
Le sens de l’humour est-il héréditaire ?
Choses à Savoir SCIENCES
Introduction
Animateur principal présente le thème et ouvre l'épisode avant le contenu scientifique.
Le sens de l’humour fait partie de ces traits que l’on aime attribuer à la personnalité, à l’éducation, ou à l’ambiance familiale. Mais une question intrigue depuis longtemps les chercheurs : sommes-nous génétiquement programmés pour avoir de l’humour… ou est-ce uniquement le produit de notre environnement ? Une étude publiée dans la revue scientifique Twin Research and Human Genetics apporte des éléments de réponse particulièrement éclairants.
Pour étudier l’origine de traits psychologiques complexes, les scientifiques utilisent souvent une méthode classique : la comparaison entre jumeaux monozygotes, qui partagent 100 % de leur patrimoine génétique, et jumeaux dizygotes, qui n’en partagent qu’environ 50 %, comme de simples frères et sœurs. Si un trait est plus similaire chez les jumeaux identiques que chez les faux jumeaux, cela suggère une influence génétique.
Dans cette étude, les chercheurs ont analysé plusieurs dimensions de l’humour : la capacité à produire des blagues, la sensibilité à l’humour des autres, et l’usage de l’humour dans les interactions sociales. Les participants devaient répondre à des questionnaires standardisés évaluant leur style humoristique et leur fréquence d’utilisation de l’humour au quotidien.
Résultat principal : le sens de l’humour est partiellement héréditaire. Selon les analyses statistiques, environ 30 à 40 % des différences individuelles liées à l’humour peuvent être expliquées par des facteurs génétiques. Cela signifie que les gènes jouent un rôle réel, mais non dominant. Autrement dit, l’humour n’est ni totalement inné, ni purement acquis.
Ce point est essentiel. La majorité de la variabilité observée — 60 à 70 % — est liée à l’environnement : la famille, la culture, l’éducation, les expériences de vie, mais aussi le contexte social. Grandir dans un milieu où l’humour est valorisé, pratiqué et encouragé compte donc davantage que l’ADN seul.
Les chercheurs soulignent également que toutes les formes d’humour ne sont pas égales face à la génétique. Par exemple, l’humour affiliatif — celui qui sert à créer du lien social — semble plus influencé par l’environnement, tandis que certains traits cognitifs liés à la compréhension des jeux de mots ou de l’ironie pourraient avoir une composante génétique plus marquée, via des capacités comme la flexibilité mentale ou le langage.
Enfin, cette étude rappelle un point fondamental en sciences du comportement : les gènes ne déterminent pas des comportements précis, mais des prédispositions. Avoir une base génétique favorable ne garantit pas d’être drôle, pas plus qu’en être dépourvu n’empêche de développer un excellent sens de l’humour.
En conclusion, le sens de l’humour est bien en partie héréditaire, mais il se façonne surtout au fil des interactions, des cultures et des expériences. Une bonne nouvelle : même sans “gène de l’humour”, il reste largement… cultivable.
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