suivi «Blessés», «Montée aux enfers» et «Châtiment» dans la veine du polar. Son nouveau roman «James», couronné par le National Book Award et le prix Pulitzer de la fiction en 2025 revisite le classique «Les Aventures de Huckleberry Finn» du point de vue de Jim, l’esclave en fuite.   Traduit de l'anglais (États-Unis) par Anne-Laure Tissut « Ces gamins blancs, Huck et Tom, m’observaient. Ils imaginaient toujours des jeux dans lesquels j’étais soit le méchant soit une proie, mais à coup sûr leur jouet. [...] On gagne toujours à donner aux Blancs ce qu’ils veulent. » Qui est James ? Le jeune esclave illettré qui a fui la plantation ? Ou cet homme cultivé et plein d’humour qui se joue des Blancs ? Percival Everett transforme le personnage de Jim créé par Mark Twain, dans son roman Huckleberry Finn, en un héros inoubliable. James prétend souvent ne rien savoir, ne rien comprendre ; en réalité, il maîtrise la langue et la pensée comme personne. Ce grand roman d’aventures, porté par les flots tourmentés du Mississippi, pose un regard incisif entièrement neuf sur la question du racisme. Mais James est surtout l’histoire déchirante d’un homme qui tente de choisir son destin. (Présentation des éditions de l'Olivier)
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Sep 19, 2025 • 29min

Laurent Gaudé, retour vers le futur et retour à la civilisation grecque

Laurent Gaudé en sept dates. 1972 : naissance à Paris. 1997 : première pièce de théâtre : «Onysos le Furieux» est publié en tapuscrit (Théâtre Ouvert). 2001 : premier roman. «Cris» paraît aux éditions Actes Sud. 2002 : «La Mort du roi Tsongor» obtient le prix Goncourt des Lycéens. 2004 : «Le Soleil des Scorta» obtient le prix Goncourt. Ses deux derniers romans «Chien 51» et «Zem» forment un diptyque policier dont l'action se déroule dans le futur. De retour dans les rues de Magnapole, Zem Sparak, l’ancien flic déclassé de la zone 3 – le «chien» au matricule 51 –, assure désormais la sécurité rapprochée de Barsok, l’homme qui a promis d’abolir les différences de classe et de réunifier la ville. À l’approche du jour censé célébrer l’avancée des Grands Travaux, et alors que toutes les caméras sont tournées vers le port où arrive un cargo chasseur d’icebergs, un container livre une funeste découverte : assis côte à côte, cinq cadavres anonymes portent les traces d’atroces souffrances. L’occasion pour Zem de retrouver l’inspectrice chargée de l’enquête, Salia Malberg. Ensemble, ils vont tenter de comprendre ce que cache le consortium GoldTex : à Magnapole, comme ailleurs, le confort des uns semble bâti sur la vie de milliers d’autres… Ce nouveau roman de Laurent Gaudé est un miroir tendu à nos sociétés consuméristes en proie à l’effondrement. Mais il abrite aussi l’idée d’un ailleurs, d’un refuge face au désastre, nommé résistance. (Présentation des éditions Actes Sud) Site de l'auteur : Laurent Gaudé.
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Sep 12, 2025 • 29min

Rachid Benzine : «Lire c'est un acte d'insubordination aujourd'hui»

Rachid Benzine est enseignant et chercheur associé au Fonds Ricœur. Il est l’auteur de nombreux textes plébiscités par le public et la critique, dont «Lettres à Nour», «Ainsi parlait ma mère», «Des mille et une façons d’être juif ou musulman», dialogue avec Delphine Horvilleur, «Voyage au pays de l’enfance» et «Les Silences des pères», grand prix du roman Métis. Son nouveau roman «L'homme qui lisait des livres» se déroule à Gaza. Entre les ruines fumantes de Gaza et les pages jaunies des livres, un vieil homme attend. Il attend quoi ? Peut-être que quelqu'un s'arrête enfin pour écouter. Car les livres qu'il tient entre ses mains ne sont pas que des objets – ils sont les fragments d'une vie, les éclats d'une mémoire, les cicatrices d'un peuple. Quand un jeune photographe français pointe son objectif vers ce vieillard entouré de livres, il ignore qu'il s'apprête à traverser le miroir. «N'y a-t-il pas derrière tout regard une histoire ? Celle d'une vie. Celle de tout un peuple, parfois», murmure le libraire. Commence alors l'odyssée palestinienne d'un homme qui a choisi les mots comme refuge, résistance et patrie. De l'exode à la prison, des engagements à la désillusion politique, du théâtre aux amours, des enfants qu'on voit grandir et vivre, aux drames qui vous arrachent ceux que vous aimez, sa voix nous guide à travers les labyrinthes de l'Histoire et de l'intime. Dans un monde où les bombes tentent d'avoir le dernier mot, il nous rappelle que les livres sont notre plus grande chance de survie – non pour fuir le réel, mais pour l'habiter pleinement. Comme si, au milieu du chaos, un homme qui lit était la plus radicale des révolutions. (Présentation des éditions Julliard) ILLUSTRATION MUSICALE : Our beloved ones, de RIM BANNA.
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Sep 5, 2025 • 29min

Phillip B. Williams imagine une autre histoire de l'esclavage aux États-Unis

Phillip B. Williams est un poète américain. Né à Chicago en 1986, il est l'auteur des recueils de poésie Bruised Gospels et Burn, Thief in the Interior (qui a remporté le Kate Tufts Discovery Award et un Lambda Literary Award) et Mutiny. Chez nous, son premier roman, vient d'être traduit en français.  Traduit de l'anglais (États-Unis) par Charles Recoursé.  « Ours est un village de Louisiane, aux États-Unis, fondé dans les années 1830 par Sainte, une mystérieuse sorcière noire. Après avoir pris d'assaut des plantations et en avoir libéré les esclaves, elle les rassemble dans ce lieu que ses sortilèges protègent de toute intrusion et qui sera pour eux un havre de paix. Mais au fil du temps, de nouveaux arrivants parviennent à s'introduire dans Ours. Et certains habitants se demandent si la sécurité de leur communauté ne cache pas une autre forme d'asservissement. Saga qui se déroule sur quatre décennies, Chez nous est aussi une exploration du pouvoir, des limites de l'amour, et une réflexion sur la liberté, servies par une écriture poétique et ensorcelante. » (Présentation des éditions Robert Laffont) ► Illustration musicale : « Deathless » de Ibeyi et Kamasi Washington
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Aug 29, 2025 • 29min

«Ô Capitaine, mon Capitaine», l'hommage de Fatou Diome à son grand-père

Fatou Diome, membre de l’Académie royale de Belgique, s’est fait connaître avec Le ventre de l’Atlantique en 2003, traduit en une vingtaine de langues, ce qui lui vaut une notoriété internationale. Ont suivi plusieurs romans dont Kétala, celles qui attendent, Les veilleurs de Sangomar, plusieurs essais politiques et un essai littéraire, Le verbe libre ou Le silence. Son nouveau livre est une déclaration de gratitude à son grand-père qui l'a élevée au Sénégal et qu'elle appelait « mon capitaine ». « Rien de ce qui tient dans une poche ou dans un grenier ne vaut la mémoire des aînés, disait-il. » Une rencontre avec celui à qui Fatou Diome dédicace tous ses livres, son grand-père, pécheur sur l'île de Niodior au Sénégal. Entre appel des souvenirs et invocations, force de l’émotion et saisissement de la langue, ce récit tendre et intime nous livre à mots couverts le secret d’une relation authentiquement forte et fondatrice. (Éditions Albin Michel)

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