

Choses à Savoir HISTOIRE
Choses à Savoir
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Jun 29, 2023 • 2min
Qui est le « tapissier de Notre Dame » ?
Né en 1628, le futur maréchal de Luxembourg appartient à la grande famille des Montmorency. Au moment de la naissance du futur militaire, elle n'est guère appréciée, ni de Louis XIII, ni de son ministre, le cardinal de Richelieu.En effet, au début des années 1630, son cousin et son propre père sont exécutés pour s'être battus en duel, alors que les édits de Richelieu interdisaient formellement cette pratique, qui décimait la noblesse de France.Le jeune Henri-François de Montmorency est alors recueilli par sa tante, la princesse de Condé. Il sera élevé avec son cousin, le duc d'Enghien, qui l'entraînera dans les désordres de la Fronde.Puis, en 1659, Montmorency et Condé, qui s'étaient exilés, rentrent en France et retrouvent la faveur royale. Le futur maréchal de Luxembourg débute très tôt dans le métier des armes, puisqu'en 1643, âgé de 15 ans, il participe à la bataille de Rocroi, qui marque la fin de la domination militaire des Espagnols.Il participe aussi aux guerres de la Fronde. Au début de la guerre de Dévolution, en 1668, il obtient un important commandement.Les nombreuses guerres menées par Louis XIV lui offrent d'autres opportunités. Durant la guerre de Hollande, en 1675, il devient l'un des huit nouveaux maréchaux de France promus par le Roi.Sa réputation fait des jaloux. À l'occasion de l'Affaire des poisons, il est ainsi accusé de pactiser avec le diable. Les intrigues de ses ennemis lui valent ainsi, en 1680, un bref emprisonnement à la Bastille.Mais le maréchal de Luxembourg, rentré en grâce, reprend bientôt le fil de sa carrière. Malgré son âge avancé, du moins pour l'époque, il commande encore d'autres armées, jusqu'à sa mort, survenue en 1695.Comme il était d'usage, le maréchal, souvent victorieux, fit enlever les drapeaux de l'ennemi sur les champs de bataille. Ils furent suspendus dans la nef et le chœur de la cathédrale Notre-Dame de Paris.Mais il y en avait tant que ces emblèmes lui valurent le glorieux surnom de "tapissier de Notre-Dame". Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Jun 28, 2023 • 2min
Quelle cité légendaire a été retrouvée en Mer du Nord ?
En 1362, l'île de la mer du Nord sur laquelle s'est édifiée la petite ville marchande de Rungholt, est submergée par un raz-de-marée. La cité, engloutie sous des vagues gigantesques, aurait disparu dans les flots.D'après les traditions locales, la ville aurait été punie par Dieu. Comme les habitants de Sodome et Gomorrhe, ceux de Rungholt auraient succombé à de nombreux péchés. La colère divine se serait ainsi abattue sur des impies et des ivrognes.Mais, jusqu'à aujourd'hui, on ignorait si cette "Atlantide du Nord" était une simple légende ou s'il s'agissait d'une ville réelle, emportée par les flots. Il faut noter que le tsunami, lui, s'est bien produit.Surnommé la "Grande Noyade" par les habitants, il aurait fait des milliers de victimes en une seule nuit.Il semble que des archéologues allemands viennent de trancher la question. La ville de Rungholt aurait bien existé et elle aurait été submergée par une tempête d'une puissance exceptionnelle.Ils ont en effet retrouvé, près de l'île de Südfall, dans la mer des Wadden, des vestiges qui pourraient remonter à l'époque où la ville de Rungholt aurait été engloutie par une mer déchaînée.Des fouilles ont été aussitôt entreprises et des sédiments prélevés. Les scientifiques ont mis à jour des parties notables de la cité disparue, s'il s'agit bien d'elle.Ils ont en effet repéré un port et une digue, des éléments essentiels si l'on se souvient que le commerce était la principale activité de la ville. Ils ont aussi, partiellement exhumé les restes de deux églises, dont l'une paraissait occuper une place centrale dans la cité.Quant aux vestiges d'un système de drainage, découvert lui aussi sous l'eau, ils montrent que les habitants de Rungholt, si c'est bien la ville retrouvée, s'adonnaient aussi à l'agriculture.Mais, pour les archéologues, le temps presse. Ces découvertes, si importantes pour l'histoire locale, sont fragiles. En effet, elles sont menacées par l'érosion. Il faut donc recueillir le plus d'indications possible avant que le site ne devienne inexploitable. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Jun 26, 2023 • 2min
Pourquoi les Aztèques ont-ils disparu ?
L'Empire aztèque, qui correspond à peu près au Mexique actuel, s'effondre très vite, en 1521, sous les coups que lui porte le conquistador espagnol Hernan Cortes. Mais, par ailleurs, sa population est rapidement décimée.Les historiens se sont longtemps demandé pourquoi. On a invoqué l'intensité des combats qui aboutirent à la conquête de l'Empire aztèque. Ainsi, environ 40.000 combattants aztèques périssent dans les combats qui se terminent par la prise de Tenochtitlan, la capitale de l'Empire.Par ailleurs, la violence exercée par les Espagnols, ou du moins beaucoup d'entre eux, à l'égard des autochtones, est aussi considérée comme l'une des causes de cette diminution spectaculaire de la population locale.Elle s'est ainsi manifestée par l'introduction de la "mita", qui obligeait les hommes âgés de 15 à 50 ans à travailler dans les mines, notamment les mines d'argent du Potosi. Les conditions de travail y étant très dures, des millions d'Indiens sont morts en quelques années.Mais les historiens ont découvert une autre raison de cette hécatombe. Et elle est déterminante. Si autant d'Aztèques ont succombé, en peu de temps, ce serait à cause du virus de la variole.Il aurait été introduit au Mexique par des soldats qui, en 1520, débarquent au Mexique. Parmi les passagers, plusieurs Amérindiens, venant de Cuba, et un esclave africain, auraient été contaminés par le virus.À partir de là, la maladie se serait répandue comme une traînée de poudre. Ainsi, 200.000 personnes seraient mortes à Tenochtitlan durant l'hiver 1520-1521. La population de la capitale aurait été réduite de 60 % en quelques mois.La maladie n'aurait pas seulement fait des ravages dans l'Empire aztèque. Ainsi, la population de l'île d'Hispaniola, que se partagent aujourd'hui Saint-Domingue et Haïti, voit sa population passer d'un million d'habitants en 1492 à environ 30.000 en 1520.On a des descriptions contemporaines de la maladie. Elles nous montrent des Amérindiens couverts de pustules, des rues jonchées de cadavres et une odeur pestilentielle, qui empuantissait l'air des villes. Cette épidémie de variole de 1520-1521 aurait emporté entre 30 et 35 % de la population de l'Empire aztèque. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Jun 25, 2023 • 2min
Pourquoi les médecins ont-ils pratiqué l'uroscopie ?
De nos jours encore, les médecins ont recours à des analyses d'urine, pratiquées par des laboratoires. Elles permettent notamment de déceler la présence d'infections urinaires ou de certaines maladies rénales.Ces examens sont une lointaine survivance d'une très ancienne pratique, connue sous le nom d'"uroscopie". Elle consistait à repérer les traces de très nombreuses maladies, et, d'une manière plus large, à déterminer l'état de santé du patient, à la seule vue de son urine.Cet usage médical remonte à l'Égypte ancienne et on le retrouve aussi bien en Inde que dans l'Empire byzantin. Il est introduit en Europe à partir du XIe siècle. Des médecins prestigieux, à commencer par Hippocrate, y avaient recours.Le médecin versait l'urine du patient dans un récipient appelé "matula" ou, plus simplement, "urinal". Il en est parfois arrivé à symboliser la pratique même de la médecine, ce qui en dit long sur le crédit accordé à cette pratique.Pour établir son diagnostic, le praticien examine les dépôts urinaires qui se sont formés dans le récipient. Il en étudie l'aspect et les formes. La couleur de l'urine lui apporte également de précieuses indications. Sa clarté, et même la mousse qu'elle forme, sont également interprétées par le médecin.Toutes ces précisions sont notamment données par ce qu'on appelle la "roue des urines". Il s'agit d'une sorte de nuancier, composé d'un certain nombre de couleurs d'urine, et parfois même de saveurs.Mais les médecins ne se contentaient pas d'examiner l'urine de loin. Ils y plongeaient aussi le doigt, pour vérifier sa consistance, et n'hésitaient pas même à la goûter.Les médecins du Moyen-Âge prisaient beaucoup cette technique de diagnostic. Ils la préféraient même souvent à l'examen du sang, de la sueur ou des crachats du malade. Avec la prise du pouls, l'uroscopie est alors considérée comme un examen médical essentiel.L'uroscopie, en tant que technique de diagnostic médical, disparaît progressivement à partir du XVIIIe siècle. De son côté, la "roue des urines" est utilisée plus longtemps par les médecins. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Jun 22, 2023 • 2min
Pourquoi boire du café à Constantinople a été un acte controversé ?
Sans doute cultivé d'abord en Éthiopie, puis connu au Yémen, vers le XIIe ou le XIIIe siècle, le café s'est ensuite répandu en Arabie puis dans l'ensemble des pays dominés par l'Islam.C'est vers 1550 qu'il est introduit dans l'Empire ottoman par des marchands syriens. Ce breuvage y connaît aussitôt un vif succès. À tel point que la capitale de l'Empire, Constantinople, comporte bientôt quelque 600 "kahvzhanes", où les amateurs dégustaient leur "kahveh", qui est devenu notre "café".Mais ces lieux, et leurs habitués, étaient suspects aux yeux du sultan Mourad IV, qui règne de 1623 à 1640, et dont les pratiques tyranniques ont laissé une lugubre trace dans l'histoire du pays.Mais qu'est-ce que ce souverain despotique pouvait reprocher au café ? Peut-être de se faire trop longtemps désirer. Préparé à la turque, l'élaboration du café prenait en effet du temps.En attendant d'être servis, les consommateurs jouaient au jaquet et aux échecs ou écoutaient des poèmes ou de la musique. Mais ils ne se privaient pas non plus de commenter les événements du jour et de critiquer le gouvernement.Si le sultan était aussi sûr de ses informations, c'est qu'il les avait recueillies lui-même. En effet, ce souverain soupçonneux avait l'habitude de se promener incognito dans les rues de sa capitale et d'entrer dans les établissements où l'on servait du café.Convaincu que les "kahvzhanes" sont des lieux d'opposition, Mourad IV les fait fermer et condamne à mort des milliers de buveurs de café, qui sont jetés dans le Bosphore, cousus dans un sac.Dans la foulée, il interdit la consommation de café, sous prétexte que sa torréfaction faisait courir des risques d'incendie à la ville. Il prohibe aussi le tabac et l'alcool, ce qui est assez ironique quand on sait que le sultan est lui-même mort d'une cirrhose du foie.Outre de vagues raisons morales, l'interdiction de ces substances s'explique surtout par le fait que leur consommation servait de prétexte à des réunions qui pouvaient s'avérer dangereuses pour l'autorité du sultan. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Jun 21, 2023 • 2min
Quelle boisson fut exportée par Christophe Colomb ?
La découverte de l'Amérique par Christophe Colomb et les grands voyages des navigateurs espagnols et portugais, aux XVe et XVIe siècles, ont permis aux Européens de nouer de fructueux contacts avec les habitants de ces nouvelles contrées.Parmi les échanges ayant entraîné un enrichissement mutuel de ces peuples, figurent, en bonne place, les liens culinaires. Des scientifiques britanniques ont ainsi constaté que le vin avait été apporté très tôt dans le Nouveau Monde.Ils ont tiré cette conclusion de l'examen d'une quarantaine de tessons de céramique, trouvés sur l'Isla Mona, située entre Puerto Rico et la République dominicaine.L'un de ces débris venait d'un pot à olives qui avait dû contenir du vin. Ce type de poteries était en effet utilisé pour transporter diverses denrées alimentaires. Les chercheurs font remonter cet échantillon à une période comprise entre 1490 et 1520.Soit le moment où Christophe Colomb a abordé aux rivages de cette île. Le navigateur génois aurait donc fait découvrir le vin à ses habitants. Mais on ignore s'ils en ont bu.Mais, du fait de la longueur du voyage et des conditions de transport de l'époque, le vin ne supportait guère la traversée. Ce qui représentait un véritable gâchis, car, à chaque expédition vers le Nouveau Monde, environ 150.000 barriques de vin remplissaient les cales des navires.C'est pourquoi les navigateurs européens, qui ne comptaient pas se passer de cette boisson, ont décidé de transporter, non pas du vin, mais des pieds de vigne.Et la vigne s'est parfaitement adaptée au climat de certains secteurs du Nouveau Monde. C'est notamment le cas du Pérou, dont les vallées se couvrent de vigne. Cette nouvelle culture est un tel succès que le Pérou alimente bientôt en vin tout le continent.La vigne est introduite aussi dans d'autres contrées d'Amérique latine, comme le Mexique. L'arrivée de Christophe Colomb et, à sa suite, des premiers conquistadors, en Amérique, s'est donc traduite par l'introduction de la vigne dans ces régions et par l'exportation de ce vin du Nouveau monde vers de nombreux marchés. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Jun 19, 2023 • 2min
Qu'est-ce que la théorie des humeurs ?
La médecine ancienne doit beaucoup à Hippocrate, un médecin grec ayant vécu au IVe siècle avant notre ère. Son importance est d'ailleurs encore reconnue de nos jours puisque c'est en son nom que les médecins prêtent le serment qui marque le début de leur carrière.C'est à Hippocrate qu'on doit notamment la théorie des "humeurs". Elle domine très largement la médecine jusqu'au XIXe siècle, où les découvertes de Pasteur et l'usage généralisé du microscope en démontrent l'inanité.Comme son nom l'indique, cette théorie repose sur la présence, dans le corps humain, d'"humeurs". Elles sont au nombre de quatre : la bile jaune et le sang, qui viennent du foie, à quoi s'ajoutent l'atrabile, ou bile noire, produite par la rate, et la pituite, ou phlegme, en relation avec le cerveau.Ces humeurs sont elles-mêmes liées aux quatre éléments fondamentaux que sont l'eau, l'air, la terre et le feu. Par ailleurs, chaque humeur est dotée, en fonction du patient, d'une "qualité" particulière.Ces divers états sont le chaud, le froid, le sec et l'humide. L'équilibre, dans une certaine proportion, de ces divers éléments, se traduit par la bonne santé de la personne concernée.À l'inverse, le moindre déséquilibre, dans ce réseau complexe de relations, peut entraîner l'apparition et le développement de maladies. Par ailleurs, la prédominance, chez un patient, de telle ou telle humeur, va aussi déterminer son "tempérament".Ce que, précisément, nous appellerions aujourd'hui son "humeur". Ainsi, le patient "bilieux", influencé par la bile jaune et la terre, et donc dominé par un tempérament à la fois chaud et sec, aura une propension à la colère.Cette théorie des humeurs ne permet pas seulement de définir des caractères, mais s'applique aussi aux différents âges de la vie. Ainsi, la petite enfance est associée au phlegme, tandis que l'âge adulte est dominé par le tempérament bilieux.Cette vision du corps humain explique aussi le succès de certains traitements, comme la saignée, qui devait évacuer certaines humeurs, mais avait plutôt tendance à hâter la fin du malade qu'à favoriser sa guérison. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Jun 18, 2023 • 2min
Anastasia de Romanov a-t- elle survécu au massacre de sa famille ?
Dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918, le tsar Nicolas II et sa famille sont assassinés à Iekaterinbourg, en Sibérie occidentale. L'ordre est venu du Soviet local.Or, quelques mois plus tard, en 1920, on empêche une jeune femme de se jeter dans un canal à Berlin. Elle n'a pas de papiers, prétend s'appeler Anna Anderson et se présente comme la grande-duchesse Anastasia, l'une des filles du tsar.Aurait-elle donc échappé à l'exécution de la famille impériale ? Aux yeux de ses partisans, certains faits pourraient le démontrer. Ainsi, un des soldats chargés de l'inhumation des Romanov aurait enterré six corps et non pas sept. Et pourtant, à Iekaterinbourg, la famille impériale comptait bien sept membres.Dès le début, les avis sont partagés sur cette jeune femme qui continue à maintenir qu'elle est bien la grande-duchesse Anastasia. Elle prétend que les diamants cousus dans sa robe ont arrêté les balles des bolcheviques.Ces pierres précieuses lui auraient aussi permis de subvenir à ses besoins dans les mois qui ont suivi. À l'issue de l'exécution, elle aurait perdu connaissance. Deux soldats, chargés d'enterrer les cadavres, auraient constaté qu'Anastasia n'était pas morte. Pris de pitié, ils auraient alors décidé de la sauver.La jeune femme aurait ensuite épousé l'un de ses sauveurs, puis aurait sombré dans une grave dépression. Certains familiers de la Cour impériale, comme l'ancienne nourrice d'Anastasia, ou l'ex chef de la police tsariste, le baron Kleist, croient reconnaître la grande-duchesse.D'autres la considèrent comme une usurpatrice. C'est notamment le cas de membres de sa famille, comme son oncle, le prince Ernest de Hesse, ou sa grand-mère, la tsarine Maria Feodorovna. Ils se demandent comment Anna Anderson pourrait être la grande-duchesse Anastasia alors qu'elle ne parle même pas le russe.Dans les années 1990, la comparaison de l'ADN d'Anna Anderson avec une personne appartenant à la famille Romanov apporte la preuve que la jeune femme n'est pas la grande-duchesse Anastasia.Ce serait en fait une ouvrière polonaise, souffrant de troubles psychologiques et morte en 1984 aux États-Unis. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Jun 15, 2023 • 2min
Pourquoi l'affaire de Nazino est-elle terrifiante ?
Au début des années 1930, Staline entend contrôler l'exode rural en surveillant de près les populations qui quittent les campagnes. Il en profite pour exiler, notamment vers la Sibérie, tous ceux qu'il juge "indésirables" et parmi lesquels figurent les petits paysans, victimes de la collectivisation, les délinquants ou même les vagabonds.Ces populations devaient participer à la mise en valeur de la Sibérie, mais sans que rien soit mis en place pour les accueillir.Ces pratiques s'inscrivent dans un contexte plus large de répression massive, marquée par l'organisation probable de la grande famine frappant l'Ukraine en 1932-1933, et l'instauration, en 1937-1938, de la Grande Terreur, au cours de laquelle plus d'1,5 million de personnes furent exécutées ou déportées.C'est dans ces circonstances qu'en 1933, environ 6.000 déportés sont abandonnés sur la petite île de Nazino, qui se trouve sur le fleuve Ob. Il s'agit d'une région isolée de la Sibérie occidentale, à quelque 800 kilomètres de Tomsk.Les gens débarqués sur l'île sont, pour l'essentiel, de petits paysans, victimes de la politique répressive de Staline, qui les a privés de leurs biens et déportés. Ils sont laissés sur cette île inhospitalière sans autre nourriture qu'un peu de farine.On ne leur distribue pas non plus d'outils, d'eau potable ou de vêtements chauds pour faire face à un climat très rude. Et l'île ne dispose d'aucun abri où auraient pu se réfugier ces malheureux. Les déportés sont surveillés par des gardes, qui sont rapidement dépassés par la situation.Dans de telles conditions de vie, le pire ne pouvait qu'arriver. La consommation de l'eau du fleuve provoque des maladies. Affamés, des déportés décident de tuer certains de leurs compagnons d'infortune pour les manger. Des dizaines de cas de cannibalisme ont ainsi été rapportés.Les historiens estiment qu'environ 4.000 déportés, sur les 6.000 arrivés dans l'île, ont payé de leur vie ces épouvantables conditions de détention. Le rapport établi par la commission mise en place par le parti communiste local ne sera publié qu'en 2002, par les soins d'une organisation non gouvernementale russe. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Jun 14, 2023 • 2min
Pourquoi Madame de Pompadour est-elle célèbre ?
Parmi toutes les favorites royales, Mme de Pompadour est sans doute celle qui laisse la trace la plus durable dans notre Histoire.Jeanne-Antoinette Poisson naît en 1721, dans un milieu de financiers. Commissaire aux vivres, son père est compromis dans divers trafics, et doit quitter la France. Avant de partir, il confie sa fille aux ursulines du couvent de Poissy, qui lui donnent une excellente éducation.En 1741, Jeanne-Antoinette épouse un financier et devient Mme Le Normant d'Étiolles. Quatre ans plus tard, la vie de la jeune femme bascule. Introduite à la Cour, en 1745, elle subjugue le Roi à l'occasion d'un bal masqué. Durant six années, jusqu'en 1751, elle demeure la maîtresse en titre de Louis XV.Entre autres titres, le Roi donne à sa favorite celui de marquise de Pompadour, par lequel elle est le plus souvent désignée. Il l'installe au Petit Trianon, construit pour elle. Mme de Pompadour était belle, bien sûr, et tenait le Roi par les sens.Mais elle eut une influence beaucoup plus large sur le souverain, même quand elle ne fut plus sa maîtresse. Jusqu'à sa mort, en 1764, elle demeure dans l'entourage immédiat du Roi, dont elle devient la confidente et l'amie la plus appréciée. Elle lui fait connaître les arts et l'intéresse à l'architecture, tout en organisant de nombreuses fêtes pour le souverain.Car la marquise de Pompadour est une femme de goût, qui fait décorer le palais d'Évreux, notre Élysée, et fait aménager la place Louis XV, actuelle place de la Concorde.La marquise soutient également des écrivains qui ne sont pas en cour, comme Voltaire, Diderot ou Montesquieu. Mais Mme de Pompadour est également une femme de pouvoir. Elle patronne ainsi la carrière du duc de Choiseul, qui est le principal ministre de Louis XV entre 1758 et 1770.Elle joue aussi un rôle dans ce que l'Histoire a retenu sous le nom de "renversement des alliances". Il s'agit de la conclusion, en 1756, d'un traité avec l'Autriche qui, jusque là, faisait figure d'ennemi principal de la France. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.


