Storiavoce, un podcast d'Histoire & Civilisations

Storiavoce
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Feb 6, 2020 • 46min

La Révolution française du côté de la Rose.

En 1989, l’Europe entière célèbre le bicentenaire de la Révolution française. En France, contre-révolutionnaires et adeptes de 1789 s’affrontent à nouveau dans les champs culturels, politiques, historiques. Rien de nouveau. Si ce n’est que le débat semble opposer violemment et diviser profondément deux France. La portée de cette révolution qui se voulait universelle a débordé des frontières. A l’étranger aussi, et surtout en 1989, on parle de Robespierre et de Marie-Antoinette, du sans culotte et du vendéen, des Droits de l’homme et des droits de Dieu. A Londres, le British Museum commémore l’évènement par une exposition au titre pour le moins explicite quant à la teneur idéologique de ladite exposition : L’ombre de la guillotine. L’influence de la Révolution outre-Manche ne s’est pourtant pas arrêtée aux polémiques ou à la contemplation. Sur tout le territoire du royaume, mais surtout en Écosse et en Irlande, les événements de France ont déclenché des réactions profondes, menant parfois les opposants à la couronne d’Angleterre au bord de l’insurrection, voire de la sécession. En réalité, 1789 a bouleversé l’ensemble de la société britannique, l’obligeant à se positionner, de manière radicale et identitaire, vis-à-vis d’un voisin qu’elle avait appris, depuis un siècle, à admirer autant qu’à redouter. Pascal Dupuy est interrogé par Mari-Gwenn Carichon.Les auteurs : Pascal Dupuy est professeur à l’université de Rouen spécialiste de l'histoire des représentations, et de la Révolution française. Il vient de co-écrire avec Harry T.Dickinson : Le Temps des cannibales, la Révolution française vue des îles britanniques (Vendémiaire, 2019, 25 €). Harry T Dickinson est spécialiste de l’histoire de l’Angleterre et professeur émérite à l’université d’Edimbourg. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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Feb 3, 2020 • 48min

Courbe doucement la tête, ô Sicambre!

La scène se passe un 24 décembre à la charnière des Ve et VIe siècles, elle est décrite par le chroniqueur Grégoire, évêque de Tours, quelques décennies plus tard : Remi de Reims a fait préparer la piscine nous dit son récit. Les places sont ombragées de voiles de couleur, les églises ornées de tentures blanches ; le baptistère est apprêté, des parfums sont répandus, des cierges odoriférants brillent… « Nous sommes continue Grégoire comme au milieu des parfums du paradis. Puis le roi s’avance, tel un Nouveau Constantin », pour le baptême. Remi l’interpelle et lui dit : « Courbe doucement la tête, ô Sicambre ; adore ce que tu as brûlé, brûle ce que tu as adoré. » Storiavoce vous propose de revenir sur une des images les plus connues de notre histoire de France, celle du baptême de Clovis : qui était Clovis ? quel était à la fois le contexte politique mais aussi religieux de son époque ? Son choix fut-il un choix politique ou bien le roi s’est-il réellement converti comme en son temps Constantin ? Enfin, et surtout, de quand dater ce baptême ? C’est ce que nous allons demander à Bruno Dumézil.L'invité : Ancien élève de l'École normale supérieure (promotion 1996 Lettres)1, il devient agrégé d'histoire en 1999. En 2003, il soutient une thèse de doctorat sur le thème Conversion et liberté dans les royaumes barbares : ve – viiie siècles sous la direction de Michel Rouche. Il est professeur d'histoire médiévale à Sorbonne Université après avoir été maître de conférences à l'Université Paris Ouest Nanterre La Défense entre 2005 et 2017. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages dont, récemment, Le Baptême de Clovis. 24 décembre 505 ? (Gallimard, 2019). Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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Jan 30, 2020 • 52min

La dernière impératrice

Rien ne distingue en apparence le village de Chabrignac, établi en Corrèze, des autres villages français. Il apparaît d’ailleurs bien moins fascinant que la célèbre ville de Brive-la-Gaillarde qui lui fait de l’ombre. Un court d’eau : la Tournerie, une petite mairie, une église romane et son cimetière. Et pourtant, si l’envie vous prend de flâner dans ses ruelles vous pourrez découvrir la tombe d’une impératrice, la dernière impératrice du Vietnam : Nam Phuong. Comment ne pas s’interroger alors sur la présence de cette mystérieuse princesse ? Qui est Nam Phuong ? Quels liens entre la France et le Vietnam expliquent-ils cette sépulture ? François Joyaux nous propose une histoire de « l’Indochine française vue au travers de l’existence de Nuam Phong » . Il est interrogé par Mari-Gwenn Carichon.L'invité : François Joyaux est historien spécialiste de l’Extrême-Orient. Il est professeur émérite de civilisation à l'Institut national des langues et civilisations orientales mais également fin connaisseur de numismatique. Il est membre de la Société asiatique. Auteur de nombreux ouvrages sur la Chine et l’Asie (Géopolitique de l'Extrême-Orient, Espaces et politiques (éditions Complexe, 1991), La Tentation impériale. Politique extérieure de la Chine depuis 1949 (éditions Actes Sud, 1994) il signe avec Nam Phuong (2019, Perrin, 23.00 €), la première biographie, en français, dédiée à l'impératrice. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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Jan 27, 2020 • 46min

Les champs de l'horreur

Nous sommes le 5 octobre 1941, le secrétaire de police originaire de Vienne, Walter Mattner rédige une lettre destinée à son épouse. Dans cette missive, il décrit des événements qui ont eu lieu l’avant-veille, à l’Est de la Biélorussie, dans la ville de Moguilev : « A l’arrivée des premiers véhicules, dit-il, ma main a tremblé quand j’ai tiré, mais on s’y habitue. Au dixième convoi, je visais calmement et tirais de manière assurée sur de nombreux nourrissons, enfants et femmes. » Walter Mattener était, lui-même, père de deux enfants. Il continue sa lettre en expliquant que la mort donnée aux juifs est une « belle mort (…) en comparaison avec les infernales tortures » de la police politique soviétique. Plus loin, il ajoute : « Ici aussi, je comprends pour la première fois les mots du poète Theodor Mörner : « Aucun enfant dans le ventre de sa mère ne sera épargné. Diable ! Tant de sang, de boue, de corne et de chair n’ai-je pas encore vu. Maintenant, je peux comprendre l’expression l’ivresse de sang. » A l'heure que nous commémorons le 75e anniversaire de la découverte des camps d’Auschwitz, Storiavoce vous propose un voyage dans l’horreur : celui du front de l’Est pendant la Deuxième Guerre mondiale. Avec Jean Lopez, nous vous en avons donné les clés et les ressorts politiques et militaires dans deux émissions consacrées à l’opération Barbarossa. Aujourd’hui, nous allons aborder une question peut être trop méconnue. On croyait avoir tout dit sur le génocide, or le mouvement historiographique qui montre l’importance du front de l’Est pendant le conflit mondial nous révèle aussi les « massacres de masse qui touchèrent la population juive. » Alors que l'on connaissait bien le travail macabre des Einsatzgruppen, Marie Moutier-Bitan, elle, est partie à la recherche des victimes. Elle est interrogée par Christophe Dickès. L"invitée: Doctorante en histoire contemporaine, Marie Moutier-Bitan travaille sous la direction d'Edouard Husson, sur "L'organisation locale des fusillades des Juifs sur les territoires soviétiques occupés par les nazis. 1941-1944". Chercheuse et responsable des archives au sein de l'association Yahad-in Unum depuis 2009, elle a effectué de nombreux séjours de recherche en Allemagne et en Europe de l'Est, ainsi qu'a l'United States Holocaust Memorial Museum. Elle est déjà l'auteur des Lettres de la Wehrmacht (Perrin). Elle vient de publier chez Passés / Composés Les champs de la Shoah (480 pages, 24€) Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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Jan 22, 2020 • 49min

Jacques de Molay, le dernier Templier

Le soir du 19 mars 1314, se consume la fin du plus prestigieux ordre de chevalerie, celui des Templiers. Son grand-maître, Jacques de Molay est condamné par Philippe le Bel, et l’ordre aboli par le pape Clément V. Objet des fantasmes mais également figure tombée dans l’oubli, Jacques de Molay semble appartenir à la légende et désintéresser l’histoire : Que sait-on réellement de ce chevalier ? Qui en a fait un héros tragique ? Pourquoi la persistance des mythes ? Quelle crise politique cache l'affaire des Templiers ? L'ordre n'est-il pas tombé parce qu'il avait perdu sa raison d'être ? Déconstruire les mythes qui ont façonné et créé Jacques de Molay pour retrouver son vrai visage, c’est l’ambition de Philippe Josserand qui a publié une biographie de Jacques de Molay, le dernier grand-maître des Templiers. Il est interrogé par Mari-Gwenn Carichon.L'invité : Philippe Josserand est historien, spécialiste des croisades et des ordres militaires. Il a publié plusieurs ouvrages sur le sujet et notamment : Prier et combattre, Le dictionnaire européen des ordres militaires au Moyen Age (Fayard, 2009) avec Nicole Bériou. Son ouvrage sur Jacques de Molay (Belles-Lettres, 2019) vient de recevoir le Prix Daniel Ligou d’Histoire politique, sociale et maçonnique, 2019. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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Jan 20, 2020 • 43min

Constantin de la Tétrarchie à la Grandeur

Dans un ouvrage essentiel et richement illustré, Claire Sotinel revient non pas tant sur les causes de la chute de l’empire mais plutôt sur ses mutations entre 212 et la fin du Ve siècle, de Caracalla à Théodoric. Or, c'est sur cette longue période que se situe le règne de Constantin le Grand. Dans quel contexte arrive t'il au pouvoir? Quel rôle joue la tétrarchie dans cette ascension? Quelle était la nature de l'instabilité politique, militaire et économique de l'époque? Comment Constantin s'impose-t-il? Quel rôle joue la bataille du Pont Milvius? Enfin, quelle place accorder à sa fameuse conversion puis à sa politique religieuse? Enfin, quel type de gouvernement va t'il exeercer? L'historienne Claire Sotinel répond à Christophe Dickès.Notre professeur : Claire Sotinel est professeur d’histoire romaine à l’Université Paris Est Créteil et dirige le Centre de Recherche en Histoire Européenne Comparée. Spécialiste de l’Antiquité tardive, elle s’intéresse particulièrement à l’impact des changements religieux sur les sociétés de la Méditerranée occidentale entre le IIIe et le VIe siècle. Elle vient de publier Rome la Fin d’un empire De Caracalla à Théodoric (212-fin du Ve siècle) chez Belin dans la Collection Mondes anciens de Joël Cornette. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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Jan 16, 2020 • 42min

La tragédie d'un tsar fou

Dans la nuit du 30 septembre au 1er octobre 1754, la Russie a enfin un nouvel héritier. Catherine Alexeïneva et le futur empereur Pierre III ont attendu 9 ans pour présenter au peuple russe le petit Paul Pétrovitch. L'enfant, est néanmoins issu d'une union illégitime de Catherine et de l'un de ses amants. Arraché à sa mère à la naissance, il comprend l'assassinat de son père à sept ans. « Enfant il contracte des idées, des sentiments et des ambitions auxquels ne répondra jamais la capacité d’un cerveau où les facultés émotives l’emporteront toujours sur les autres » aura dit historien russe à son sujet. Hanté par la peur du complot et du meurtre, souffrant d’une mauvaise santé, impulsif et misanthrope, Paul Ier n’avait pas l'étoffe d’un empereur. Il vit 42 ans à l'ombre de la splendide et terrible Catherine II. Il est ensuite un tsar mal aimé, un ami abandonné, un mari trahi, ne manquant pourtant pas d’ambition pour la Russie. A sa mort, la mémoire de son règne est une fois de plus éclipsée par celui de sa mère. Storiavoce vous invite à vous attarder sur le tsar mal-aimé, dans l'ombre de Catherine II. Alain Blondy est interrogé par Mari-Gwenn Carichon.L'auteur : Alain Blondy est l'auteur de la biographie de Paul Ier, la folie d'un tsar paru aux éditions Perrin (janvier 2020). Professeur au CELSA, il est historien, spécialiste de l’Ordre de Malte, et des états méditerranéens. Il a écrit notamment Le monde méditerranéen 15 000 ans d'histoire (Perrin, 2018), Bibliographie du monde méditerranéen. Relations et échanges (1453-1835) (Paris, PUPS, 2003) et Chrétiens et Ottomans de Malte et d'ailleurs (Paris, Presses de l'Université de Paris-Sorbonne, 2013). Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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Jan 13, 2020 • 43min

L'empire ou la recherche d'une gloire passée? (212-Fin Ve sc)

La fin de l'empire romain a fait couler beaucoup d'encre... Dans un ouvrage essentiel richement illustré, Claire Sotinel revient non pas tant sur les causes de la chute de l'empire mais plutôt sur ses mutations entre 212 et la fin du Ve siècle, de Caracalla à Théodoric. La période concernée enviait-elle l'époque précédente? Était-elle à la recherche d'une gloire passée? Quelles était la réalité de l'unité et de la sécurité de l'empire? Quelles en sont ses mutations? Peut-on parler de fin d'un monde et comment définir le concept d'antiquité tardive? L'auteur répond aux questions de Christophe Dickès dans ce premier volet de nos [Cours d'Histoire] antique qui en comptera deux.Notre professeur: Claire Sotinel est professeur d’histoire romaine à l’Université Paris Est Créteil et dirige le Centre de Recherche en Histoire Européenne Comparée. Spécialiste de l’Antiquité tardive, elle s’intéresse particulièrement à l’impact des changements religieux sur les sociétés de la Méditerranée occidentale entre le IIIe et le VIe siècle. Elle vient de publier Rome la Fin d’un empire De Caracalla à Théodoric (212-fin du Ve siècle) chez Belin dans la Collection Mondes anciens de Joël Cornette. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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Jan 9, 2020 • 54min

1914-1918 : une histoire méconnue?

« L’histoire est la mémoire du monde » nous dit Henri Lacordaire. Quelle responsabilité alors que celle de l’historien, dépositaire, et transmetteur du passé! L’histoire n’existant bien entendu que si on nous la raconte. Pourquoi choisit-il d’estimer tel ou tel événement ? Comment peindre la fresque du passé avec relief pour que s’en dégage les instants fondateurs de l’histoire ? Pourquoi lorsqu’on parle de la Première Guerre mondiale on évoque avant tout Verdun, les taxis de la Marne et l'attentat de Sarajevo et l'on s’attarde trop peu sur le Moyen-Orient ou le front russe ? C’est pour mettre en relief tous ces faits méconnus que nous recevons aujourd’hui, Jean Philippe Renault, historien de formation, spécialiste de la Grande Guerre. Il est interrogé par Mari-Gwenn Carichon.L'invité: Jean-Philippe Renault s'est fait connaître par ses travaux publiés sur le blog Acier et tranchées avant d’entreprendre la rédaction du livre 1914 – 1918 : batailles et campagnes méconnues (19,00€) publié aux éditions Maia en octobre 2019. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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Jan 6, 2020 • 22min

Le siècle des révolutions (III/III): Le choc des modèles (1770-1780)

Troisième partie de notre [Cours d’Histoire] consacré aux siècles des Révolutions. Peut-être plus encore que par les mouvements de révolte en tant que tels, la pensée révolutionnaire a été inspirée par les représentations idéalisées des manifestations contestataires. Comment la France perçoit-elle l'Indépendance des Etats-Unis ? Quelles sont les causes politiques réelles qui ont entraîné tout au long du XVIIème siècle, la chute de la monarchie ? Peut-on dire que la Révolution française se voulait universelle contrairement aux révolutions britanniques et ce dès ses origines ? Après avoir rêvé et idéalisé le phénomène révolutionnaire, la France passe de la fascination à la réalisation d'une Révolution qu'elle souhaite ériger en modèle universel.L'invité : Edmond Dziembowski est historien, spécialiste d’histoire politique et culturelle du XVIIIème siècle. Auteur de nombreux livres et notamment d'une admirable biographie des frères Pitt (Perrin, 2006) ainsi qu'un ouvrage sur la Guerre de sept ans (Perrin, 2015), couronné par le Prix Chateaubriand. Il vient de publier chez Perrin, Le siècle des Révolutions 1660-1789. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

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