

Le Nouvel Esprit Public
Philippe Meyer
Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d’analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l’actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.fr
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Episodes
Mentioned books

Jul 28, 2021 • 21min
Bada # 95 : Hommage à Bertrand Tavernier : Sophie Brunet / 28 juillet 2021
SI C’EST POUR LA CULTURE, ON A DÉJÀ DONNÉ 28 à 38, Hommage à Bertrand Tavernier. Tout au long de l’été, nous consacrons nos badas à Bertrand Tavernier, le 14 juillet avec Thierry Frémeaux (1) directeur de L’institut Lumière à Lyon, le 21 juillet avec Thierry Frémeaux (2) également Délégué général du Festival de Cannes, le 28 juillet avec Sophie Brunet, Monteuse, le 4 août avec Laurent Heynemann, (1) Cinéaste et ancien assistant de Bertrand Tavernier, le 11 août, avec Laurent Heynemann (2), le 18 août avec Jean Ollé-Laprune Historien du cinéma, le 25 août, Frédéric Bourboulon (1) Producteur de Bertrand Tavernier, le 1er septembre, avec Frédéric Bourboulon (2), le 8 septembre, avec Frédéric Bourboulon (3)
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Jul 25, 2021 • 57min
Thématique : Le Nigéria / n°203 / 25 juillet 2021
THÉMATIQUE NIGÉRIA Avec Marc-Antoine Pérouse de Montclos, directeur de recherche à l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD). Spécialiste des problématiques de sécurité, de migration et d’aide humanitaire, il a vécu de nombreuses années au Nigéria et Nicolas Baverez, Béatrice Giblin et Lionel Zinsou. Le Nigéria est un géant anglophone entouré d’États ouest-africains francophones. Il comptait, en 2019, plus de 220 millions d’habitants pour un PIB de près de 450 milliards de dollars selon la Banque mondiale. Il représenteainsi la population la plus importante et la première économie en Afrique tandis que sa capitale, Lagos, est la première ville du continent. Sa population est estimée à 14 millions d’habitants. S’il est la première puissance économique d'Afrique, le Nigéria est aussi le pays qui compte le plus grand nombre de personnes indigentes au monde : 83 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté, selon le Bureau National des Statistiques. Si les revenus issus du pétrole, dont le Nigéria est le premier exportateur en Afrique, constituent une grande part des recettes budgétaires du pays, le secteur représente peu en termes d'emplois et rend la croissance économique dépendante des cours mondiaux. Pendant la pandémie, ceux-ci se sont effondrés et ont fait reculer le PIB nigérian de 1,8%, faisant entrer le pays dans sa deuxième récession depuis 2016. Aujourd'hui, les acteurs économiques et les autorités s'accordent sur la nécessité de diversifier l'économie, notamment au profit des secteurs agricoles et manufacturiers. Ces dernières années, des mesures protectionnistes ont été prises, bannissant notamment les importations de riz pour soutenir la production locale. Selon le Bureau National des Statistiques, un actif sur trois est aujourd’hui sans emploi. En mars dernier, l'inflation a atteint 18%, et 23% pour les produits alimentaires, augmentation qu'explique en partie l'insécurité des régions agricoles : des millions de civils désertent leurs terres pour fuir la menace djihadiste dans le Nord-Est, et les conflits entre agriculteurs et éleveurs font des ravages dans les régions du centre. Depuis 2009 et son insurrection armée contre quatre États du Nord (Bauchi, Borno, Yobe et Kano), le groupe jihadiste Boko Haram, continue de sévir au Nigéria, prenant pour cible les militaires et les civils. Depuis 2015, ce groupe s'est installé le long des frontières du Nord Est, autour du lac Tchad.En avril 2014, l'enlèvement de plus de 270 jeunes filles à Chibok avait suscité un vaste mouvement de solidarité internationale sous le slogan « Bring Back our girls ». Les kidnappings n’ont pas cessé pour autant : en décembre 2020, 344 jeunes garçons de l'école de la ville de Kankara, en février 2021, 317 jeunes filles à Jangebe dans l'État de Zamfara. Ces attentats sont parfois directement revendiqués par Boko Haram, mais peuvent être l'œuvre de groupes criminels désireux d'obtenir rançon.Au pouvoir depuis 2015 et réélu en 2019, le Président MuhammaduBuhari avait promis de mater l'insurrection et de sécuriser l'État du Nord, mais son gouvernement peine à faire face à l'insécurité tandis que son armée est régulièrement accusée de commettre des exactions contre les populations.Enfin, le pays est profondément divisé entre le Nord musulman et le Sud chrétien, et les rapports entre la Constitution fédérale et la charia, appliquée dans le nord du pays, pose question.
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Jul 21, 2021 • 37min
Bada # 94 : Hommage à Bertrand Tavernier : Thierry Frémeaux (2/2) / 21 juillet 2021
SI C’EST POUR LA CULTURE, ON A DÉJÀ DONNÉ 28 à 38, Hommage à Bertrand Tavernier. Tout au long de l’été, nous consacrons nos badas à Bertrand Tavernier, le 14 juillet avec Thierry Frémeaux (1) directeur de L’institut Lumière à Lyon, le 21 juillet avec Thierry Frémeaux (2) également Délégué général du Festival de Cannes, le 28 juillet avec Sophie Brunet, Monteuse, le 4 août avec Laurent Heynemann, (1) Cinéaste et ancien assistant de Bertrand Tavernier, le 11 août, avec Laurent Heynemann (2), le 18 août avec Jean Ollé-Laprune Historien du cinéma, le 25 août, Frédéric Bourboulon (1) Producteur de Bertrand Tavernier, le 1er septembre, avec Frédéric Bourboulon (2), le 8 septembre, avec Frédéric Bourboulon (3)
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Jul 18, 2021 • 1h 3min
Thématique : La relation France-Algérie, le rapport Stora / n°202 / 18 juillet 2021
ALGÉRIE FRANCE : LE RAPPORT STORAEn juillet 2020, le Président Emmanuel Macron a chargé Benjamin Stora, professeur à l'université Paris-XIII et à l'INALCO, et président du Conseil d'orientation de la Cité nationale de l'histoire de l'immigration de « dresser un état des lieux juste et précis » sur la mémoire de la colonisation et de la guerre d'Algérie, censé « s'inscrire dans une volonté nouvelle de réconciliation des peuples français et algériens ». Dans ce rapport, remis en janvier dernier, Benjamin Stora constate que les mémoires de la colonisation et de la Guerre continuent de saigner, constituant désormais en France l’un des points de cristallisation de la réflexion sociétaleautour de l’ « identité nationale ». Cette persistance des conflits s'explique selon lui par la multiplicité des groupes porteurs de ces mémoires, entre les pieds-noirs, les près de un million et demi de soldats français mobilisés, les harkis, les immigrés Algériens en France, ainsi que leurs enfants. A travers l'exposé des relations entre la France et l'Algérie depuis l'indépendance, le rapoort montre que des pas ont été faits vers la réconciliation, comme par exemple la reconnaissance par un vote à l’Assemblée nationale en 1999 du terme de « guerre d'Algérie», ou en 2005 celle des massacres de 1945 à Sétif et à Guelma. Plus récemment, la déclaration d’Emmanuel Macron sur « l’affaire Audin », jeune mathématicien enlevé et assassiné pendant la Bataille d’Alger en 1957. Selon Stora, ce mouvement vers la réconciliation doit permettre le passage d’une mémoire communautarisée à une mémoire commune, à la fois en France mais aussi entre historiens algériens et historiens français. Il doit aussi permettre la sortie de ce que le rapport appelle la « concurrence victimaire », sorte de mémoire cloisonnée où chacun des groupes porteurs de mémoires différentes se pose en victime supérieure à l’autre. Le rapport s'achève sur trente préconisations, comme la constitution d’une Commission « Mémoires et vérité » chargée d’impulser des initiatives communes entre la France et l’Algérie sur les questions de mémoires, ou l'entréeau Panthéon de Giselle Halimi. A l’approche du soixantième anniversaire de l’indépendance de l’Algérie en 2022, peut-il y avoir un nouveau Traité de réconciliation entre les peuples algériens et français ?
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Jul 14, 2021 • 37min
Bada # 93 : Hommage à Bertrand Tavernier : Thierry Frémeaux (1/2) / 14 juillet 2021
SI C’EST POUR LA CULTURE, ON A DÉJÀ DONNÉ 28 à 38, Hommage à Bertrand Tavernier. Tout au long de l’été, nous consacrons nos badas à Bertrand Tavernier, le 14 juillet avec Thierry Frémeaux (1) directeur de L’institut Lumière à Lyon, le 21 juillet avec Thierry Frémeaux (2) également Délégué général du Festival de Cannes, le 28 juillet avec Sophie Brunet, Monteuse, le 4 août avec Laurent Heynemann, (1) Cinéaste et ancien assistant de Bertrand Tavernier, le 11 août, avec Laurent Heynemann (2), le 18 août avec Jean Ollé-Laprune Historien du cinéma, le 25 août, Frédéric Bourboulon (1) Producteur de Bertrand Tavernier, le 1er septembre, avec Frédéric Bourboulon (2), le 8 septembre, avec Frédéric Bourboulon (3)
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Jul 11, 2021 • 1h
Thématique : Le Rwanda / n°201 / 11 juillet 2021
RAPPORT DE LA COMMISSION DUCLERTAvec Stéphane Audoin-Rouzeau, directeur d’études à l’EHESS et auteur d’« Une initiation. Rwanda (1994-2016) » aux Editions du Seuil.Recevant ès qualités de président de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale le professeur Duclert, président de la commission de recherche sur les archives françaises relatives au Rwanda et au génocide des Tutsi, notre ami Jean-Louis Bourlanges, retenu aujourd’hui hors de France par ses fonctions, déclarait :« Le 6 avril 1994, à l’instant précis où les présidents du Rwanda et du Burundi étaient assassinés, débutait à Kigali le 3ème grand génocide du XXe siècle. Après celui du peuple arménien en 1915 et celui du peuple juif par les nazis, le XXe siècle finissait ainsi sa course par le massacre soigneusement programmé, méthodiquement organisé et exécuté en un temps record de 800 000 à 1 million de Tutsi, hommes, femmes, enfants, massacre accompagné de la mise à mort de nombreux Hutu libéraux. Qualifié de génocide le 31 mai 1994 dans un rapport du secrétaire général des Nations unies et reconnu comme tel dès le 16 mai par Alain Juppé, ministre français des Affaires étrangères, cette entreprise de destruction massive d’un peuple a été préparée par le régime du président Juvénal Habyarimana, que (votre commission) qualifie, non sans justification précise dans votre rapport, de « raciste, corrompu et violent », et conduite avec détermination par les séides du Gouvernement intérimaire qui s’installe au pouvoir au lendemain de l’assassinat du président. (…) Les défaillances de l’État (français) sont indiscutables, massives, structurelles. (…) Ces défaillances sont à la fois d’ordre politique, d’ordre intellectuel, d’ordre administratif et opérationnel et enfin, et peut-être surtout, d’ordre institutionnel. Après deux années de recherches, le rapport de 1200 pages dont il vient d’être question a été rendu public le 26 mars dernier. S'il récuse la complicité de la France avec les actes de génocide, ce rapport conclue à « un ensemble de responsabilités, lourdes et accablantes », responsabilités politiques, institutionnelles et intellectuelles, mais aussi éthiques, intellectuelles et morales. Des responsabilités politiques d'abord dans l'aveuglement du soutien à un régime raciste. Des responsabilités institutionnelles, tant civiles que militaires, dans la défaillance des pouvoirs de coordination, l'absence de contre-pouvoirs effectifs, et l'existence de pratiques irrégulières d'administration. Des responsabilités intellectuelles, dans l'utilisation d'une grille de lecture ethniciste de la réalité rwandaise. Des responsabilités éthiques au plus haut niveau dans la méconnaissance des événements malgré la disponibilité de l'information. Des responsabilités cognitives enfin, dans l'indistinction entre génocide et massacres de masse.Dans le prière d’insérer du livre que j’ai cité en introduction, vous écrivez « Après trois décennies d'un parcours de recherche entièrement consacré, dès l'origine, à la violence de guerre, un " objet " imprévu a coupé ma route. On aura compris qu'il s'agit du génocide perpétré contre les Tutsi rwandais entre avril et juillet 1994, au cours duquel huit cent mille victimes au moins ont été tuées, en trois mois. Ce qui se joue ou peut se jouer chez un chercheur, dans l'instant tout d'abord, dans l'après-coup ensuite, constitue l'axe du livre qui va suivre. Car l'objet qui a croisé ma route ne s'est pas contenté de m'arrêter pour un moment : il a subverti, rétroactivement en quelque sorte, toute la gamme de mes intérêts antérieurs. » C’est par cette subversion de vos intérêts antérieurs que je voudrais ouvrir notre conversation.
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Jul 7, 2021 • 41min
Bada # 92 : Les régionales dans la perspective des présidentielles / Questions du public / 7 juillet 2021
Bada de l’émission en public du dimanche 4 juillet 2021 à l'Ecole Alsacienne.
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Jul 4, 2021 • 1h 13min
Les régionales dans la perspective des présidentielles / n°200 / 4 juillet 2021
LES RÉGIONALES DANS LA PERSPECTIVE DES PRÉSIDENTIELLES Le 27 juin, les régionales ont vu la réélection des 13 présidents de régions métropolitaines sortants, qu'ils soient de droite et du centre (7 régions) ou de gauche (5 régions) à l'issue d'un second tour marqué par une abstention massive de 65 ,7%, un point de moins qu’au premier tour. Trois poids lourds de la droite traditionnelle qui ambitionnent de disputer la présidentielle en 2022 ont emporté une nette victoire : Xavier Bertrand avec 53% dans les Hauts-de-France s’est aussitôt déclaré candidat à la présidentielle, Valérie Pécresse, forte d'un score de 45,9% en Ile-de-France a donné rendez-vous après l'été pour savoir si elle sera candidate ou non, tandis que Laurent Wauquiez (55,2% en Auvergne-Rhône-Alpes) dit refuser « ces espèces de course de vitesse où à peine élu, on passe à autre chose ». Le chef du parti Les Républicains, Christian Jacob, a annoncé lundi que la droite déciderait le 30 septembre de son « système de départage », qui serait ensuite soumis à un congrès militant. En Provence-Alpes-Côte d'Azur, le président Les Républicains sortant, Renaud Muselier, qui a bénéficié du retrait de la liste écologiste au lendemain du premier tour, l'a largement emporté sur le candidat du Rassemblement National Thierry Mariani, avec 57,30 % des voix contre 42,70 %.A gauche, le Parti socialiste a conservé ses 5 régions. En Occitanie la réélection haut la main – sans l'appui du reste de la gauche, et notamment des écologistes – de la sortante Carole Delga a été acquise avec 57,77 % des voix. En revanche, les écologistes – Karima Delli dans les Hauts-de-France et Julien Bayou en Ile-de-France – qui ont pris la tête de listes d'union de la gauche n'ont pas créé de dynamique. Aujourd’hui à gauche trois candidats se sont déclarés en piste pour les présidentielles. Le communiste Fabien Roussel, l’« insoumis » Jean-Luc Mélenchon, et celle ou celui qu’Europe Ecologie-Les Verts (EELV) désignera le 12 septembre, lors de la primaire des écologistes, Sandrine Rousseau, Yannick Jadot, Éric Piolle et, peut-être, Delphine Batho.Les grands perdants du second tour des élections régionales et départementales sont la REM et le Rassemblement national. La République en marche n’a gagné aucune région et totalisé moins de 7 % des voix, le pire score jamais réalisé par un parti au pouvoir. Le reflux du Rassemblement National au premier tour a surpris par son ampleur : en dépit d'une présence dans la totalité des régions métropolitaines, comme en 2015, les listes du Rassemblement National ont perdu 9,2 points, passant de 28,4 % à 19,2 %.Toutefois, selon un sondage Ipsos/Sopra Steria réalisé avant le second tour et publié le 27 juin, Emmanuel Macron et Marine Le Pen restent en tête des intentions de vote à la présidentielle, quel que soit le candidat de la droite testé. S'il s'agit de Xavier Bertrand, Emmanuel Macron et Marine Le Pen feraient jeu égal, avec 24 % des voix, devant le candidat de la droite, crédité de 18 % des intentions de vote. Pécresse et Wauquiez, quant à eux, feraient 13 %. A gauche, Jean-Luc Mélenchon plafonne désormais à 10% dans les intentions de vote. Anne Hidalgo a dit qu'elle clarifierait son jeu à l'automne. Elle récolte 6% d'intentions de votes tout comme Yannick Jadot.
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Jun 30, 2021 • 45min
Bada # 91 : Si c’est pour la Culture, on a déjà donné (27) … avec Yves Jeuland / 30 juin 2021
Si C’EST POUR LA CULTURE, ON A DÉJÀ DONNÉ… (27) Avec Yves Jeuland, réalisateur de documentaires : « Paris à tout prix »(sur les municipales de 2001) « Les Gens du Monde » (sur les journalistes du quotidien du soir), « Il est minuit, Paris s’éveille » (sur les cabarets de l’après-guerre), « Le Président » (sur Georges Frèche) «Un Temps de président », (sur François Hollande), « Un Français nommé Gabin », « Bleu blanc rose » (sur les espoirs et les désespoirs du monde homosexuel), « Charlie Chaplin, le génie de la liberté »... ces quelques titres d’un catalogue qui en compte plus de trente donnent une idée de l’éclectisme d’Yves Jeuland , réalisateur à qui chacun reconnaît une exceptionnelle capacité à se fondre dans le paysage humain qu’il filme et une curiosité qui conduit ses spectateurs d’étonnements en découverte et de découverte en compréhension.
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Jun 27, 2021 • 1h 5min
Élections sans électeurs / L’Iran après Rohani / n°199 / 27 juin 2021
ÉLECTIONS SANS ÉLECTEURS « Historique », « ahurissant », « phénoménal », « catastrophique », « abyssal », la concurrence des qualificatifs choisis pour dire publiquement l’ampleur de l’abstention enregistrée dimanche 20 juin au premier tour des élections régionales et départementales, exprime la sidération partagée face à une démobilisation électorale qui concerne désormais deux citoyens inscrits sur trois. Sur les 47,7 millions d'électeurs appelés à voter, plus de 30 millions ont choisi de ne pas se déplacer. Selon les chiffres publiés le 21 juin par le ministère de l'Intérieur, le taux d’abstention serait de 66,74 %. Soit une hausse de +17,9 points par rapport au même scrutin de 2015 (49,9 %). Depuis trente ans, l’abstention aux régionales progresse : 25,2 % en 1986, 31,4 % en 1992, 53,7 % en 2010... Depuis l'élection d'Emmanuel Macron en 2017, moins d'un électeur sur deux a pris part aux scrutins successifs (législatives, européennes, municipales et aujourd'hui départementales et régionales).Une enquête de l'institut Ipsos publiée le 20 juin sur le profil sociologique des abstentionnistes, indique que les premiers à se démobiliser sont les jeunes, les électeurs les moins diplômés et les plus radicaux : 73 % des électeurs de Marine Le Pen et 67 % des électeurs de Jean-Luc Mélenchon du premier tour de la présidentielle de 2017 se sont abstenus dimanche dernier, contre 44 % des électeurs de François Fillon. L'abstention par âge démontre aussi la quasi-absence des électeurs les plus jeunes : 87 % des 18-24 ans n’ont pas voté aux régionales, contre 40 % des 70 ans et plus. Les retraités s’abstiennent le moins (47 %). Viennent ensuite les cadres et les professions intermédiaires (69 %), puis les employés et les ouvriers (75 %).Dans toutes les régions métropolitaines, l'abstention a dépassé 60 %, atteignant même 69,15 % en Ile-de-France, 69,27 % dans les Pays de la Loire et 70,38 % dans le Grand-Est. Seule la Corse se distingue par une abstention qui n'est « que » de 42,92 %. A l'échelle départementale, la Seine-Saint-Denis détient le plus fort taux d'abstention avec 75,78 %, devant la Moselle (73,28 %), le Val-d'Oise (72,79 %) et la Seine-et-Marne (72,29 %). La Lozère est le département le plus mobilisé, avec 51,57 % d'abstention, devant le Gers (55,32 %), le Lot (56,17 %) et l'Aveyron (56,71 %). Selon un sondage de l'Ifop Fiducial réalisé le jour du vote, 40 % des personnes interrogées estimaient que ce scrutin ne changerait rien à leur vie personnelle et 35 % d'entre elles jugeaient qu'il ne modifierait pas la situation de leur région.***L’IRAN APRÈS ROHANI En Iran, l'élection du 18 juin 2021, pour désigner le successeur du réformiste Hassan Rohani en place depuis 2013, a porté à la présidence de la république islamique le conservateur Ebrahim Raïssi. Un tour aura suffi pour élire le candidat adoubé par le guide suprême Ali Khamenei âgé de 81 ans - à qui Raïssi pourrait succéder un jour étant lui-même Hodjatoleslam. Le Conseil des gardiens, organe non élu aligné sur l'ayatollah Ali Khamenei, le véritable maître du pays au nom du primat du religieux sur le politique, avait invalidé 99 % des candidats. Sans véritables adversaires, l'actuel chef de l'Autorité judiciaire a recueilli près de 62 % des suffrages, selon les chiffres officiels. Un résultat terni par un vote blanc massif et une abstention de 52%, la plus importantedepuis la révolution de 1979. Le président Raïssi sera investi en août et songouvernement en octobre. Tandis que les amis de l'Iran, dont la Syrie, la Russie et la Turquie ont rapidement félicité le président élu, Amnesty International a publié un rapport accusant Raïssi de « crimes contre l'humanité, notamment d'assassinats, de torture et de disparitions forcées », du temps où, à la fin des années 80, il était le jeune procureur adjoint du tribunal révolutionnaire de Téhéran. Il aurait alorsdonné l'ordre d'exécuter 4 à 5.000 opposants aux Moudjahidines du Peuple.Raïssi figure sur la liste noire des dirigeants iraniens sanctionnés par les États-Unis pour « complicité de graves violations des droits humains ». L’élection s’est déroulée dans un contexte économique et social très dégradé. Depuis le retour des sanctions en 2018, avec le retrait des États-Unis de l’accord sur le nucléaire, l'inflation n'a cessé de grimper, jusqu'à atteindre aujourd'hui 40 %, tandis que le taux de chômage est de 12 %. Ces chiffresofficiels sont sous-estimés, selon de nombreux économistes. Les 83 millions d'Iraniens sont confrontés aux difficultés de la vie quotidienne et au manque de perspectives pour leurs enfants. La classe moyenne est en voie d'appauvrissement. De grandes manifestations ont agité le pays en 2019. Les chiffres issus du centre de recherches du parlement indiquent qu'avant la pandémie, 60% des Iraniens vivaient sous le seuil de pauvreté. Les médias pro-régime annoncent que désormais 80% de la population se situeraient entre les seuils de la pauvreté absolue et de la survie. Durant sa campagne, Raïssi a promis de dompter l'inflation, de créer au moins un million d'emplois par an et d'aider les jeunes ménages à accéder à la propriété, tout en luttant contre la corruption. Ebrahim Raïssi a aussi fait part de son intention d'honorer l'accord sur le nucléaire, signé en 2015 sur les consignes du Guide suprême. Ce dernier est déterminé à sauver l'accord pour obtenir en retour une levée des sanctions et une relance économique. Ebrahim Raïssi, a prévenu que la politique étrangère de l'Iran ne se limiterait pas à la relance de l'accord nucléaire. Il a également assuré qu'il n'y avait « pas d'obstacle » à la reprise des relations diplomatiques,rompues depuis 2016, avec l'Arabie saoudite, sa grande rivale régionale. Une main tendue qui confirme la détente amorcée depuis plusieurs mois entre les deux pays.
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