
#377 Pourquoi l'avenir appartient aux sociétés solidaires? avec Pablo Servigne (partie 2)
Vlan!
Connaître ses déterminismes pour se libérer
Pablo évoque l'importance de comprendre nos contraintes biologiques et culturelles pour mieux concevoir des institutions.
Pablo Servigne, aest uteur, penseur systémique et biologiste de formation. Il est l’un des premiers à avoir popularisé en France le concept de « collapsologie » avec ses livres devenus cultes, Comment tout peut s’effondrer ou encore Une autre fin du monde est possible.
Mais aujourd’hui, Pablo prend ses distances avec cette étiquette. Dans Le réseau des tempêtes, son dernier livre, il trace un sillon nouveau, plus intime, plus incarné, où l’écologie ne peut plus faire l’économie du sensible, de l’émotion, de la relation et de la spiritualité.
Cela faisait des années que je voulais inviter Pablo dans Vlan!. Nous avons attendu le bon moment.
Et je crois que c’était maintenant. Parce que son message a profondément évolué, et qu’il entre en résonance totale avec mes propres réflexions sur la complexité, sur la joie, sur la nécessité de ralentir, et sur cette capacité à penser contre soi-même.
Dans cet épisode, nous parlons de la violence – structurelle, politique, sociale, psychologique – et de comment elle s’insinue dans nos quotidiens.
J’ai questionné Pablo sur sa conviction que la violence, à terme, ne résout rien et qu’elle ne fait que repousser les problèmes aux générations suivantes.
Ce qu’il propose, c’est une bascule vers l’entraide, vers le lien, vers une autre manière d’habiter le monde – non pas dans l’utopie, mais dans une forme de lucidité joyeuse.
Nous avons parlé de la course du temps, de la pression invisible qui nous pousse à toujours aller plus vite, alors même que notre besoin profond est de ralentir.
De l’emprise des plateformes numériques sur notre attention. De la désocialisation croissante des jeunes générations. De l’anxiété rampante qui s’installe faute de communautés authentiques.
Mais au-delà des constats, ce que propose Pablo, c’est une autre voie.
Une voie du cœur et du corps. Une voie de l’enracinement. Une voie qui fait la paix avec nos émotions, nos ombres, nos vulnérabilités. Une voie qui croit encore à la puissance transformatrice du collectif, de la parole vraie, des récits réparateurs.
Cet échange m’a profondément nourri. Il donne envie d’agir depuis un endroit plus juste, plus aligné.
Citations marquantes
- « On ne peut pas traverser un effondrement sans passer par le cœur. »
- « La science ne suffit plus, il faut réintégrer le sensible et le sacré. »
- « Le vrai courage aujourd’hui, c’est de faire face à l’impermanence. »
- « Nous avons besoin de récits qui nous rassemblent dans l’incertitude. »
- « Accepter de ne pas savoir, c’est déjà commencer à guérir. »
Idées centrales discutées
1. De la collapsologie à l’écologie du lien
Pablo revient sur son parcours et sur la limite de la collapsologie comme prisme uniquement scientifique. Il évoque un besoin d’aller vers des dimensions plus sensibles et spirituelles.
Pourquoi c’est important : Cela montre la nécessité d’un regard holistique sur les crises.
~05:00
2. Le deuil comme passage obligé
Il insiste sur l’importance de faire le deuil de l’ancien monde pour mieux accueillir le nouveau.
Pourquoi c’est important : Cela permet de transformer la douleur en force de régénération.
~12:30
3. Reconnexion au vivant et aux émotions
Il parle de la place des émotions, du corps, et du rituel dans la transition.
Pourquoi c’est important : Cela redonne une place centrale à l’humain dans sa globalité.
~19:00
4. Les limites du discours rationnel dans la crise écologique
Il critique la foi aveugle dans la raison et la technique pour résoudre les problèmes écologiques.
Pourquoi c’est important : Cela pousse à revaloriser l’intuition, l’art et les savoirs ancestraux.
~27:00
5. La joie comme moteur d’action
Malgré la gravité du sujet, Pablo défend une posture de joie active face à l’effondrement.
Pourquoi c’est important : Cela ouvre à une écologie de la joie et non de la peur.
~38:00
Questions posées dans l’interview
- Pourquoi as-tu arrêté de te revendiquer collapsologue ?
- Quel a été ton chemin personnel depuis la sortie de Comment tout peut s’effondrer ?
- Comment faire le deuil d’un monde en train de disparaître ?
- Quelle place donner aux émotions dans la transition écologique ?
- Comment réconcilier science, spiritualité et écologie ?
- De quoi avons-nous le plus peur face à l’effondrement ?
- Quel est le rôle des récits dans cette transformation collective ?
- Quelle importance donnes-tu aux rituels et à la communauté ?
- Est-ce qu’on peut encore espérer dans un monde en crise ?
- Comment cultiver la joie dans l’incertitude ?
Références citées dans l’épisode
Livres
- Comment tout peut s’effondrer – Pablo Servigne et Raphaël Stevens (~01:00)
- Une autre fin du monde est possible – Pablo Servigne et Gauthier Chapelle (~08:00)
Concepts / auteurs
- Vandana Shiva – évoquée pour sa vision de l’écologie spirituelle (~20:00)
- Joanna Macy – travail qui relie (~23:00)
- Charles Eisenstein – économie sacrée (~30:00)
Timestamps clés
[00:00] Introduction – Qui est Pablo Servigne ?
Un retour sur son parcours, ses engagements, et la naissance de la collapsologie.
[05:00] La fin de la collapsologie ?
Pourquoi Pablo ne s’identifie plus à ce courant.
[12:30] Le processus de deuil collectif
Comprendre les émotions profondes liées à la crise écologique.
[19:00] L’importance du corps, des émotions et des rituels
Un passage par le sensible pour faire face à l’effondrement.
[27:00] Critique de la rationalité pure
Les limites du discours scientifique dans les transformations sociétales.
[38:00] Vers une écologie de la joie
Comment la joie devient un levier d’action puissant.
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