La Pause géopolitique

Anne Battistoni, Major-Prépa
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Jan 9, 2023 • 39min

Quelle politique étrangère pour les États-Unis après les élections de midterms ?

L’administration de Joe Biden a fait voter depuis l’invasion Russe une aide militaire à l’Ukraine d’un montant de près de 60 milliards de dollars entre février et novembre 2022. L’Ukraine n’est pas membre de l’OTAN, les États-Unis n’étaient donc aucunement obligés de leur porter secours comme ce serait le cas si la Russie agressait par exemple un État balte. L’article 5 du Traité de l’Atlantique Nord spécifie en effet une aide des pays membres de l’alliance à tout pays agressé par une puissance extérieure. Néanmoins les Etats-Unis entendent soutenir la liberté des Ukrainiens, leur droit à disposer d’eux-mêmes face aux Russes, adversaires de toujours. En cela, ils sont fidèles à une posture internationaliste et libérale qui est la leur depuis des décennies.  Avant l’élection, une trentaine de représentants démocrates publiaient une tribune qui remettait en cause la pertinence de cette aide, expliquant qu’il était également temps de se préoccuper des difficultés intérieures du pays. Cette tribune suscita aussitôt moult protestations, au sein du parti démocrate et au-delà, et fut ainsi enterrée. Est-ce le signe qu’il n’y a que peu de débat sur la politique extérieure américaine ? L’unanimisme prévaut-il ? Que change la victoire républicaine à la Chambre des représentants ? Les faiblesses de la démocratie américaine peuvent-elles être compatibles avec une action extérieure résolue ?   La Pause géopolitique est un podcast édité par Major-Prépa et animé Anne Battistoni, ex-professeure de géopolitique en classe préparatoire.
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Dec 21, 2022 • 41min

L’Iran : d’une révolution à l’autre ?

En cette fin d’année 2022, l’Iran est au cœur de l’actualité. Fin novembre, l’Agence internationale de l’Énergie Atomique (AIEA) confirmait que l’Iran commençait à produire de l’uranium enrichi à 60 %. Ce faisant, le pays s’approche du seuil de 90 % nécessaire pour produire une bombe nucléaire, et s’éloigne  toujours un peu plus de ce qui était prévu par l’accord de 2015 qui n’autorisait le nucléaire qu’à des fins civiles. Certes cet accord de 2015, connu sous le sigle JCPOA, avait été dénoncé par l’administration Trump en 2018. Agissant ainsi, l’Iran montre sa détermination à obtenir l’arme nucléaire et qu’il ne croît pas à la renégociation de l’accord en dépit des discussions en cours à Vienne voulue par la nouvelle administration Biden. Il est clair que l’arme atomique est une carte que l’Iran veut conserver pour peser dans la géopolitique régionale et mondiale, mais également pour affirmer un régime aujourd’hui contesté à l’intérieur depuis septembre par des manifestations.Début décembre, le pouvoir annonça qu’il allait réviser la loi de 1983 sur le port du voile islamique, signe que le régime est inquiet de l’ampleur de la contestation  Si la place de l’Iran dans les rapports de force moyen-orientaux et mondiaux est intéressante à décrypter, l’actualité intérieure lui donne un éclairage nouveau et révèle ses enjeux. Mais que se passe-t-il aujourd’hui en Iran ? Les manifestations de la jeunesse sont devenues un mouvement plus large qui remet en cause le régime. Faut-il pour autant y voir une nouvelle Révolution et le prélude à des bouleversements géopolitiques régionaux ?
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Nov 16, 2022 • 41min

Les ambitions géopolitiques du Qatar : si petit, si visible … si puissant ?

En octobre dernier, le jeune général Mahamat Idriss Déby était investi président du Tchad. Ceci clôturait, à la grande déception de l’opposition, le dialogue national inclusif qui pendant six mois avait donné lieu à des discussions entre gouvernement et mouvements d’opposition tchadiens. Où avaient eu lieu ces négociations ? À Doha, capitale du Qatar où 200 délégués tchadiens s’étaient réunis depuis le mois de mars.  Plus médiatique, c’était aussi au Qatar que Talibans et Américains avaient négocié l’accord de Doha en février 2020 ouvrant la voie au départ des troupes américaines de Bagdad qui fut effectif à l’été 2021.  Comment ce petit pays arrive-t-il à servir de médiateur dans des conflits aussi variés ?  Mini État, maxi influence ?  Qu’est-ce qui le rend indispensable ? Le Qatar agit-il de manière désintéressée, ou plutôt quel est son intérêt ?  Ce podcast est animé par Anne Battistoni, ancienne professeur de géopolitique en classe préparatoire. Il est réalisé par Major-Prépa, média de référence des étudiants en prépa économique et commerciale.
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Nov 8, 2022 • 39min

Le Brésil sera-t-il éternellement un pays d’avenir ?

Intéressons-nous aujourd’hui à l’Amérique Latine et au Brésil particulièrement où vient de se dérouler une élection présidentielle (mais également législative, sénatoriale et locales) dont les enjeux sont particulièrement importants pour le pays, l’Amérique latine et le monde. La campagne électorale fut âpre, violente, longue et conduisit à une polarisation inédite du corps électoral ; la victoire de Lula fut étroite et remarquable parce qu’elle signifie le retour au pouvoir d’un mythe politique, mais aussi le premier échec d’un président en poste à se faire réélire. La route qui s’ouvre est difficile pour Lula et le Brésil et je vous propose de mettre cela en perspective en nous interrogeant sur les difficultés d’un pays, promis depuis bien longtemps à un avenir prometteur mais qui semble incapable de concrétiser ces promesses. Une énigme brésilienne. Ce podcast est réalisé par Major-Prépa avec Anne Battistoni, ancienne professeur de géopolitique en classe préparatoire.
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Oct 14, 2022 • 34min

Le défi alimentaire mondial : où en est-on aujourd’hui ?

Comment nourrir l’humanité en expansion, alors que les ressources de la planète s’épuisent ? Pourquoi, depuis des décennies d’efforts de la communauté internationale, la faim n’est-elle pas en voie d’éradication ?La question a pris une actualité nouvelle avec la guerre en Ukraine. Au point que la question se pose de savoir si la guerre lancée par Poutine n’allait pas aboutir à une famine mondiale. Les choses ne sont pas si simples et la question mérite d’être approfondie.
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Sep 23, 2022 • 34min

Quels horizons géopolitiques pour cette rentrée 2022/2023 ?

Le monde traverse une situation internationale tendue, clivante, dangereuse depuis février 2022, date de l’agression russe contre l’Ukraine. Depuis, sur tous les fronts, l’économie, la politique, les relations internationales, les nuages semblent s’accumuler.Quels sont les enseignements géopolitiques de l’été ? Comment la Terre a-t-elle continué de tourner ? Y a-t-il des tendances géopolitiques qui se sont confirmées ? L’été a-t-il permis une trêve diplomatique ou les rapports de force se figent-ils ?
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Jun 14, 2022 • 34min

Géopolitique du numérique

Elon Musk a annoncé le rachat du réseau social Twitter (pour 44 milliards de dollars) en avril dernier. L’affaire continue de faire couler beaucoup d’encre, le rachat étant suspendu mi-mai à l’examen des faux comptes existants. La fortune de Musk vient à l’origine du numérique avec le succès initial de PayPal, dont il se désengagea rapidement. Il a ensuite connu des réussites industrielles avec l’entreprise Tesla et SpaceX.Politiquement, Elon Musk est un libertarien. C’est-à-dire qu’il est attaché à une conception très minimaliste de l’État. Il est, selon ses mots, « un absolutiste de la liberté d’expression ». Logiquement, il est hostile aux démocrates et c’est ainsi qu’il a déplacé le siège social de Tesla de la Californie vers le Texas, une terre plus républicaine.Il a expliqué que le rachat de Twitter répondait à un double objectif : augmenter la liberté d’expression par le biais de ce réseau et mieux valoriser l’entreprise, qui a perdu 220 millions de dollars en 2021 (sur cinq milliards de chiffre d'affaires). Il a affirmé qu’il était prêt à redonner à Trump son compte Twitter, que ce dernier avait perdu après l’attaque par ses supporters du Capitole.Musk explique que tout ceci se fera conformément à la loi, mais beaucoup s’interrogent. Ce réseau social, qui a 220 millions d’utilisateurs au quotidien, est une vraie source de puissance et d’influence. La vision libertarienne d'Elon Musk crée le risque de laisser libre cours à la désinformation, à la haine, au complotisme, au racisme, puisqu'il entend modérer les modérateurs…Or, des études scientifiques récentes ont montré que sur Twitter, les fausses informations circuleraient six fois plus vite que les vraies. Ou encore, qu’une fausse information a 70 % de chance de plus d’être republiée qu’une vraie information. Rien de surprenant, car les gens sont attirés par le spectaculaire, le disruptif, le choquant…Alors Twitter, un faiseur d’opinions ? Et Musk, qui en moins de trois jours a mis sa constellation de satellites Starlink à disposition du gouvernement ukrainien pour la réception d’Internet, devient-il un acteur politique et géopolitique ?
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May 31, 2022 • 36min

La Chine de Xi Jinping vers le totalitarisme ?

La Chine est d’ores et déjà la première puissance démographique, industrielle et commerciale mondiale. Dans une dizaine d’années, elle sera la première puissance économique mondiale par le PIB et ambitionne le premier rang dans tous les domaines à l’horizon du centenaire de sa révolution. C’est-à-dire en 2049.La guerre en Ukraine a mis en valeur indirectement son rôle pivot. Tout isolement de la Russie butant sur l’axe Pékin-Moscou. Il existe une incontestable convergence politique, voire idéologique, entre ces deux pays dans leur volonté de désoccidentaliser le monde. Mais pour quelle alternative ?Cet article va traiter du régime politique chinois, qui multiplie en ce moment les signes de fermeture. Que veut dire désormais l’appellation de régime communiste ? Qu'y a-t-il de commun entre la Chine de Mao, de Deng Xiaoping et de Xi Jinping ? Les transformations économiques radicales, la reconnaissance de la propriété privée, l’instauration d’un capitalisme d’État ont brouillé la vision que l’on peut avoir du régime communiste chinois.Alors quelle est sa nature ? La Chine conteste l’Occident, mais que propose-t-elle en miroir ?
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May 12, 2022 • 38min

L’Union indienne est-elle menacée par l’hindouisme radical ?

Cet épisode va traiter de l’Inde, puissance émergente qui se démarquait jusqu'alors d’autres géants émergents comme la Chine et la Russie par sa démocratie. Le 31 mars 2022, en plein conflit ukrainien, le ministre des Affaires étrangères russes, Sergueï Lavrov, s’est rendu en Inde. Le pays s’était abstenu de condamner la Russie lors du vote au Conseil de sécurité, dénonçant la guerre russe en Ukraine. Cette abstention fut remarquée.Pourtant, l’Union indienne ne s’était-elle pas rapprochée des États-Unis dans la région Indopacifique pour mieux contrer la montée en puissance chinoise ? Alors, quel est le positionnement stratégique du pays ? L’Union indienne est-elle dans le camp des démocraties ? Ses liens historiques avec la Russie (qui lui vend une partie notable de son armement) et son désir de voir un nouvel ordre mondial émerger expliquent-ils sa neutralité bienveillante pour Poutine ? Sa démocratie est-elle si déterminante que cela ?En mars 2022, les résultats des élections régionales dans quatre États de l’Union indienne tombaient. Ils consacraient la victoire du BJP dans trois États sur quatre, et surtout dans le plus important d’entre eux, l’Uttar Pradesh. Ces élections régionales avaient valeur de test pour le parti au pouvoir, qui cherche à polariser au maximum la société avec un discours très clivant et hostile aux musulmans.J.-Joseph Boillot écrivait début 2022 que « l’Inde est aujourd’hui à feu et à sang ». Les appels à la haine sont devenus monnaie courante depuis le début d’année, des groupes ultranationalistes lancent des appels au meurtre de musulmans en toute impunité. Le parti de Modi, sorti victorieux des urnes en dépit de sa gestion assez calamiteuse de la pandémie, semble indiquer que la démocratie indienne évolue vers moins de liberté, moins de tolérance, plus de fractures entre les groupes et les religions.
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Apr 19, 2022 • 35min

Concours J-7 : tour du monde de l'actualité géopolitique 2022

L’attaque russe contre l’Ukraine, débutée le 24 février 2022, bouleverse autant l’équilibre géopolitique que géoéconomique mondial. C'est également un puissant révélateur des rapports de force et des équilibres qui se dessinent dans ce monde du XXIᵉ siècle. Est-il possible de tirer quelques enseignements de ce qui se passe, à la fois sur l’utilité de la guerre et le concept de puissance ?Que dit ce conflit des formes et de l’utilité de la guerre au XXIᵉ siècle ?La guerre en Ukraine semble démontrer que la puissance militaire est d’un intérêt limitéCela se sait depuis longtemps, les Américains en ont fait l’expérience au Viêtnam, en Irak au XXIᵉ siècle, et singulièrement en Afghanistan (qu’ils ont quitté cet été). Il pouvait sembler paradoxal que V. Poutine fasse confiance à la puissance militaire pour atteindre ses objectifs, même si – et c’est une différence notable avec les États-Unis – il ambitionne des gains territoriaux. Il a en effet une vision territoriale et même impériale de la puissance. La Crimée lui avait montré que c’est possible.Certes Poutine a la suprématie aérienne, mais son armée est fidèle à ce qu’elle est sur le papier, avec le 1/12e du budget US, ses moyens sont limités et l’Ukraine est un gros morceau. Ce n’est pas l’impuissance de la puissance, ici, mais il est clair que le militaire ne conduit pas à une solution politique durable. Mais Poutine excelle dans l’art des conflits gelés, où une situation militaire acquise sans règlement politique perdure et finit par faire primer la loi du plus fort. C’est peut-être ce qu’il escompte en concentrant ses forces sur les territoires de l’Est et des rives de la mer Noire.

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