
Que sait-on du mur géant vieux de 7 000 ans découvert au large de l’île de Sein ?
Choses à Savoir SCIENCES
Découverte d'un mur préhistorique
L'Animateur principal présente la découverte d'une structure immergée au large de l'île de Sein.
La découverte a surpris les archéologues comme les géologues. Au large de la pointe de la Bretagne, sous plusieurs dizaines de mètres d’eau, des chercheurs ont identifié une structure monumentale immergée, longue de plusieurs centaines de mètres, que l’on décrit aujourd’hui comme un véritable « mur » préhistorique. Son âge estimé : environ 7 000 ans, soit le Néolithique ancien.
Ce mur a été repéré grâce à des campagnes de cartographie sonar et de relevés bathymétriques menées dans le cadre de programmes de recherche sur les paysages côtiers engloutis. À l’époque de sa construction, la zone aujourd’hui submergée n’était pas marine. Le niveau de la mer était alors bien plus bas, d’environ 20 à 30 mètres, et l’île de Sein faisait partie d’un vaste territoire côtier aujourd’hui disparu, parfois comparé au « Doggerland » de la mer du Nord.
La structure intrigue par son caractère manifestement artificiel. Les blocs de pierre sont disposés de manière régulière, alignés sur une longue distance, ce qui exclut une formation géologique naturelle. Les chercheurs estiment que ce mur aurait pu servir de barrage, de digue ou de limite territoriale. Une autre hypothèse évoque un usage lié à la pêche : le mur aurait permis de piéger des poissons lors des marées, une technique connue dans plusieurs sociétés néolithiques.
Cette découverte est majeure car elle remet en question notre perception des sociétés préhistoriques installées sur les littoraux. Loin d’être de simples groupes nomades, ces populations semblaient capables de grands travaux collectifs, d’une organisation sociale avancée et d’une connaissance fine de leur environnement. Construire un tel ouvrage nécessitait du temps, une main-d’œuvre importante et une vision à long terme.
Le mur de l’île de Sein est aussi un témoignage direct de la montée des eaux liée à la fin de la dernière glaciation. Il rappelle que le changement climatique n’est pas un phénomène récent. En quelques millénaires, la hausse du niveau marin a englouti des territoires entiers, forçant les populations à se déplacer. Ce mur figé sous la mer est une archive climatique autant qu’archéologique.
Aujourd’hui, les chercheurs poursuivent les analyses à l’aide de carottages sédimentaires, de modélisations 3D et de comparaisons avec d’autres structures immergées en Europe. Chaque nouvelle donnée affine notre compréhension de ces paysages perdus.
En somme, ce mur vieux de 7 000 ans n’est pas seulement une curiosité scientifique. Il est la preuve tangible que les humains ont toujours dû s’adapter à un environnement changeant — et qu’ils en ont laissé des traces, parfois là où on ne pensait jamais les trouver : au fond de la mer.
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